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CHAPITRE XXI

même temps, le chapitre de Bamberg adressa une lettre semblable, dans le même but à tous les curés, vicaires, recteurs des églises et à tous les fidèles en général (14 septembre 1347). 1

Les saintes reliques arrivèrent à Bâle le 4 novembre 1347. L’évêque Jean Senn, tout son clergé, le peuple tout entier se portèrent en procession avec les croix, les bannières, les châsses saintes, au son de toutes les cloches, à la rencontre des porteurs du précieux envoi ; on chantait les cantiques de joie et ce fut dans ce pompeux appareil que les reliques de S. Henri et de Ste Cunégonde furent introduites dans la cathédrale de Bâle dont elles devinrent le plus riche trésor. La mémoire de cette solennelle translation fut conservée par une fête, qui se célébrait chaque année, dans la cathédrale, sous le rite double, le dimanche après la Toussaint. Le chapitre avec le sous-custode, Jean, et le porteur des saintes reliques, Eberhard de Jeich, assigna des revenus particuliers pour assurer à perpétuité la célébration de cette solennité. Non content de ces témoignages publics de dévotion envers ces saintes reliques, l’évêque Jean Senn, par un mandement du 4 juillet 1348, d’accord avec son chapitre, et le maître bourgeois et le conseil de Bâle, ordonna que désormais la fête de S. Henri, qui n’était que simple, serait chômée dans tout son diocèse, le 13 juillet de chaque année. Celle de Ste Cunégonde, sans être chômée, devait être célébrée dévotement le lendemain de la Nativité de la Ste Vierge. L’évêque accordait 40 jours d'indulgence à chacun de ces jours.2 A la cathédrale, on faisait le jour de S. Henri une procession solennelle de ces saintes reliques et les confréries pieuses allumaient leurs cierges, leurs lustres et leurs candélabres aux premières vêpres, à matines et à la messe, comme aux plus grandes solennités. 3

Deux riches reliquaires d’argent en forme d’ostensoir, reçurent le bras de S. Henri el celui de Ste Cunégonde. Le 4 janvier 1587, le chapitre de Bâle les remit avec le trésor de la cathédrale aux Bâlois qui les enfouirent dans les caveaux de l’église. Ce ne fut qu’en 1832 qu’on les en tira. Vendus comme objets d’art, les reliquaires précieux allèrent enrichir quelque cabinet d’amateur; quant aux reliques de S. Henri et de Ste Cunégonde, elles furent avec d’autres remises aux religieux de Mariastein qui les ont enchâssées avec respect et exposées à la Vénération des fidèles sur les autels latéraux du Saint-Rosaire et du Saint-Scapulaire. 4

Quelques semaines après les grandes solennités qui signalèrent la réception de ces précieuses reliques, la ville de Bâle se mit en fête pour recevoir le nouvel empereur, Charles IV. Louis de Bavière était mort d’une chute de cheval, le 1 1 octobre 1 347. Les Bâlois s’étaient ouvertement déclarés pour ce prince, malgré l’anathème dont le pape Clément VI frappait ses partisans. 5 Quand il fut mort, ils ouvrirent leurs portes à Charles IV de Luxembourg, qui avait reçu la couronne impériale à Bonn des mains de F archevêque de Cologne, le 25 novembre 1346. L’empereur, après avoir visité plusieurs villes d'Alsace, arriva à Bâle, le 20 décembre de l’année suivante. La ville, dit le chroniqueur contemporain, Albert de Strasbourg, à qui nous empruntons les détails de cette impériale visite, — était encore sous le poids de l 'interdit don I le pape l’avait frappé. Les Bâlois ne voulaient recevoir l'empereur qu’après la levée de cet interdit. Sur le soir, arrive à l’improviste le prévôt de Bamberg, Marquant de Randecke, venant d’Avignon, porteur d’une bulle close

1 T rouillât, t. III. p. 849. = 2 Schœpflin, Als. dipl., t. II. p. 192. = 3 Lib. vitæ Eccl. cath. Basil..

Brev. Basil., 1515. = 4 Procès-verbal des reliques de N.-D. de la Pierre, dans notre collection. =

5 Ghron. Alb. Arg.

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