TREMBLEMENT DE TERRE DE
vigueur et puissance, comme il est venu chez lui, et ni point mettre d’eau ni aigre vin, ni nulle chose pour l’allonger ou le gâter, sous peine de dix sols d’amende et d’un an sans schenker (vendre). — Si les hiens d’un bourgeois de Delémont lui sont pris ou saisis entre Laufon et Bellelay, ce bourgeois peut retenir ces biens de sa propre main. . . .
Ce code de police porte la date du 30 juillet 1 356. 1 A trois mois de là, Delémont voyait son vieux château renversé par un tremblement de terre qui se fit sentir dans toute la contrée et couvrit de ruines l’évêché de Bâle tout entier.
C’était le mardi, 18 octobre 1356, jour de S. Luc, à trois heures de l’aprèsmidi, un vent très violent se fil sentir à Bâle et renversa les cheminées et les faîtières des maisons. La boule qui surmontait le clocher de la cathédrale fut détachée et tomba. 2 La nuit vint et vers neuf heures, une première secousse de tremblement de terre se fit sentir, suivie de dix autres, tellement violentes qu’en un instant la ville ne fut plus qu’un amas de ruines. Maisons, édifices publics, tours, murailles, églises, tout s’écroula avec un fracas épouvantable. Une grande partie de
Couteau pour punir le parjure (Lügenmesser).
Un quart de la grandeur naturelle.
la cathédrale fut renversée; le maître-autel entièrement détruit; les cloches, les ornements sacrés, les statues, les tableaux, furent la proie des flammes, qui durant plusieurs jours firent de cette malheureuse cité un immense brasier dont rien ne put arrêter les ravages.3 Surpris par cet effroyable cataclysme, un grand nombre d’habitants trouvèrent la mort soit dans les flammes soit sous l’écroulement de leurs maisons. Wurstisen, dans la chronique de Bâle, estime qu'il en périt trois cents;4 l’annaliste deLucelle parle de mille victimes; les annales d’Henri de Rebdorff les porte à deux mille. 5 Fous de détresse, les pauvres Bàlois se sauvèrent dans la campagne, dans les jardins environnants, et y dressèrent des tentes pour se mettre à l’abri. Un noble de Bârenfels qui se précipitait vers la place Saint-Pierre où il croyait être en sûreté fut tué par la chute d’un des créneaux des remparts sur le petit pont de S. Pierre. Beaucoup d’autres, cherchant également un refuge sur la place Saint-Pierre, furent écrasés par les maisons qui s’écroulaient; une rue voisine où les victimes furent très nombreuses, prit dès lors le nom de rue de la mort (Todgasse). Un chanoine de la cathédrale Jean
1 Aux archives île Delémont. = 2 Chronique de Jacques de'Kônigshofen. — 3 Chronique de
Lucelle, p. !295. == 4 Wurstisen, Chron. Basil, ad 135(1. = 8 Ann. Heinrici à Rebdorff, apud Marquardum.