BALE ET LES CHATEAUX DE L’ÉVÊCHÉ RENVERSÉS
Durant toute cette fatale année, la terre continua à faire sentir des tremblements qui effrayaient les populations si éprouvées par ce fléau. La. plus forte secousse eut lieu, au rapport de l’annaliste de Lucelle, le 14 mai 1357, la veille des ides, et acheva l’œuvre de destruction du 18 octobre de l’année précédente.* 1 A Strasbourg, le peuple effrayé par ce nouveau tremblement, voulut prendre la fuite et chercher refuge sous des tentes en pleine campagne. 11 fallut que les magistrats de la ville prissent les mesures les plus sévères pour le retenir. A cette occasion, de concert avec l’évêque Jean de Liechtenberg, la ville s’engagea par un vœu à faire chaque année une procession du saint Sacrement à laquelle tout le conseil assisterait, pieds nus, vêtu d’un drap grossier, couleur de cendre,
Le château de Waldenbourg au XVIIIe siècle.
portant un cierge d’une livre qui serait ensuite offert à la Ste Vierge. Les habits des magistrats devaient être distribués aux pauvres avec vingt sacs de grain. 2
A Bâle on institua de même une procession annuelle sur le 18 octobre, après laquelle on distribuerait des vêtements et du pain aux pauvres. On défendit les danses publiques, le luxe des habits, les jeux etc. 3
En présence des ruines amoncelées sous ses yeux, Jean Senn ne perdit pas courage. Il prit résolument en main l’œuvre qui s’imposait à lui et il rebâtit sa cathédrale qui devint sous son active impulsion le splendide édifice que nous admirons aujourd’hui. L’œuvre était difficile et coûteuse; l’évêque fil un appel à la charité publique, il envoya ses quêteurs dans les diocèsés voisins qui répon-
On trouve encore les vers suivants dans les Annales Matsienses, apud Pertz, Mon. germ., t. XI. p. 830.
„Anno milleuo tricenteno quoque seno Et quinquageno de nascenti bene Christo,
In Sancti Lucæ festo fit motio terræ :
Hac Basilea cadit, mortem gens acrius adit.“
1 Chron. Lucell.. p. 296. = 2 Laguille, hist. d’Alsace ad 1356. = 3 Wurstisen, chron. Basil.