‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 338 sur 496 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

dirent généreusement à cet appel. Nous avons encore la lettre adressée au clergé du diocèse de Constance par les vicaires capitulaires, sede vacante, et portant la date du 26 novembre 1356, un mois à peine après l’écroulement de la cathédrale : „ L’église cathédrale de Bâle, disent-ils, a été si profondément détruite et dévastée par le grand et horrible tremblement, connu de tous, qu’il n’est resté ni murs, ni cloches, ni vêtements sacerdotaux, ni statues; tout a été la proie des flammes. Les membres de cette église si affligée méritent notre compassion; ils manquent de ressources pour la réédification de leur église et les autres réparations nécessaires. Il faut donc leur venir en aide comme il convient à une si grande infortune." C’est pourquoi ils prient le clergé du diocèse de Constance, de laisser recueillir les dons et offrandes qui seraient faits aux délégués de l’évêché de Bâle pour la restauration de leur cathédrale. 1

De son côté, le conseil de Bâle prit des mesures d’ordre et de police pour activer et régulariser la reconstruction des maisons de la ville. Au témoignage cl’Aeneas Sylvius qui fut le pape Pie II, après le tremblement, il resta à peine debout cent maisons à Bâle. 2 Une commission de cinq membres, renouvelée chaque année, fut chargée de connaître les difficultés qui pourraient surgir à l’occasion des constructions à faire dans la ville et dans les faubourgs3 (22 octobre 1360). L’évêque de Bâle contribua à la reconstruction du monastère de Saint- Alban, en lui donnant l’église paroissiale d’Huningen et celle de Saint-Martin de Bâle, sa filiale. 4

Ces dépenses extraordinaires causées par le grand désastre du 1 8 octobre 1 356, mirent Jean Senn dans la gêne. Il dut faire de nombreux emprunts pour faire face à de si grands besoins: c’était une nécessité et un devoir. L’année même du tremblement de terre, il vend à réméré pour deux mille trois cents florins à noble dame Catherine de Thierstein, veuve du marquis R.odolphe de Hocberg, une rente annuelle de deux cent quatre-vingt-cinq florins à prélever à Liestal et à Homberg. 5 En 1358 (23 mars), nouvelle vente à réméré à son maître d’hôtel Jean Grefelin de différents revenus en céréales, en argent et en légumes, à Boujeau, à Bienne et aux environs, pour quarante-six marcs d’argent. 6 Hartmann de Baldeck prête le 23 juillet 1359, trois cents florins d’or à l’évêque qui lui assigne en retour un revenu annuel de trois chars de vin, chacun de huit mesures, à prélever sur les dîmes épiscopales de Watwiller ou d’Ufholtz. 7 A quelques mois de là, le 9 octobre 1359, c’est le chevalier Burkard Münch de Landskron qui prête à Jean Senn trois mille florins. Il reçoit en échange une rente annuelle de deux cents florins assignée sur toutes les dîmes épiscopales en Alsace dans le décanat Ultra Colles. Pour garantie de cette rente, le chevalier reçoit en même temps le château de Schwartzbourg, dans la vallée de Munster et la promesse d’une somme annuelle de cinquante florins pour la garde de ce château. 8 En 1361 (3 août), nouvel emprunt de six cents florins fait à Werner de Hall, bourgeois de Bâle, qui reçoit une rente de cinquante florins sur le château de Miécourt. 9 Même année (30 octobre 1361),

1 „Gurn ecclesia cathedralis Basiliensis ex notovio motu terræ iriagno ibidem et horribili valde sit tam destracta et devastata quod ibi nec mûri nec angulares, campanæ, indumenta sacerdotalia, ymagines, remanserunt, imo etiam omnia igné fuerunt cremata et tam lamentabiliter exusta . . . “ Datum Gon-

stantiæ, anno D. MGGGLVI sexto Kal. mensis decembris.“ Basel im XIV Jahrh., p. 224. = 2 „ ... Ne centum ex tanta ruina superfuerunt ædes.“ Aueæ Sylvii Basil eæ descriptio, apud Urstis., p. 362. =

3 Troublât, t. IV. p. 159. - * Urstis., cod. dipl., p. 179. = 5 Trouillat, t. IV. p. 666. = 6 Ibid., p. 11S. =

7 Ibid., p. 131. = 3 Ibid., p. 133. = 9 Ibid., p. 183.

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