CHAPITRE XXI
Noël. Il embrassait dans ses effets le territoire compris depuis Saint-Hippolyte, Montbéliard et Belfort jusqu’à Wissembourg, entre la rive gauche du Rhin et les Vosges et le territoire de la rive droite du Rhin depuis l’Oos jusqu’à Rheinfelden. 1
L’évêque Jean Senn avait conclu vers cette époque une transaction avec les ducs d’Autriche, Rodolphe, Frédéric, Albert et Léopold, pour régler la position de leurs gens, lorsqu’ils viendraient s’établir sur les terres de l’évêché de Bâle et réciproquement (22 janvier 1361). 2 En même temps, Jean Senn donnait en fief aux nobles ducs, la seigneurie de Ferrette, les châteaux de Blochmont, Lowenbourg, Morimont, Liebstein, Florimont, l’avocatie de Massevaux, etc. 3 Cette reprise de fief était occasionnée par la mort du duc Albert d’Autriche, leur père, arrivée le 18 juillet 1358. Son épouse Jeanne de Ferrette était aussi morte à Vienne le 14 novembre 1352. Il existait alors entre l’évêque et les ducs des différends au sujet des villages de Boncourt et de Villars-le-Sec et de la forêt de Pleigne. Un accord conclu le même jour (22 janvier 1361) remit à des arbitres la solution de ces démêlés. 4
Le duc Rodolphe invita le bailli de Belle, Henri de Massevaux, la dame de Florimont, Marguerite, marquise de Bade et le bailli de Ferrette, Erchambaud d'Qrtenbourg à observer la convention conclue avec l’évêque de Bâle (7 mars 1361). 5 Ce seigneur dont le scel porte sur cet acte les titres de duc d’Autriche, Styrie, Carinthie, Souabe et Alsace, était allié de la ville de Bâle depuis 1359° et c’est sans doute à ce titre qu’il fut parmi les nobles assistants de la dédicace de la cathédrale. Il était seigneur et maître de Belfort. 11 possédait en commun avec l’évêque de Bâle, selon le jugement arbitral de Conrad de Bârenfels, du 15 juin 1362, le village de Boncourt, et en propre, Pfetterhusen et Villars-le-Sec. L’arbitre assigna Beurnevésin et Bure à l’église de Bâle. 7
Jean Senn fit encore une convention avec Berne pour régler certains cas de police relatifs à ses gens demeurant à Berne et à ceux de Berne établis dans l’évêché (12 novembre I 364). 8 On voit que la sollicitude pastorale de l’évêque s’étendait à tous ses sujets. Il ne laissait aucun droit de son église en oubli ou en souffrance. En 1352 (25, 27 et 28 novembre) il fit reconnaître ses droits et ceux du sire de Nidau sur la montagne de Diesse, à Orvin, à Bienne et sur les gens de l’église de Bâle, résidant en deçà de la Thièle, dans l’avocatie de Nidau. 9 Une sentence arbitrale du chevalier Conrad de Bârenfels, rendue le 27 janvier 1354, détermina également les droits de l’évêque à Kembs et à Sierentz, contrairement aux prétentions d’Albert d’Autriche. 10 Le Brisgau appartenait alors au comte EginonlV de Fribourg qui le tenait en fief de l’église de Bâle. Jean Senn conclut une convention avec le comte ; s'il décédait sans héritier, ce droit retombait à cette église (2 juin I 358). 1 1 En même temps, il l’autorisa à vendre à réméré une rente de cent quarante livres, assignée sur le droit de chasse du Brisgau, à sa nièce Clara, à compte du prix de la seigneurie de Fribourg que le comte Eginon lui avait achetée (9 juin 1358). 12
L’évêque de Bâle possédait aussi par donation impériale, des mines d’argent dans le Brisgau. Jean Senn donna en fief celles de la vallée d’Elzach (grandduché de Baden) au baron Walther de End, le 29 juin 1358.
1 Schilter, observ. ad cliron. Kônigshofen, 887. = 2 Livre des fiefs nobles, fol. 26. = 3 Ibid., fol. 1. =
4 Ibid., fol. 4. = 6 Ibid., fol. 9b. = 'MJchs, t. IL p. 199. = 7 Troublât, t. IV. p. 687. = 8 Ibid., t. IV.
p. 210. = 9 Ibid., p. 43. = 10 Ibid., p. 76. = 11 Sachs, Gescbichte der Marg. Baden, 1. 1. p. 220. = 12 Livre