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MORT DE JEAN SENN DE MUNSINGEN

D’autres donations récentes avaient augmenté les domaines de l’église de Bâle. Jean Senn provoquait ces actes de la générosité chrétienne en faveur de son église si cruellement éprouvée sous son règne. Sa sœur Benignosa avait épousé Thierry de Haus; en 1355 (21 juin) ce noble seigneur donna à l’évêché le château et le village de Pfastatt, et les reprit en fief de l’évêque, qui lui assigna une somme de deux cents marcs d’argent et lui engagea la dîme épiscopale à Gueberschwihr et Alswilr jusqu’au payement de cette somme. 1 En 1357 (21 novembre), c’est l’écuyer Henri deMuriaux qui donne â l'église de Bâle certains biens sis â Delémont et aux environs ; il les reçoit en fief de l’évêque Jean Senn avec deux cents florins. 2

Jean Senn avait aussi à cœur le développement matériel et moral de la ville de Bâle. Il favorisa l’institution de la tribu des pêcheurs el bateliers et leur donna les statuts qui devaient les régir (15 février 1354). 3 Les changeurs de Bâle formaient aussi une tribu; ils avaient seuls le droit d’exercer cette profession dans la ville et nul ne pouvait y établir un bureau public de banque sans faire partie de cette tribu et sans son consentement. 4 L’empereur Charles IV, après le tremblement de terre de 1356, chercha par ses privilèges, à faire oublier aux Bâlois le désastre qui les avait frappés. Le 30 mars 1357, par un diplôme daté de Carlestein, il accorda aux bourgeois de Bâle la faculté de recevoir et de tenir des fiefs militaires seulement, comme par le passé et de pouvoir les retenir et les protéger, connue font les simples chevaliers et les hommes d’armes. Le même jour, nouvelle charte impériale en considération des services rendus à l’empire par les bourgeois de Bâle, défense d’hypothéquer, d’arrêter, ou de retenir en gage les bourgeois de Bâle, au sujet de l’évêque de Bâle ou de toute autre personne.

Le 1er avril 1357, à Prague, Charles IV accorde aux bourgeois de Bâle de ne pouvoir être traduits devant aucun autre juge que pardevant l’avoyer de cette ville. L’empereur leur confirme en outre tous les droits, privilèges et franchises dont ils ont joui sous ses prédécesseurs. 5

Monnaie de Jean Senn.

L’empereur vint lui-même à Bâle â la fin d’avril 1365; il allait

à Avignon

conférer avec le pape Urbain et se faire couronner roi d’Arles. A Bâle le souverain fut reçu et traité selon son rang; l’abbé de Murbach vint l’y trouver et obtenir de lui la confirmation de ses régales; il prêta foi et hommage à l’empereur, le 30 avril 1365. 11 Charles IV, de retour d’Avignon passait à Strasbourg â la fin de mai.7

Jean Senn vit l’empereur pour la dernière fois; il touchait â la fin de sa carrière. Il passa encore quelque temps dans sa résidence de prédilection, à Delémont dans le courant de 1364. Il data de cette ville une lettre adressée au

chapitre de Colmar pour exhorter les chanoines à ne plus se servir d’aumusse de vair; il révoque toute concession antérieure à ce sujet. Les chanoines de la cathédrale de Bâle avaient porté plainte â l’évêque contre cet abus qui devait disparaître. Il y eut procès en cour de R.ome à ce sujet; le chapitre de Colmar rénitent finit par être excommunié. 8 Jean Senn visita une dernière fois, durant son séjour à Delémont, la collégiale de Moutier dont son neveu, Thiébaud Senn de Munsingen, était prévôt, depuis 1359. y II y avait consacré en 1361 (13 juin) un autel reconstruit et doté par les soins du chanoine Jean de Râdersdorf; en l’honneur des Saints

1 Livres des fiefs nobles, fol. 69b et 70. = 2 Trouillat, t. IV. p. 114. = 3 Ibid., p. 83. = 4 Ochs,

Geschichte der Stadt Basel, t. II. p. 130. = 5 Ibid., p. 193, 196 et 197. = 6 Lunig, Spicil. eccl. cont.,

1. 1. p. 983. = 7 Chron. Lucell.. p. 302. = 8 Trouillat. t. IV. p. 212. = 0 Üe Mulinen, Helv. sacra, p. 50.

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