‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 359 sur 496 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

nous en dressons le bilan exact, ne déguisant rien, mais cherchant avec soin les causes qui excusent, expliquent et justifient des faits, dont on a chargé à tort la mémoire de l’évêque Jean de Vienne.

Le chapitre de Bâle, le conseil de ville, ont fait tout d’abord et toujours une vive opposition à un prélat qu’ils n’avaient pu élire, que le pape leur envoyait dans la plénitude de son autorité, qui était étranger, par son origine et son langage, au pays qu’il devait régir. D’une grande race, Jean de Vienne apportait à Bâle des allures et un ton auxquels ne répondaient pas les mœurs et les vieux usages des bords du Rhin. C’en était assez pour prévenir contre le prélat de Bourgogne, le clergé et le peuple allemands de Bâle et des environs. De là l’animosité permanente durant le règne et après la mort de Jean de Vienne, le souvenir fâcheux, les reproches injustes et aussi les calomnies dont on a chargé sa mémoire. Le devoir de Fhistorien est de dire la vérité et rien que la vérité ; nous la dirons sans ambages, ne produisant que des pièces authentiques. On verra ensuite si Jean de Vienne mérite les outrages et le mépris qui lui ont été prodigués. Qu’il ait été belliqueux, ardent à la défense de ses droits, recourant à la force, quand la force se dressait devant lui pour écraser l’évêque et son église, nous ne te nions pas. Mais c’était alors l’attitude presque générale, et comme nécessaire, des prélats, qui portaient en même temps la crosse et l’épée. Jean de Vienne porta vaillamment l’une et l’autre. Les entreprises belliqueuses qu'il dut soutenir, pour défendre les droits sacrés de son évêché menacé de toutes parts, l’obligèrent à des dépenses considérables au-dessus de ses ressources. Il fit des emprunts, il engagea ses domaines, il contracta des dettes, nécessitées par une position impitoyable. Il mourut à la peine.

Hugues de Vienne, fils de Philippe, comte de Vienne, d’une très ancienne famille de Bourgogne, fut archevêque de Besançon de 1 334 à 1 355. Après sa mort, son neveu Jean de Vienne lui succéda sur cel illustre siège. Il était déjà en 1342 trésorier de la métropole de Saint-Jean et doyen du chapitre de Sainte-Madeleine. „Ses vertus ecclésiastiques, dit l’historien du diocèse de Besançon, sa prudence dans les affaires, et son amour pour la justice, le firent distinguer par Philippe de Rouvres, qui l’appela dans son conseil et lui donna une grande part au gouvernement du comté de Bourgogne. Élu archevêque de Besançon en 1355, il signa, cette année même, une charte en faveur de l’abbaye de Saint- Vincent. En 1356, il envoya à Metz, en qualité de procureur, Andriun de la Roche, abbé de Cluny. pour recevoir de l’empereur Charles IV l’investi ture des régales. D’autres lettres impériales, données le 26 et le 28 novembre 1356, assurèrent au prélat les privilèges de la monnaie et du tonlieu et la possession de l’abbaye de Brégille. En avril 1357, l’archevêque commença la visite de son diocèse. Le 12 mai il est à Luxeuil où il ordonne plusieurs clercs; le 5 septembre à Salins où le chapitre de Saint-Maurice lui fait un accueil solennel. A Gy, il conclut une alliance à vie avec Jean de Châlons-d’Arlay, engageant pour caution le château d’Authoreille. La solennité de ce traité eut lieu à l’église de Gy, le 1 2 juillet 1 357. L’année suivante, le jeune comte de Bourgogne, Philippe de Rouvres, prêta foi et hommage à Jean de Vienne pour les fiefs qu’il tenait de l’église de Besançon (17 mai 1358). L’archevêque l’accompagna à Dijon, lorsque ce prince confirma solennellement, le 26 janvier 1 359, dans l’abbaye de Saint-Bénigne, les franchises de cette ville. Il fut également un des signataires du testament du jeune duc en 1360. Grâce à sa

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