CHAPITRE III
que l'on découvre déjà, en 884, dans un diplôme de Charles le Gros faisant don de cet établissement à l’abbaye de Moutier-Grandval. Au siècle suivant, la dépouille mortelle de l’apôtre du Jura est transférée de l’église de Saint-Martin dans une nouvelle basilique, qui hérita du nom de S. Imier, et qui subsiste encore aujourd’hui. On croit que la reine Berthe, étonnée des merveilles qui s’opéraient au sépulcre de ce prêtre, s’occupa activement de cette translation. Bientôt après, on établit dans ce nouveau sanctuaire un Chapitre de douze chanoines chargés d’être comme une garde d’honneur autour des reliques sacrées. A la même époque (11 82), le pape Luce III prend sous sa protection cette église collégiale avec toutes ses dépendances.
Tels ne furent point les seuls hommages rendus à S. Imier. Son culte fut introduit dans les diocèses de Besançon, de Bâle et de Lausanne, ainsi que dans celui de Bayeux et Lisieux (département du Calvados). Dans cette dernière contrée, on trouve un village et un prieuré du nom de Saint-Hijmer , dont la légende ne s’applique qu’au personnage dont nous parlons. En Alsace, deux ou trois églises ont été consacrées sous ce même vocable. S. Imier est inscrit dans les anciennes litanies de Besançon; et son office, fixé au 12 novembre, se lisait dans le vieux bréviaire bisontin. Par deux décrets, la Sacrée Congrégation a approuvé le culte que l’on rend à ce saint dans les diocèses de Lausanne et de Bàle. Dans le Jura bernois, les paroisses de Develier et de Courchapoix l’ont, choisi pour patron. La chapelle de Fregiécourt où la fête du saint attire de nombreux fidèles, celle de Lugnez où fut son berceau, et enfin celle du Vorbourg, à Delémont, consacrée en 1049 par le pape Léon IX, lui sont également dédiées. Il en était de même pour trois autres chapelles fondées, Tune dans la cathédrale de Bàle et les deux autres dans les collégiales de Moutier et de Saint-Ursanne.
De son côté, l’iconographie s’est emparée du pieux ermite et l'a représenté en vêtements sacerdotaux, portant la chasuble, tenant d’une main un livre et commandant de l’autre au griffon de la légende. C’est ainsi que S. Imier nous apparaît tout à la fois prêtre, missionnaire et thaumaturge.
Les Armoiries de Saint-Imier.
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Signature de Charlemagne.