‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 362 sur 496 · JEAN DE VIENNE, ÉVÊQUE DE METZ · texte numérisé non relu

JEAN DE VIENNE, ÉVÊQUE DE METZ

sous le commandement du fameux archiprêtre. Il dut se racheter d’un pillage plus complet en fournissant des chevaux à ces bandits. En même temps les Messins se révoltèrent contre leur évêque. Jean de Vienne prétendit exercer les droits qui étaient attachés à son autorité; la justice devait se rendre en son nom. Son chancelier fit incarcérer un bourgeois de Metz, au nom de l’évêque, dont c’était le droit. Les treize qui formaient le conseil de la ville, firent aussitôt briser les portes de la prison et ils s’attribuèrent la connaissance de cette affaire, comme s’ils étaient les seuls juges criminels de Metz et du pays messin. Le chancelier quitta la ville emportant le grand scel et le petit scel, en sorte qu’on ne pouvait plus authentiquer les actes de mariage, les testaments et les deux tribunaux ecclésiastiques furent fermés, n’ayant plus de greffier pour dresser leurs actes. 1 Le clergé prit fait et cause pour les XIII.

Jean de Vienne porta ses plaintes au Saint-Siège qui était alors occupé par Urbain V. Le chroniqueur Pierre de Saint-Dizier nous a conservé le texte de la supplique de l’évêque de Metz, qui dit en peu de mots la position difficile faite à Jean de Vienne et le dégoût qu’il éprouvait de son nouveau diocèse :

„Sainct Père, moi vous supplions pour l’amour de Dieu, que vous nous veuilliez pourveoir par vostre graice, en aulcun aultre bénéfice de Saincte Esglise ; car vraiement en l’Aveschié de Mets, je ne puis plus estre et demourer, car ce sont gens sans foy et qui ne croient mie en Dieu : ains (mais) sont telles gens que je ne vous pourroye racompter de leur Estât, ne de leur Clergié.“ 2

Un autre chroniqueur messin ajoute ces autres détails qui complètent le tableau et expliquent le départ de Jean de Vienne. „ Quant il vint en l’eveschiez de Mets,

il vit que le pays estoit plein de malvaise gens, de robeurs (voleurs), de meurtrieurs, de pillars et qu’ils estoient gens de fait et de voluntez, sans raisons et aussi qu’on lui demandoit plusieurs debtes et terre sus l’eveschié. Ce luy fut moult grief à pourter, car il avoit accoustumez à estre en paix avec le duc de Bourgoigne, lequelle il avoit gouvernez, et auquel lieu on usoit de justice et de

raison. Parquoy pensant de mieulx avoir, il escript à ung sien oncle qui estoit

Crosse d’évêque.

XIVe siècle.

Cathédrale de Metz.

1 „ Il (Jean de Vienne) oit (eut) grant plait et procès aux seigneurs et citain de la cité de Mets . . . pour ce qu’ilz lui empeschoient sa jurisdiction comme il disoit . . . “ Chronique de P. de Vigneules. —

„En celle année (1364) orrent (eurent) discord ly bourgeois de Mets encontre le sire Jehan de Vienne evesque du dit Mets pour Jean le fils Plantesauge que ly (le) saielour (scelleur, chancelier) avoit prins pour aulcun méfait ; dont il advint que les XIII requerront au saielour qu’il leur volust rendre et il reppondit qu’il n’appartenoit à lui de rendre, sens congié de son seigneur. Dont les XIII allent tout à l’heure en cheu l’evesque et l’animenont' fuers moul grey ly saielour et tout ost ly saielour s’en alloit et emportait avec luy les scelz et cessoit la grand Court et la Court des archidiacres/ Chronique de Pierre de Saint-Dizier. = 2 Chron. de P. de Saint-Dizier, à la bibliothèque de Nancy; manuscrit provenant des Tiercelines de Nancy.

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