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CHAPITRE XXII

de Habsbourg, en lui donnant deux mille florins d’or (23 mars 1372) el plus tard encore quatre cent trente-deux florins dont le comte Simon de Thierstein et Bourkard Sporer s’étaient portés caution pour Jean de Vienne (5 octobre 1372). A quelques jours de là, l’évêque paya aussi au chevalier Bourkard Munch de Landskron le Jeune sept cent cinquante florins d’or qu’il lui devait. 1

Une querelle s’était élevée à cette époque entre le comte Étienne de Montbéliard et Thiébaud de Neuchâtel ; on en était venu aux armes. Jean de Vienne s’interposa entre les deux parties, et parvint à faire cesser les hostilités. Le 27 avril 1372, le comte Étienne renonça à faire valoir ses prétentions par la voie des armes et s’en rapporta à celle de la raison et de la justice. 2 Plus tard, nous trouvons encore l’évêque de Bâle interposant ses bons offices en faveur de Jean-le-Jeune, comte de Habsbourg qui avait été fait prisonnier par le comte Étienne de Montbéliard (18 mars 1373). 3 Tous ces actes démontrent suffisamment l’esprit de droiture, de paix et de charité qui dirigeait l’évêque Jean de Vienne, représenté toujours par les historiens de l’évêché, comme un prélat belliqueux, tapageur, armé et partant en guerre envers et contre tous. Nous en trouvons une nouvelle preuve dans sa conduite envers la ville de Bàle, contrite et repentante. Le 1 6 décembre 1372, il la relève de l'excommunication dont elle avait été frappée pour avoir voulu empiéter sur les droits et les privilèges du chapitre. Les conseils de Bàle, irrités contre les chanoines, avaient fait publier dans la ville qu’on ne devait rien vendre, ni rien acheter aux chanoines, ni moudre leur grain, etc. L’excommunication avait été le châtiment de ce mode de faire. A la prière des coupables, le cardinal Guillermin du titre de Saint-Laurent in Lucina, grand pénitencier, avait accordé à l’évêque de Bàle les pouvoirs nécessaires pour lever Y excommunication, s’il le trouvait à propos. 4 La ville de Bàle venait d’être épouvantée par un nouveau tremblement de terre qui s’était fait sentir le 1er juin 1372 avec assez de force pour renverser, à la cathédrale, la statue de S. Georges et beaucoup de cheminées ça et là. 5 Le chroniqueur de Lucelle raconte que quelques pierres tombèrent de la cathédrale de Bâle et que le soleil avait un cercle où l’on apercevait deux croix de sang. 6 On put voir dans cet événement une menace du ciel contre la ville dont les magistrats portaient le stigmate de l’excommunication.

L’empereur Charles IV fut sans doute informé des angoisses des Bàlois, car par une charte rendue à Eltwil, quelques jours après le tremblement de terre (16 juillet 1372) il accorda différents privilèges à la ville. Il confirma sa juridiction sur toute la largeur du Rhin jusqu’au Petit-Bâle et lui assura la propriété du rivage de son côté. 11 ordonna aux princes et aux ressortissants de l’empire de prêter aide et secours aux Bàlois quand ils accompagneraient en lieu de sûreté des étrangers réclamant leur assistance. En outre, l'empereur confirma les droits, privilèges et franchises de la ville de Bàle et recommanda à tous les sujets de l’empire de les protéger dans la jouissance de ces droits. 7 Charles IV avait déjà accordé l’investiture des régales à Jean de Vienne, lors d'une visite que l'évêque lui fit en 1370 à Prague où se trouvait la cour. L’abbé de Lucelle, Jean de Wingarten, qui était fils du comte d’Achalzam, trésorier de Charles IV, accompagnait Jean de Vienne en cette circonstance. 8 Les régales ne remplissaient pas

1 Trouillat, t. IV. p. 724 et 727. = 2 Duvernoy, Ephémérides du comte de Montbéliard, p. 145.=

3 Ibid., p. 95. = 4 Trouillat, t. IV. p. 729. = 5 Wurstisen, Basel. Chron. ad 1372. = 6 Chron. Lucell.,

]). 313. = 7 Ochs, t. II. p. 217. = 8 Chron. Lucell., p. 308. — Epit. Lucell., p. 193,

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