CHAPITRE XXII
A quelques jours de là, le 3 juin, Jean de Vienne étant en son château de Delémont, un nouvel emprunt d’une somme pareille est contracté avec le même seigneur sous les mêmes conditions. Le chapitre de Bâle donne son consentement exprès à ces deux emprunts. 1 En même temps, l’évêque reconnaît les services rendus à l’église de Bâle par le fils d’Ulrich de Ramstein, Conrad, en lui donnant quarante marcs d’argent. 2
Un autre fidèle serviteur de l’évêché, le comte Walram de Thierstein, le vieux, reçut une récompense de cent marcs d’argent que Jean de Vienne lui assigna sur la monnaie de Brisach ; le chapitre de Bâle ratifia cet acte de reconnaissance qui n’était que justice (18 octobre 1378). 3
Nous constatons de nouveau que l'évêque de Bâle emploie dignement, pour l’ utilité de son église dont il garde et récompense les défenseurs et les amis, les sommes qu’il doit emprunter et que le chapitre cathédral est de moitié avec le prélat dans ces actes de sa sollicitude pastorale. Nous croyons répondre ainsi par des faits répétés et continuels, aux accusateurs de Jean de Vienne, réprésenté
jusqu’à présent comme un dilapitateur désordonné des deniers publics, agissant toujours et partout contre le gré et sans l’agrément de son chapitre. Les événements qui forçaient l’évêque à défendre son église, justifient pleinement ses entreprises et ses dépenses nécessaires.
Une expédition armée contre le château de Montvouhay par les gens de Porrentruy et de Saint-Ursanne avait eu lieu sous l’évêque Jean Senn de Munsingen. Nous ignorons les motifs de cette agression; un jour les prévôt, maire, bourgeois et habitants des villes de Porrentruy et de Saint-Ursanne, auxquels s’étaienl joints des sergents de la châtellenie de Porrentruy et de la mairie de Saint-Ursanne, avaient mis bannière au vent et s’étaient emparés de force du château et forteresse de Montvouhay qui appartenait alors au chevalier Simon de Saint- Aubin. Le virai x manoir fut dévasté, les meubles enlevés et emportés par les pillards, la femme du châtelain et sa mère violemment expulsées du château.
Ce coup de main, an rapport de l’acte épiscopal dressé à cette occasion, n’avait „ aucune cause raisonnable que les dits bourgeois, sergents et justices heurrent contre le dit monsire Simon; de quoy, par léal et juste relation par gens dignes et de foy faite à l’évesque de Basle, il en fut plenièrement certioré “ . Le châtelain de Montvouhay fit ses plaintes et ses réclamations à Jean de Vienne: c’étaient les gens de l’église de Bâle qui avaient commis ce méfait ; l’évêque de Bâle devait lui rendre justice et réparer le dommage commis. Jean de Vienne après un mûr examen, „ considérant que les dommages et préjudices dessus dits furent faits à petite cause et que, selon droiture, monsire Simon (te Saint- Aubin doit être restitué.. . “ lui promit à titre d’indemnité cinq cent cinquante florins, pour lesquels il lui engagea à réméré le village de Vendelincourt „avec tout le ban, finage et territoire de celte ville, soit en maisons, maix, menoires, curtives, euches, vergers,
Sceau de l’empereur Wenceslas.
1 Aux archives du château de Porrentruy.
le Biile de 13S5.
= 2 Trouillat, t. IV. p. 752. = 3 Vidimus de l’official