‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 386 sur 496 · PRISE DU CHATEAU DE MONTVOUHAY · texte numérisé non relu

PRISE DU CHATEAU DE MONTVOUHAY

avaient produit pour leur décharge, une lettre de l’évêque Jean de Vienne, donnée au château de Porrentruy, le 11 juillet 1378, qui leur accordait le droit d’angal dans toute la mairie de Saint-Ursanne pour les aider à fortifier la ville et „reparelier et maintenir les murs, ehesaux, eschelles". 1 L’amiral étant à Saint-Ursanne „le dimanche que l’on chante en sainte église Judica me “ , le 25 mars, trancha le différend, en attribuant pendant neuf ans aux fortifications de la ville le profit résultant de l’angal et de la diminution de la pinte de vin ; le chapitre était exempt de l’angal et pouvait l’établir pour le vin qu’il vendrait de ses caves. 2 L’amiral, en rendant ce jugement, maintint aux bourgeois le privilège que l’évêque leur avait accordé en reconnaissance „des très grandes féaultés et affections qu’ils avaient toujours eues à lui et à l’église de Bâle obéissant loyalement à tous commandements et en toutes nécessités". Le chapitre avait à cette époque renouvelé ses statuts qui avaient été revêtus, après mûr examen, de l’approbation de l’évêque de Bâle, dont la sollicitude s’étendait à toutes les parties de son diocèse. 3

Les chanoines de Saint- Imier se plaignaient alors de la modicité de leurs prébendes qui les obligeait à des travaux particuliers pour gagner leur vie. Voulant leur fournir le moyen de servir Dieu plus sûrement et avec plus de liberté, Jean de Vienne, qui était le 25 janvier 1376 en son château de Nidau, les autorisa à disposer de leurs biens comme ils voudraient, se contentant d’un legs d’un demi-marc d’argent à l’évêque de Bâle, leur seigneur spirituel et temporel. 4

Le chapitre de Moutier avait éprouvé des pertes considérables durant l’invasion de l’Erguel par les troupes bernoises. L’accord conclu entre Jean de Vienne et ses anciens ennemis, mettait â néant les vieilles querelles.

Le prévôt de Moutier ne se crut pas engagé par les promesses de l’évêque de Bâle et il continua â faire aux Bernois ses justes réclamations pour les dommages qu’ils avaient causés au chapitre. L’empereur Wenceslas fut saisi de l’affaire, mais il renvoya les parties â s’en tenir à la convention faite en Ire Berne et l’évêque de Bâle (1 juin 1377). 5 Cette convention qui avait réduit à trois mille florins les trente mille que lui devaient les Bernois pour les dégâts commis par eux sur les terres de Jean de Vienne, obligea l’évêque à couvrir par de nouveaux emprunts les dettes de guerre dont il avait la charge. En 1376, il engage le château d’Istein avec ses dépendances â l’archidiacre de la cathédrale, Werner Schaller. 11 Le 25 mai 1377, l’écuyer Ulrich de Bamstein de Bâle lui prête cinq cents llorins contre une rente de cinq chars de vin blanc sur les dîmes épiscopales d’Ufholtz. Pour garantie de cette rente, il lui engage le château de Birseck, et l’autorise à employer trois cents florins aux réparations de ce manoir qui en avait un pressant besoin.

1 Trouillat, t. IV, p. 392. = 2 Ibid., p. 399. = 3 Ibid., p. 739. = 4 „ Attendantes . . . qualiter de

laboribus vestris pro majori parte emeritis victum ... ut liberius ac securius . . . Deo famulare curetis . . . “

De l’original, aux archives du château de Porrentruy. — 5 Aux archives de Berne. = 6 Trouillat,

t. IV. p. 746.

Sceau du chapitre de Moutier-Grandval.

XIVe siècle.

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