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CHAPITRE XXII

garde contre ce seigneur redoutable, Jean devienne fit alliance avec le duc Léopold d’Autriche qui lui promit son appui dans le cas où le comte de Thierstein ne voudrait pas consentir au rachat des châteaux qui lui avaient été engagés (1381). 1

L’êvêque faisait tous ses efforts pour libérer l’évêché des charges énormes qui pesaient sur lui et le privaient d’une grande partie de ses revenus. En 1379, il ordonna des collectes parmi le clergé du diocèse pour venir en aide à sa détresse. Trois curés, ceux d’ïngersheim, de Mittelwihr et d’Hunawihr, poursuivis par le chancelier de l’évêque de Bâle pour n’avoir point payé leur quote-part, purent prouver qu’ils n’étaient pas tenus à ces collectes et en furent exemptés. 2

Le pape avait aussi ses collecteurs dans le diocèse de Bâle. Nous trouvons en 1373, un clerc de la chambre de Grégoire XI, Helie de Vodronio chargé de collecter la dîme papale en Allemagne. Le 15 septembre de cette année, il est à Bâle où il délivre au chapitre de Saint-Ursanne une déclaration qui reconnaît le droit des chanoines à ne pas payer les quatre-vingts marcs d’argent, pour lesquels ils avaient été taxés pour les églises d’Habsheim, Saint-Biaise et Wittersdorf qui leur appartenaient. 3

Malgré les collectes de son clergé, Jean de Vienne dut encore engager à la veuve du chevalier Bourkard Münch de Landskron les revenus des bannalia et des cathédralia de l’évêché pour une rente de trois cent cinquante florins d’or qu’il lui devait. Il engagea également une rente de trois cent soixante-quinze florins d’or à Catherine de Thierstein, veuve du marquis Rodolphe de Hocberg, sur le sceau et les bannalia de la cour épiscopale de Bâle. Jean de Vienne était alors dans son château supérieur de Delémont, où il fit dresser et sceller ces deux actes, le 26 avril 1380. Remarquons encore, pour la justification de l’évêque, que le chapitre de Bâle consentit à ce double engagement. 4

A la fin de la même année, Jean de Vienne résidait encore „ en son chastel dessus Delémont “ 5 car nous le trouvons le 2 novembre 1381, confirmant dans ce manoir aux habitants de Lignères les privilèges que leur avait accordés son prédécesseur Jean Senn de Munsingen. Ce prélat les avait engagés au comte de Neuchâtel, mais les gens de Lignères, pour rentrer sous l’autorité de l’évêque de Bâle, avaient remboursé au seigneur de Neuchâtel, de leurs propres deniers, la somme pour laquelle ils avaient été engagés. En reconnaissance de leur dévouement, Jean Senn les exempta de toutes tailles pendant dix ans, moyennant bâtir à Lignères un moulin pour l’évêque de Bâle. Après ces dix ans, les gens de Lignères continuèrent à profiter de ce privilège, moyennant verser chaque année dix livres à l’évêque de Bâle. Jean de Vienne pour les grands services qu’ils avaient rendus et qu’ils rendaient encore â l’église de Bâle, continua aux hommes de Lignères le privilège que leur avait accordé «Révérend Père en Jhesu Crist messignour Jeham de Mosingen que furt evesques de Basic “. 6

Vers le même temps, Jean de Vienne reconnut les services des écuyers Fritschmann et Herderic ze Rhein de Hesingue en leur donnant en fief le château de Waldeck, sur le Blauen, qui avait été ruiné par le tremblement de terre en 1356. Le vieux castel n’était plus qu’un amas de ruines; les nouveaux propriétaires

1 Trouillat, t. IV. p. 416. = 2 Ibicl, p. 757. = 3 Archives du chapitre de Saint-Ursanne, au château

de Porrentruy. = 4 Trouillat, t. IV. p. 759. Ce château supérieur de Delémont était celui du Vorbourg

qui était au-dessus de la ville. = 5 C’était le château de Vorbourg qui appartenait à l’évêché. =

6 Archives de l’ancien évêché de Bâle.

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