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MORT DE JEAN DE VIENNE

s’engagèrent à le rebâtir, à la condition qu’il serait toujours ouvert en temps de guerre, à l’évêque de Bâle (18 août 1379). 1

D’autres écuyers, Guillaume d’Orsans et Rénal de Nalleray, avaient également fait acte de dévouement à l’évêque, en se portant pour lui garantie d’une somme de trois cent soixante florins qu’il devait à Elsina Frœwelarii, veuve d’un bourgeois de Bâle, Pierre de Halle. Jean de Vienne reconnut ce service en engageant à ces nobles seigneurs toutes les tailles du val de Delémont, jusqu’au payement intégral de la somme en question (31 octobre 1381).

Nous constatons encore que le chapitre de Bâle est de moitié avec l’évêque dans ces engagements dont il reconnaissait l’utilité. C’est ainsi que Jean de Vienne mena jusqu’au bout, au milieu de traverses et de difficultés sans cesse renaissantes les dix-sept années d’une longue el pénible administration. Uniquement occupé de la revendication des droits de son évêché, menacés et usurpés de toutes parts, il ne ménagea ni ses forces ni son argent pour en recouvrer la possession. S’il n’y réussit pas toujours, il n’en faut accuser ni sa volonté toujours énergique et inébranlable, ni son activité menant de front les négociations les plus variées et les expéditions armées pour se faire rendre justice. C’était le tenancier infatigable du droit ecclésiastique, selon l’expression d’un très ancien catalogue de nos archives, — vir juris ecclesiatici admodum tenax.

L’église de Besançon qui l’eut pour archevêque, lui rend le même témoignage. Son plus ancien chroniqueur dit qu’il „ répétait rigoureusement les droits de son archevêché". Il ajoute, et nous invoquons son témoignage contre les calomniateurs de Jean de Vienne — qu’il fut homme de bonne vie; ce que confirme la vieille chronique de Metz déjà citée en disant de lui „quilfut un bel prélat et saigeu . 2

Jean de Vienne était à Porrentruy, lorsqu’il fut frappé par la mort, le 7 octobre 1382. Il fut enseveli dans l’église Saint-Pierre de cette ville, „soubs une tombe de pierre, sans aulcune armoirie, sur laquelle, poursuit le chroniqueur de l’église de Besançon, a esté faict et basty ung repositoire du sacrement par la permission de Quintin, archevêque de Besançon". 3 Le livre de vie de la confrérie de Saint-Michel de Porrentruy, fondée tout récemment, fait ainsi mention de la mort de Jean de Vienne : „ Obiit Rnveran Père en Deux monsignour Johan de Vienne, qui fuit avesque de Basle, don li corps giet en l’esglese S. Pierre de Pourraintru et fuit enterrez le mardy devant la St. Dienis l’an comun dessus (1382)." 4

Jean de Vienne avait été archevêque de Besançon durant six années, évêque de Metz quatre ans, et évêque de Bâle dix-sept ans ; soit vingt-sept années d’épis-

Sceau du chapitre de Saint-Ursanne.

XIII0 siècle.

1 Livre des fiefs nobles, fol. 75. = 2 „ Catalogue des archevêques et evesques de la cité de Chry-

sopolis . . . “ dans les documents de l’académie de Besançon, t. H. p. 45. — Chronique de Metz par Geraud

de Vigneules. = 3 Opus cit. — „Nonas octobris. Anno Domini MCCC octogesimo secundo, obiit Johannes de Vyenna episcopus noster qui sepultus est in Burnendrut.. “ Ex libro vitæ cathed. Basil. — 4 Archives

de Porrentruy.

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