‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 401 sur 496 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

cent quatre-vingts florins pour se rendre à Schaffhouse auprès du duc Albert d’Autriche qui lui avait accordé par un acte solennel, sa protection et son assistance (12 octobre 1387). 1 L’évêque s’était procuré six plats d’argent pour trente-cinq florins qu’il devait à un juif de Bâle. L’hôtelier de Bâle, Walther Yautzen, avait hébergé l’évêque et réclamait quatre cents florins et le prix d’un cheval perdu au service du prélat, estimé quatre-vingts florins. Deux autres hôteliers de Bâle, zem Blumen et Jean zum Deutschenhause demandaient aussi cent cinq florins pour la pension d’otages à eux confiés par Inher de Ramstein. C’étaient neuf cents florins que l’oncle de l’évêque, le comte Walram de Thierstein, paya au nom de son neveu en échange des villages de Movelier, Pleigne, Bourrignon et Roggenbourg qui lui furent remis en gage, le 15 janvier 1 389. 2 D’autres dettes pesaient sur le malheureux évêque. L’hôtelier du Vaisseau à Bâle, Walther Vautzen, lui avait fait des prestations pour quatre cents florins. Imier trouva des cautions qui répondirent pour lui de cette somme (7 janvier 1390). Un bourgeois de Bâle, Henman zer Enten, réclamait cent livres pour d’autres prestations et pour un cheval perdu au service de l’évêque. Un changeur de Bâle, Conrad Horenberg, a prêté cent quatre-vingts florins qui doivent être remboursés sans retard. 3 Pour faire face à d’autres dettes, Imier de Ramstein engagea le 3 septembre 1390 à Rodolphe, marquis de Hocberg, à sa sœur Agnès, à qui il devait 1029 florins et à Bourkard Miinch de Landskron chevalier, qui était son créancier de 1470 florins, le sceau de la cour de juridiction ecclésiastique à Bâle qui devait leur rapporter par an cinq cents vingt-cinq florins. 4

Nicolas Gerung, dans sa chronique des évêques de Bâle, estime à cent mille six cents florins les dettes contractées par Imier de Ramstein. 5 C’était une somme énorme pour cette époque ; le pauvre évêque de Bâle succombait sous ses charges sans cesse renaissantes. Aussi sentant ce fardeau au-dessus de ses forces, il demanda au Saint-Siège d’en être déchargé. Le pape Boniface IX releva Imier de Ramstein de sa charge pastorale, et confia l’administration de l’évêché de Bâle à l’évêque de Strasbourg, Frédéric de Blanckenheim, qui devait prêter serment de fidélité entre les mains des évêques de Lausanne et de Castoria. Par des bulles spéciales, le souverain pontife recommanda à l’empereur Wenceslas et au duc Albert d’Autriche, le nouvel administrateur de l’église de Bâle ; le pape enjoignit également au clergé de la ville et du diocèse de rendre respect et obéissance à Frédéric de Blanckenheim ; il rappela aux vassaux de l’évêché, au peuple de Bâle, au chapitre de la cathédrale, qu’ils lui avaient adressé des suppliques auxquelles il avait fait droit et qu’ils devaient, par respect pour le Saint-Siège, rendre à l’administrateur nommé les prestations d’usage, le regarder comme leur pasteur et leur père et se montrer envers lui respectueux et obéissants. En même temps Boniface IX recommanda à l’archevêque de Besançon l’ administration et la conservation des droits de l’église de Bâle (1391). 6

Imier de Ramstein résigna à son coadjuteur Frédéric de Blanckenheim tous les pouvoirs dont il était revêtu, suppliant ses diocésains de lui obéir et de lui payer les censes et revenus dus à l’évêque de Bâle (4 juin 1391).

1 Livre des fiefs nobles, fol. 13b. = 2 Trouillat. t. IV. p. 806. = 3 Ibid., p. 809 et 811. = 4 Ibid.,

p. 815. = 5 N. Gerung, Chron. episc. Basil., p. 330. = 6 Toutes ces bulles de Boniface IX existaient

dans les archives de l'évêché de Bâle. L’ancien catalogue de ces archives les mentionne, N“ 392.

p. 26 b et 102 b.

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