‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 400 sur 496 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

d’Usenberg. Imier de Ramstein investit des fiefs dépendant de cet office Hesso Ier, marquis de Hocberg et Sausenberg et le comte Walram de Thierstein. 1

Jusqu’alors la ville et le château de Saint -Ursanne, les châteaux de Ghauvelier et de Muriaux étaient restés entre les mains des Bàlois qui les avaient reçus en gage pour quatre mille florins prêtés en 1384 à l’évêque Imier. En 1388, le comte Thiébaud YI de Neuchâtel en Bourgogne, prêta à Imier de Ramstein sept mille cinq cents francs, avec lesquels l’évêque dégagea ces domaines des mains des Bàlois et les remit en gage au noble comte qui le 1 3 septembre de la même année confirme les franchises de la ville de Saint-Ursanne. 2

Porrentruy avait aussi cessé d’appartenir aux Bàlois, qui avaient été remboursés de l’argent prêté. Imier de Ramstein crut faire une bonne affaire en engageant cette ville et plusieurs villages de la châtellenie au comte Etienne de Montbéliard et à son fils Henri, seigneur d’Orbe, pour dix mille francs d’or. L’acte dressé à Bàle le 5 juillet 1386 spécifie les embarras toujours croissants du pauvre évêque. „I1 a longuement, dit-il, réfléchi et délibéré avec les membres du chapitre et d’autres personnages, pour obvier aux graves dommages, aux dangers imminents et aux dépenses intolérables qui affligent et écrasent sans relâche l’église de Bâle, tant à cause des dettes excessives de l’évêque Jean de Vienne, de bonne mémoire, qu’à l’occasion de l’invasion coupable des domaines de l’évêché par des voleurs et des scélérats." De l’avis de tous, il est avantageux de faire au comte de Montbéliard l’emprunt de onze mille francs de roy et de lui engager Porrentruy et sa châtellenie comprenant vingt-deux villages. Cet argent sert à décharger l’évêché de ses dettes et à lui rendre quelques domaines engagés. On doit appliquer deux mille florins de francs à réparer ou à réédifier une tour du château de Porrentruy qui menace ruine. 3 Six jours après la conclusion de cet important marché, le comte de Montbéliard confirma les franchises de Porrentruy qui demeura la propriété de cette illustre famille jusqu’en 1461, soit durant soixante-quinze ans. 4 Maître de Porrentruy, le comte Etienne s’assure la protection et le secours des villes de Berne, Zurich, Soleure et Bienne, en faisant avec elles une alliance offensive et défensive (11 novembre 1388).° Berne avait conclu peu auparavant avec la Neuveville un traité de combourgeoisie qui devait être renouvelé tous les cinq ans (1 1 septembre 1388). 6 En reconnaissance de ce droit, les bourgeois de la Neuveville devaient payer, chaque année, à la fête de S. André, à la ville de Berne, un marc d’argent; ce qui les exemptait de toute garde, impôt et contribution. 7 Le château du Schlossberg, au-dessus de la Neuveville, était alors habité par Perrin de Diesse, en vertu d’une donation faite par Imier de Ramstein, le 23 avril 1388. Une chambre meublée était réservée dans le château à l’évêque, ou à ses officiers, et une écurie pour deux chevaux. Ce Perrin et sa femme Anna avaient été affranchis par Jean de Vienne pour services rendus et exemptés de toute taille et redevance, sauf cependant le service militaire que Perrin devait remplir selon l’usage avec une lance. 8

Bienne restait en 1388 avec la Neuveville la propriété de l’évêque de Bàle, qui lui accorda différents privilèges; entre autres l’exemption de toute taille,

1 Sachs, Geschichte Baden’s, 1. 1. p. 454. = 2 Archives de l’ancien évêché de Bâle. = 3 Archives

de la ville de Porrentruy. = 4 Trouillat, t. IV. p. 478. = 5 Aux archives de Berne. Freyheiten-Buch

der Stadt Bern, fol. 169. = 6 Trouillat, t. IV. p. 510. = 7 Aux archives de Berne. = 8 Livre des

fiefs nobles, fol. 112.

DEMISSION D’IMIER DE RAMSTEIN

imposition et exaction ; l’usage de toutes les pâtures appartenant à l’église de Bâle, le droit de posséder et de tenir des fiefs nobles, castraux ou autres; tous les privilèges dont jouissait le Grand-Bâle, etc. etc. C’était une réhabilitation accordée â Bienne pour lui faire oublier les châtiments de Jean de Vienne (12 mars 1388). 1 Appuyée par son seigneur et maître, la ville de Bienne crut le moment favorable pour faire à la Neuveville de nombreuses réclamations ; c’étaient d’abord treize mille livres que Bienne avait dû fournir pour bâtir la Neuveville. A quoi les Neuvevillois répondirent qu’à l’époque de la bâtisse de leur ville, l’évêque de Bâle, Gérard de Vuippens, y vint avec tant d’argent, placé dans un tonneau, qu’il put fonder et bâtir la Neuveville sans rien demander à personne.

Bienne réclame en outre trente mille florins pour le dommage éprouvé lors de l’incendie de la ville. La Neuveville répond que tout cela s’est passé à son insu.

Les Biennois veulent encore que les bourgeois de la Neuveville prêtent serment sous la bannière de Bienne, et qu’ils la suivent à la guerre, comme par le passé, lorsque l’utilité ou le besoin de l’église de Bâle ou de la ville de Bienne le demande.

Bienne prétend à l’exercice de la haute justice à la Neuveville. Bienne exige que la Neuveville renonce à son droit de combourgeoisie avec Berne, que tous les privilèges et les franchises accordés aux bourgeois de la Neuveville, particulièrement par l’évêque Jean de Vienne, soient déclarés nuis et non avenus.

La Neuveville repoussa les prétentions des Biennois.

Le litige fut porté à l’évêque de Bâle et au chapitre de la cathédrale. Le 22 juillet 1390, Imier de Ramstein, assisté des chanoines 3e Bâle, prononça un jugement qui déboutait les Biennois de leurs prétentions, maintenait aux Neuvevillois leur bannière et leurs privilèges, et tolérait leur combourgeoisie avec Berne. 2

Les Biennois protestèrent contre ce jugement. L’évêque, pour concilier les esprits, proposa une réunion à Delémont où toutes les parties seraient entendues, en présence du prélat et de délégués de plusieurs villes de l’évêché (15 décembre 1390). 3 Bienne n’accepta pas cette proposition et commença par s’emparer des revenus de l’évêque sur son territoire. Imier de Ramstein écrivit de Delémont où il avait célébré la fête patronale, S. Marcel, qu’il se proposait d’aller lui-même à Bienne au carême prenant pour terminer ce différend (17 janvier 1391). 4 L’évêque ne put exécuter son projet (7 juin 1391) et l’affaire fut remise au jugement d’arbitres choisis dans le conseil de Berne. Ceux-ci confirmèrent purement et simplement la sentence de l’évêque et du chapitre de Bâle du 22 juillet I 390, et enjoignirent aux deux parties de s’y conformer. 5

Tous ces débats n’amélioraient pas la situation d’Imier de Ramstein. Delémont avait été engagé aux Bàlois avec son château et la vallée pour quatre mille florins prêtés à l’évêque de Bâle, 6 la ville avait été relevée par le prélat de son serment de fidélité, et avait juré soumission à ses nouveaux maîtres (2 septembre 1389). 7 Imier de Ramstein en était réduit aux expédients pour vivre ; il avait dépensé

1 Trouillat, t. IV. p. 498. = 2 Ibid., p. 813 et 814. = 3 Archives de l’ancien évêché de Bâle. =

4 Trouillat, t. IV. p. 818. — 5 Ibid., p. 820 et 822. — 6 Oc-lis, t. II. p. 319. = 7 Archives de Delémont.

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