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CHAPITRE XXIV

Münch laissait vacant, le chapitre de Bàle crut faire acte de sage politique et pourvoir aux intérêts les plus chers du diocèse. Un accord intervint entre le comte Thiébaud VI et les chanoines électeurs. En attendant que son fds Humbert pût prendre en main le gouvernement de l’église de Bàle, les chanoines chargèrent son illustre père de l’administration temporelle de l’évêché qui ne pouvait être confiée à de meilleures mains. Le 1 1 novembre 1395, Thiébaud VI prêta serment au chapitre, qui se composait alors du prévôt, l’ancien évêque Conrad Münch, du grand chantre François dit Boll, de l’archidiacre Jean Thuring Münch, de Wernher Schaller le Jeune et d’Hartmann Münch. Au nom de son fils Humbert, postulé par les chanoines pour évêque, le noble comte s’engagea à garder la fidélité à l’église de Bâle, à défendre ses droits et privilèges, à payer les dettes de l’évêché, à ne rien aliéner sans le consentement du chapitre, etc. Il promit en outre de faire jurer tous ces articles à son fils Humbert, après sa confirmation par le Saint-Siège. L’acte authentique de ce serment solennel fut dressé à Laufon, dans la maison d’Henri de Frohourg, le jeudi, 11 novembre 1395, à l’heure de tierce. Le comte Thiébaud VI était assisté de ses deux fils, Thiébaud VII qui périt à la bataille de Nicopolis en 1396 et Jean, de son gendre Frédéric deHadstat, du chevalier Jean Münch de Münchenstein, du prévôt de l’église Saint-Pierre de Bàle, messire Erhard de Burius, et de plusieurs autres témoins à ce requis. Trois notaires de la cour de Besançon et un notaire de celle de Bàle dressèrent l’acte dont l’original existe encore aux archives du château de Porrentruy.* 1

Comme administrateur de l’évêché de Bâle, Thiébaud VI confirma, au nom de son fils Humbert, les franchises de Delémont le 26 novembre de la même année;2 puis celles de la Neuveville et de Liestal (1395). 3 Le 11 janvier de l’année suivante, il versa entre les mains du prévôt de la cathédrale, pour Futilité de l’église de Bàle, mille quatre cents florins d’or. 4

Les dettes continuaient à peser sur la mense épiscopale. Un état dressé en 1397 par ordre du comte Thiébaud de Neuchâtel, fait une triste nomenclature des hypothèques dont était grevé l’évêché de Bâle. Porrentruy était engagé au comte Étienne de Montbéliard et au comte Henri d’Orbe son fils pour onze mille francs; Saint-Ursanne, Chauvelier et Muriaux au comte Thiébaud de Neuchâtel pour sept mille cinq cents francs vieux ; Istein à Werner Schaller pour trois mille florins; le château et la ville de Waldenburg, avec Homburg, pour quatre mille florins au marquis Rodolphe de Hocberg ; Birseck au chevalier Thuring de Ramstein, pour deux mille huit cents florins ; Malleray avec la mairie à Renaud de Malleray pour deux cent dix-sept florins, Vendelincourt à Simon de Saint- Aubin pour mille florins, le château d’Olten pour deux mille florins. En outre les dîmes épiscopales de la Haute et de la Basse Alsace étaient engagées à l’église de Strasbourg pour quatre mille deux cents florins. L’avocatie d’Ajoie à Jean Ulrich d’Asuel pour mille florins. Les censes, tailles, impôts, etc. de la ville et de la seigneurie de Delémont, à Renaud de Malleray pour cinq cent trente-neuf florins. Le droit, dit furwin, dans le Grand- et le Petit-Bâle était engagé à Bourkard Sintz pour trois cents florins. Les Bâlois tenaient les péages et le banvin pour 26,823 florins qui leur étaient dus par l’évêque. La monnaie de Bàle était engagée à la

1 Trouillat, t. IV. p. 592. = 2 Aux archives de Delémont. — 3 Trouillat, t. IV. p. 598, note.

1 Ibid., p. 84-3.

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