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LA CHARTREUSE DE RALE

A Bâle, la vie religieuse tendait à cette époque à prendre des développements qui étaient attestés par de pieuses fondations. Un monastère de Chartreux fut établi au Petit-Bâle par les soins d’un des notables de la ville, Jacques Zibolius, qui était un grand ami des fds de S. Bruno. Il acheta du conseil de Bâle, en décembre 1401, pour six cents florins d’or du Rhin l’ancienne résidence des évêques au Petit-Bâle, tout près de l’église de Saint- Théodore, avec le verger et la vigne contigus et fit bâtir de ses deniers la chartreuse et l’église qui étaient comptés parmi les plus beaux édifices de Bâle. Le pieux fondateur assura au nouveau monastère une dotation importante; à sa mort, en 1408, les religieux lui firent des funérailles solennelles et l’ ensevelirent devant le maître-autel de leur église. Son fils Bourchard fut aussi un grand bienfaiteur de la chartreuse de Bâle ; il en fit agrandir les bâtiments et de concert avec Agnès d'Eptingen et Sophie de Bob berg sa première et sa seconde femme, il enrichit le monastère. Il mourut le 1er août 1433 et fut enterré auprès de son père, dans le chœur de l’église des religieux. Le premier prieur de la chartreuse de Bâle venait de Strasbourg où il remplissait les mêmes fonctions aux chartreux de cette ville. Il s’appelait Winandus ; ce fut ce vénérable religieux qui installa et dirigea la première colonie de moines qui occupèrent cette chartreuse. 1

L'église Saint-Martin de Bâle fut aussi à cette époque l’objet d’importantes restaurations. Cette église avait beaucoup souffert du tremblement de terre de 1 356 : le désastre fut réparé aussitôt et, le 27 novembre de l’année suivante, le suffragant de l’évêque de Bâle,

Pierre, évêque de Cythone in partibus, put consacrer cinq nouveaux autels. Mais la reconstruction du chœur qui avait été entièrement renversé, demanda de longs travaux. Il fallut consolider par de forts pilotis le terrain qui le soutenait et que le tremblement de terre avait bouleversé. Ce fut le frère de l’évêque de Bâle démissionnaire, Jean Münch de Landskron, évêque de Lausanne qui, durant la vacance du siège de Bâle, fit en 1398 la consécration du nouveau chœur et du maître-autel de Saint-Martin. 2

La ville et le diocèse de Bâle retentissaient alors des accents d’un éloquent dominicain originaire du Petit-Bâle où il avait d’abord été cordonnier. C’était le célèbre Jean de Mulberg: laissant là son pauvre métier, quoique déjà grand, il s’était astreint à fréquenter l'école primaire de l’endroit. Il fit. tant de progrès sur les bancs que bientôt il fut reçu au couvent des dominicains de Bâle où il l’emporta sur tous par sa science et son éloquence. Il y avait alors à Bâle des Lollhards et des Beghines qui occupaient plus de vingt maisons dans la ville et qui se donnaient le titre de la Perfection évangélique. Les portes de leurs demeures étaient marquées d’une croix; ils mendiaient, portaient des vêtements étranges, et ne travaillaient pas. Le dominicain de Bâle les signala en 1400 comme des

Sceau

d’Humbert de Neuchâtel, évêque de Bâle.

1 Urstis., Epit. historiée Basiliensis, p. 262 et seq. = 2 Ibid., p. 198 — 199.

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