FONDATION DE L'HOPITAL DE PORRENTRUY
donner à l’archevêque de Besançon leur métropolitain, une chaudière de grandeur suffisante pour y faire cuire un bœuf, et une pièce de toile. On croit que cet impôt était. une reconnaissance de l’ancienne juridiction dont les archevêques de Besançon jouissaient encore sur l’abbaye de Saint-Ursanne au XIe siècle. 1 Le 29 septembre 1405, le chapitre versa dix francs au gouverneur de Mandeure pour l’archevêque de Besançon, Étienne de Yillars, prêtre, chanoine de Montbéliard. Ces dix francs représentaient la chaudière et le surplis dus pour l’année bissextile 1404 „ comme accoutumey est de grant temps." 2
Sur la fin du XVe siècle, l’archevêque Charles de Neuchâtel dressa un règlement à ce sujet (27 octobre 1486). La chaudière devait être de bon airain et bien fabriquée, du poids de trente livres et d’une contenance de quatre tines d’eau, mesure de Mandeure, ni plus ni moins (environ deux cents litres). Quant à la pièce de toile, elle devait être choisie et fine, de quantité suffisante et de qualité propre à faire un rochet convenable à la dignité épiscopale, le tout rendable au château de Mandeure aux frais du chapitre. Au XVIIe siècle, la chaudière devait être, non plus d’airain, mais de cuivre rouge, du poids de trente livres et d’une contenance de deux tines d’Allemagne.
La pièce de toile devait être de trente à trente-deux aunes et pouvoir passer par l’anneau de l’archevêque. Au XVIIIe siècle on réduisit cette redevance à cinq aunes de batiste propre à un rochet ou à un surplis. Quand la redevance se payait en argent, elle s’élevait de cent cinquante à deux cents livres.
Le chapitre s’acquitta pour la dernière fois de cette charge en 1784.
Humbert de Neuchâtel n’eut point à s’occuper de cette singulière redevance qui s’adressait à son métropolitain, pas plus que de l’hôpital de Porrentruy qui fut fondé sous son règne. Porrentruy était alors, et devait rester jusqu’en 1780,. du diocèse de Besançon et c’était à l’archevêque de cette ville qu’il appartenait de surveiller et d’approuver la fondation des œuvres pies qui relevaient de son église. L’hôpital de Porrentruy fut fondé le 1er novembre 1406 par les maîtres bourgeois, prévôt, fabricien et quarantesept bourgeois de cette ville. „Mus de dévotion, disent les pieux fondateurs, désirant accroître le divin office, et faire chose par quoi œuvres de pitié et de miséricorde soient faites et accomplies, et pour la sustentation des pauvres de Jésus-Christ, en l’honneur de la Sainte Trinité, du Père, du Fils et du Saint- Esprit, de la glorieuse Vierge Marie, Mère de Dieu, de Monsire S. Eloi et de toute la cour céleste du paradis, pour le remède des âmes de nous et de tous les habitants de la ville de Pourrentru, bourgeois et bourgeoises, présents et à venir, nos prédécesseurs et successeurs et de nos bienfaiteurs . . . avons fondé . . . un hôpital en la dite ville . . . nous donnons perpétuellement à Dieu et au dit hôpital cent florins d’or . . . nous acceptons la donation de feue noble dame Marguerite femme de feu monsire Broquart Sporer d’Eptingen, chevalier, faite au dit hôpital . . . nous reconnaissons la dite dame être une personne des fondateurs du dit
Sceau de l’abbaye de Bellelay.
XIVe siècle.
1 Voir la bulle du pape Urbain II à Hugues III, archevêque de Besançon, du 27 juin 1096. — En
1139, la collégiale de Saint-Ursanne appartenait déjà au diocèse de Bâle. — Dunod, hist. des Séquanais, t II. — 2 Archives de l’ancien évêché de Bâle.