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CHAPITRE XXV

archidiacre. 1 Hartmann Münch était vieux et infirme, quand il fut nommé évêque de Bâle; aussi le pape Martin V lui préférait-il le docteur en théologie, Conrad Heliæ qui représentait le chapitre de Bâle au concile de Constance. Mais ce personnage était humble et modeste, il redoutait une charge qui ne lui apporterait qu’un titre d’honneur et beaucoup d’ennuis ; aussi il consentit sans effort aux propositions d'Hartmann qui lui promit la dignité d’archiprêtre de la cathédrale, et renonça à toute prétention au siège de Bâle. 2 Ce fut pendant le séjour du pape Martin V à Genève (du 1 1 juin au 23 septembre 1419) que l’élu du chapitre obtint sa confirmation connue évêque de Bâle. 3

Hartmann Münch ne changea rien à son modeste train de vie ; il continua à habiter à Bâle la maison canoniale qu'il occupait, se contentant d’un seul chapelain, d’un domestique, d’un écolier et d’une servante. Près de Muttentz, il s’était disposé un petit château qu'on appelait Frôscheneck où il aimait à prendre quelque repos. Pour partager avec lui la charge de l’administration diocésaine, il s’adjoignit ses parents, Jean Thuring Münch qui était archidiacre de Bâle et prévôt de Saint-Ursanne, et Jean de Flachsland. 4

Le chapitre de Bâle profita des dispositions du nouvel évêque pour prendre avec lui la résolution de ne plus jamais aliéner quelque bien appartenant à l’église de Bâle et de garder pour la mense épiscopale tout fief qui retournerait à l’évêque. Cette décision solennelle fut prise le 22 septembre 1418. 5 On espérait par ce moyen rétablir cette mense épiscopale qui était dans un dénuement absolu. Il n’était question dans cet acte capitulaire que des fiefs restés sans possesseurs et qui faisaient retour naturellement à l’évêché. Aussi voyons-nous (6 octobre 1418) l’évêque Hartmann investissant Thuring de Ramstein des fiefs qui lui appartenaient comme aussi des forêts, des mines et des hommes qu'il avait dans le Brisgau, dans la Forêt noire et àTottenau (31 octobre 1418). 6 L'année suivante, l’évêque confirme à la ville de Bâle, la vente du Petit-Bâle, ainsi que l’hypothèque des châteaux, ville et baillage de Liestal, Waldenbourg et Hombourg et les péages, la juridiction et les monnaies (2 mars 1419). 7 En même temps, Hartmann Münch donne en fief à Jean Frédéric, baron de Falckenstein, les landgraviats du Buchsgau et du Sisgau, qui étaient retournés à l’église de Bâle, après la mort d’Othon, comte de Thierstein. 8 Un jugement de Conrad d’Eptingen, agissant au nom de l’évêque de Bâle, avait suffi pour rappeler à leur devoir de vassaux les seigneurs de Falckenstein qui prétendaient tout d'abord garder comme leur propriété ces deux landgraviats, qui étaient des fiefs de l’évêché et qui devaient être tenus comme fiefs de l’évêque (20 juillet 1419). 9

Il n’en fui pas de même du sire de Valangin, Guillaume d’Arberg. Après la mort de son père (1383), il refusa à l’évêque l’hommage de vassalité pour les biens que ses prédécesseurs avaient retenus en fiefs de l’église de Bâle. Hartmann Münch le fit citer par Jacques de Wildenstein d’Eptingen, à comparaître devant sa cour féodale séante à Bâle, sous la présidence de Bernard de Thierstein, comte palatin, le mardi après l'Exaltation de la Sainte Croix (17 septembre 1420). Jean Ludman de Rotberg, chevalier, qui plaidait la cause de l’évêque, exposa que

1 Archives de l’ancien évêché de Bâle. = 2 Sudan, Basilea sacra, p. 294. = 3 Ibid., p. 295. —

Fleury, Histoire de l’Église de Genève, 1. 1. p. 149. = 4 Henri de Beinheim, Chron. apud Urst., Épitom.,

p. 334. — N. Gerung, Chron. ep. Basil., ibid. = 3 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 748. = 6 Ibid. = 7 Ibid.,

p. 749. = 8 Ibid., p. 252. = 8 Ibid., p. 750.

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