‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 43 sur 496 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

délai donné des ordres pour que nos ambassadeurs se rendent sur le champ près de votre fraternité très aimable, afin d’en recevoir la ratification du traité." 1 Les ambassadeurs, annoncés par Charlemagne, furen t l’évêque de Bâle, Hatton, Hugues, comte de Tours et Ajo, duc de Frioul. 2 Lorqu’ils arrivèrent à Constantinople, Nicéphore avait perdu la couronne et la vie (25 juillet 811). Son fds Staurace le suivit de près dans la tombe (11 janvier 812). Michel Pumgabé, gendre de Nicéphore, fut proclamé empereur de Constantinople le 2 octobre 811. Hatton avait écrit avec soin les détails de cette ambassade dont il était le chef ; malheureusement cet Rodœporicon , qu’Herman-Contracte paraît avoir eu entre les mains, s’est perdu: ce récit eut conservé à l’histoire des données très intéressantes qui lui font défaut sur cette époque agitée de l’empire d’Orient.

Nous savons seulement, par le moine de Saint-Gall qui a écrit les gestes de Charlemagne, 3 que les envoyés de l’empereur d’Occident furent fort maltraités à leur arrivée à Constantinople. On refusa de leur donner audience; on les sépara les uns des autres et ce ne fut qu’après leur avoir fait subir les plus indignes traitements qu’ils furent enfin admis en présence de Michel, qui leur permit de reprendre la mer pour retourner dans leur patrie. Les pauvres ambassadeurs eurent encore à subir un naufrage qui mit en grand danger leur navire et ne leur laissa que la vie.

Charlemagne récompensa son fidèle Hatton de son courage au milieu des épreuves de son ambassade en donnant à son abbaye la ville royale d’Ulm avec ses dépendances. Dans l’acte de cette Importante donation, l’empereur appelle Hatton vénérable prélat, venerabilis prœsin t. 4

„ Quelque temps après le retour de l’ambassade impériale, raconte le moine de Saint-Gall, l’empereur d’Orient envoya à son tour au très glorieux Charles des ambassadeurs. L’évêque de Bâle et le comte de Tours étaient alors à la cour de l’empereur. A cette nouvelle, on conseilla au sage monarque de faire passer les ambassadeurs orientaux par les défilés des Alpes, jusqu’à ce qu'ils fussent réduits à la plus grande misère, privés de tout, et forcés de se présenter devant Charlemagne. Quand ils arrivèrent à la cour, l’évêque de Bâle et son compagnon firent asseoir le connétable ( Comitem stabuli) au milieu de ses subalternes, sur un trône élevé, où il semblait être l’empereur. A sa vue, les ambassadeurs voulurent se précipiter à terre pour lui rendre leurs hommages, mais on les poussa dans l’intérieur, où ils rencontrèrent le comte du palais parlant au milieu des grands de la cour; ils se prosternèrent aussitôt jusqu’à terre. On les repoussa avec des soufflets en leur criant que l’empereur n’était pas en ce lieu. Plus loin, à la vue du maître de la cour entouré de ministres richement vêtus, ils le prirent pour le grand Charles et tombèrent à genoux. Repoussés de là, ils trouvèrent dans le consistoire le maître de la chambre avec ses cubiculaires ; il n'y avait plus de doute que ce ne fût le prince tant cherché. Mais ce personnage déclara qu’il n’était pas l’empereur, mais qu’il ferait tous ses efforts, avec les princes du

1 Carol. Magn. Epist., XX. Pair, lat., loin. XC VIII. col. 931 . = 2 Annales Aug., p. 65. — Herm. Contr. cliron., t. I. p. 132. apud Usserraann. — Annales francorum Fuldenses. — Ann. reg. Francornm, apud Reuber. — Dans les Annales Francornm Metteuses apud D. Bouquet, rec. des Hist., t. V. p. 356., Hatton est nommé Ilaixlo episcopus île Basala; la chronique de Munster, apud D. Martène, Thés. nov. anced., t. III. l’appelle Holto Basileæ episcopus. — „Iiatto episcopus super mare transivit", Ghronicon brève S. Galli, apud D. Bouquet, t. V. p. 361. — 3 Ex libre 2° mon. Sangall. de gestis Caroli Magni, apud flanisium, t. 1. p. 400. = 4 Lunig, Spicil. eccles., t. III. p. 188. Ann. Aug. p. 65.

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