CHAPITRE XXV
ont clû avoir leur importance. Cependant un procès verbal de 1425, découvert sur le dos d’un vieux registre des archives de Porrentruy nous apporte quelques détails curieux sur l’expédition de l’armée bâloise. Le bailli d’Autriche fit ouvrir une enquête sur les dommages qu’avait essuyés la châtellenie de Ferrette à cette occasion. Ce fut le châtelain de Ferrette, Jean seigneur de Florimont qui fut chargé de cette affaire. Le 30 octobre 1425, les témoins et plaignants étaient réunis â Ferrette, au logis de Henselme Bomgart ; le châtelain leur fit prêter serment de dire toute la vérité. Le premier témoin entendu fut Jean fils d’Henselme Bonquiger, de Pérouse (Haut-Rhin). 11 déclara que, quand le seigneur de Neuchâtel fut avec ses gens à Pérouse, le carême passé, il y eut, par la faute des soldats du comte, un incendie qui détruisit deux maisons à lui appartenant, en outre, on lui vola quantité d’objets mobiliers, lits, chevaux, vaches, etc. Il estime le dommage subi par son père et par lui à la somme de soixante livres bâloises. Après ce témoin, quatorze autres habitants de Pérouse déclarent que leurs maisons ont été bridées par les soldats du comte el estiment leurs pertes à soixante, quarante, trente, vingt, dix livres bâloises. Il résulte de ces dépositions qu’à Pérouse seul, dix-sept maisons furent la proie des flammes „ durant la guerre qui s’était déclarée entre Révérend Père en Dieu, Monseigneur Jean, évêque de Bâle et le noble seigneur de Neuchâtel". 1
Après la guerre, on fit la paix. Le comte Jean de Fribourg et de Neuchâtel, les villes de Berne et de Fribourg interposèrent leurs bons offices et réglèrent les conditions du rachat de S.-Ursanne el des châteaux repris par la force, qui avaient été engagés par l’évêque Imier de Pramstein pour sept mille francs. L’accord entre Jean de Fleckenstein et le comte Thiébaud VIII fut conclu en 1 426 et la paix rétablie. 2
L’évêque de Bâle rentra en possession de ces domaines : on ne voit pas qu’il ait accompagné de sa personne les troupes qui marchaient sous sa bannière. Il se contenta de leur donner de bons chefs et de faire des vœux pour le succès de leurs armes. Tandis qu’il revendiquait énergiquement les droits de son évêché, l’empereur Sigismond l’investissait des régales d’empire. N’ayant pu aller luimême prêter à son souverain le serment prescrit, l’évêque envoya à Vienne le margrave Bernard de Baden pour faire en son nom hommage de fidélité à l’empereur. Sigismond, par un diplôme revêtu du sceau impérial, confirme en outre à Jean de Fleckenstein tous les droits, privilèges, franchises et exemptions accordés par ses prédécesseurs à l'évêché de Bâle. 3
Rentré en possession des domaines engagés aux comtes de Neuchâtel, l’évêque de Bâle s’en servit pour se faire de fidèles vassaux, capables de défendre les fiefs mis entre leurs mains et de l’église de qui ils les tenaient. Le château de Pleujouse avec ses droits et appartenances fut donné en fief au chevalier Jean de Morimont, pour lui et ses héritiers ayant la capacité féodale. L’évêque posa pour condition expresse qui fut acceptée par le noble chevalier, que son château de Morimont serait ouvert comme celui de Pleujouse, au prélat ou à son chapitre, s'il en avait besoin (23 janvier 1428). 4 Jean de Fleckenstein reconnaissait par cet acte de suzerain les services que lui avait rendus, à lui et à ses prédécesseurs, le noble sire de Morimont. 5
1 Archives de Porrentruy. — Vautrey, Notices, 1. 1. p. 360. == 2 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 758. =
Ibid., p. 757. = 4 Livre des fiefs nobles, f. 83 b., f. 87 b. = 5 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 277.