CHAPITRE XXVI
un demi marc d’argent revenant de droit à l’évêque de Bâle. Si un chanoine résidant à Saint-Imier venait à mourir sans testament, son héritier naturel ou à son défaut la fabrique de l’église doit hériter de son bien, moyennant le demi marc à payer à l’évêque. Après la mort du prévôt de Saint-Imier, résidant auprès de son église, ses héritiers devront payer à l’évêque un marc entier. La fabrique de Saint-Imier aura un tiers de sa succession qui sera appliqué à la restauration de l'église. — Bâle, 18 mai 1443. 1
Le chapitre de Saint-Ursanne était à cette époque en querelle avec la ville au sujet de la vente du vin. On supplia l’évêque Frédéric ze Rhein d'interposer ses bons offices et de terminer le différend. Le prélat se rendit à Saint-Ursanne, le 2 mai 1446 et décida que désormais les habitants payeraient au chapitre pour chaque charretée de vin (pro qualibet carrata vini) qu'ils vendront, (droit de vendre qu'ils ont de toute ancienneté) trente deniers bàlois ; de son côté le chapitre devra avoir à ses frais une mesure dite ein sum zuber, comme à Murbach, qui servirait à mesurer les vases avec lesquels on vend le vin. 2
L’année suivante, Frédéric ze Pi hein était à Delémont où il fondait et dotait l’hôpital de cette ville. C’était comme le testament de l’évêque et l’expression publique de sa charité envers les pauvres. Voici comme il parle dans ce document solennel: „Dans l’incertitude de l’heure de la mort, il faut pour ne pas être surpris par elle, faire nos bonnes œuvres avant qu’elle nous atteigne, et suivant la parole de l’apôtre, semer sur cette terre en vue de l’éternité ; afin que Dieu nous le rende, et que nous puissions recueillir dans le ciel nos fruits multipliés, avec la ferme espérance que celui qui sème peu, ne récoltera guères et que qui sème dans les bénédictions, recueillera les bénédictions el la vie éternelle. Quoique nous ayons compassion de tous les fidèles chargés d’ans ou de misère, par les malheurs des temps ou par accident, nous avons une commisération plus grande pour ceux qui sont de fidèles et obéissants sujets de notre église et qui méritent, à ce titre un secours particulier. Depuis notre élévation au gouvernement de l’église de Bâle, nous avons reconnu par notre propre expérience et nous savons qu’à Delémont et aux environs, il existe des hommes et des femmes qui, malgré de pénibles travaux pour gagner leur pain à la sueur de leur front, en sont réduits à la plus grande pauvreté: il n’est personne pour exercer à leur égard les œuvres de miséricorde, leur donner un asile et offrir l’hospitalité. Il n'existe point d’hôpital en ce lieu; les pauvres vagabondent çà et là, sans secours, traînant une misérable vie, au grand péril de leur salut. Emu de compassion envers ces malheureux, nous désirons avec l'aide de Dieu, leur ouvrir un hôpital à Delémont et le doter de quelques biens pour sa fondation, espérant que d’autres chrétiens viendront en aide à notre entreprise. C’est pourquoi, avec le secours de quelquesuns de nos sujets qui veulent nous assister en cette œuvre, nous établissons un hôpital commun et général dans la ville de Delémont, vis-à-vis la maison du conseil de la ville, dans la maison de Rudin Brotbecken et de sa sœur Thyna; nous attribuons à cet hôpital à titre de fondation et de dotation, les biens dont la spécification est jointe au présent acte. Nous voulons qu'on y bâtisse une chapelle dont le chapelain sera à notre nomination, comme premier fondateur et patron et à nos successeurs; cette chapelle sera dédiée à la bienheureuse Vierge Marie, à S. Antoine,
1 Ex libro vitæ S. Imerii, p. 17 2. = 2 Archives de Saint-Ursanne.