‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 53 sur 496 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Ici s’arrêtent les traces certaines de l’épiscopat de Frédebert. On lui applique encore, il est vrai, une ligne d’un vieil historien, Ademari historiarum (lib. III), qui parle d’un évêque de France, nommé Fredebertus, qui s’en alla à S. Eparchius et y construisit une église; — mais rien ne prouve qu’il s’agisse ici de l’évêque de Bàle, Frédebert, car il pouvait se trouver en France, à cette époque, d’autres évêques de ce nom.* 1

Quoi qu’il en soit, ce que nous savons de notre Frédebert suffit pour que nous le rangions parmi les évêques orthodoxes, instruits, éclairés et charitables du IXe siècle.

Après Frédebert, nous plaçons dans le catalogue des évêques de Bàle, Adalwinus, qui ne nous est connu que par une liste de confraternité sur laquelle il figure. Au temps de la plus grande prospérité de Reichenau, l’abbé Waldon, qui était en même temps évêque de Bâle, établit une pieuse association entre S. Gall et son monastère (800). Tous les membres de cette confrérie devaient, après la mort d’un d’entre eux, faire des prières particulières pour le défunt. On les prévenait de chaque décès par un avis ainsi conçu: ,,A nos frères chéris dans le Seigneur, nos frères N. du monastère N. salut. Nous intimons à votre charité le trépas de notre frère N. défunt; vous voudrez bien faire les prières d’usage pour son âme.“2 Le porteur de ces lettres s’appelait rotularius; son office était de parcourir les monastères confédérés et d'y laisser les noms des défunts qu’il recommandait aux prières des membres de l'association. On conservait à Reichenau un livre tout entier renfermant les noms des confédérés des abbayes unies par ce pacte pieux. On observait dans tous ces monastères cet usage particulier: quand un moine était mort, on le regardait encore comme vivant, jusqu’au trentième jour après son trépas; on lui servait sa nourriture, comme d’ordinaire, et cette portion ou prébende, comme on l’appelait, était servie, en son nom, à quelque pauvre, (pii occupait sa place au réfectoire du couvent, et mangeait avec les religieux, sans qu’on pùt rien diminuer du repas auquel il avait droit. 3 En outre, les prêtres devaient chanter trois messes pour le défunt ; les autres frères chantaient les psaumes, et célébraient les vigiles et tous faisaient pour lui l’offrande commune. C’est sur une liste de cette antique confédération que se trouve parmi les noms des frères conscripts de Bàle, l’évêque Adalwin ; — nomma fratrum conscriptorum Basilensium: Adalwin episcopus . 4

Sudan, dans la Basüea sacra, fait vivre Adalwinus du temps de Charles le Chauve (875 — 877), Stumpf, sous Charles le Gros (881 — 887): on veut cpi'il ait assisté au concile d’Attigny en 870. Tout cela est possible, même probable, mais aucun document historique n’appuie ces affirmations. Jusqu’à plus ample informé, nous devons nous en tenir à la mention du catalogue de la pieuse Confédération des monastères, fondée en 800 par l’abbé Waldon.

La ville de Bàle appartenait alors à Louis de Germanie, à qui elle échut, en 870, lors du partage du royaume de Lorraine, fait entre Charles le Chauve et lui. L’acte de partage, dressé dans une petite île de la Meuse, le 8 août 870, nomme avec Bàle — Basulam — le pays dont elle était la capitale, et qui formait une partie

1 Pertz, Monum. Germ., t. VI. p. 122. = 2 „Fratribus in Christ, o dilectis nos Fratres N. cle monasterio N. salutem. Intimamus charitati vestræ obitum trahis nostri N. defuncti, pro cujus anima solitas preces agere dignamini. “ Annales Augiæ divitis, p. 62. = 3 Annales Augiæ p. 62. = 4 Alamanic. Antiquit.,

Page 1