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CHAPITRE VII

époque; mais, en 912, le chroniqueur de Saint-Gall, racontant les exploits des princes de ce temps, fait aller Rodolphe, le roi de Bourgogne, à Bâle; — Ruodulfus, rex Burgundiæ, ad civitatem Basileam ; 1 — plus tard, Rodolphe II dispose en faveur d’un certain Luitfride de l’abbaye de Moutier-Grandval, qui auparavant relevait des empereurs d’Allemagne; après lui, son fds Conrad, troisième roi de la Bourgogne transjurane, restaure Moutier et confirme ses possessions en 962. 2 Tous ces actes attestent la souveraineté de ces princes dans l’ancienne Rauracie, et en particulier à Bâle, sa capitale. L’historien de Conrad le Salique, qui était contemporain de ce prince, et aumônier de l’empereur Henri III, vers 1045, Wippo, reconnait aussi que Bâle appartenait alors à la Bourgogne transjurane: „La ville de Bâle, dit-il, est située à la frontière de la Bourgogne, de l’Allemagne et de la France; elle appartient à la Bourgogne. " 3

Ce ne fut que sous le règne de Rodolphe III, dernier roi de la Bourgogne transjurane, appelé le pieux pour ses largesses aux églises, que cette ville, relevée de ses ruines, retourna à l’empire. Adalbéro II était alors évêque de Bâle. Etait-il, comme Adalbéro Ier, de la parenté des rois de Bourgogne, l’histoire ne le dit pas, mais les largesses de Rodolphe III envers ce prélat attestent du moins des relations intimes et des services rendus par l’évêque à son souverain. En 999, à la prière de la reine Agiltrude, reconnaissant la fidélité et le dévouement continuel de l’évêque de Bâle, Adalbéro, le roi Rodolphe lui donna l’abbaye de Sainte-Marie et de Saint-Germain appelée Grandval, pour restaurer, relever et enrichir l’évêché de Bâle, si éprouvé par les invasions des hordes barbares qui avaient ravagé Bâle et son territoire. Cette donation faite à Bâle comprenait toutes les possessions et dépendances de l’abbaye;4 „ qu’elle soit désormais, disait le royal donateur, soumise â l’évêque et â son gouvernement, comme elle l’a été â nous même." L’année suivante (1000), Rodolphe III confirma cette donation par un acte solennel daté de Bruchsal (grand-duché de Bade). Il déclare dans cette charte, que, pour lui donner plus de force, il a entendu l’empereur Othon III, les évêques de Sion, de Genève et de Lausanne, Conon, comte du palais, et plusieurs autres, aussi bien que ses vassaux, d’accord en tout pour cette donation.5

Cet acte important mettait l’évêque de Bâle en possession d’un territoire considérable, sur lequel il avait désormais tous les droits qui appartenaient jusquelà à la couronne. C’est le premier titre authentique qui nous reste du pouvoir temporel des évêques de Bâle. On a dit, et plusieurs historiens ont essayé de prouver, que Charlemagne avait fait de l’évêque de Bâle un prince réunissant la double autorité spirituelle et temporelle. Mais on n’a pu faire à ce sujet que des suppositions vagues et sans fondements. Le fait est qu'aucun document n'a été produit à l’appui de cette assertion. Ce n’est qu’une probabilité. Ce n’est pas à dire que jusqu’à Adalbéro II, les évêques de Bâle aient été sans aucune

1 Chron. brev. S. G a 1 1 i apud Ussermann, p. CIX. = 2 Trouillat, 1. 1. p. 134. = 3 ,Ipsa vero civitas

(Basilea) ad Burgundiam pertinet.“ Wippo, Vita Conradi Salici, p. 431. Edit. Pistorius. = 4 . . . „Honesto

Ageldrudisregine eonjugis nostre dilectissime, consentient.es suggestui, ob continua Adelberonis, Basiliensis

episcopi, ordine disposât) fideliter no bis impensa servicia, abbacinm sancte Marie, sanctique Germain,

quant Grandemvallem appellent, ad Basiliensem episcopatum diversis ex casibus atténuation restauracionis arniniculis locupletandum, cum omnibus suis appendiciis integriter donavimus. Sit ergo deinceps ut nobis usque in prefato subdita episcopatui, ejusque regimini, quemcumque Dominus loco eidein præesse concesserit. “ (Codex diplomaticus ecclesiæ Basiliensis, p. 52a, aux archives de l’ancien évêché de Bâle, au château de Porrentruy). =- 3 „Sine ullius hominis contradictione, . . . liée nostris vassallis firme per totum consentientibus . . Codex dipl. p. 51b.

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