S. HENRI REBATIT LA CATHEDRALE DE BALE
son palais, un autel d’or, qui était comme un mémorial de sa guérison, obtenue par l’intercession de S. Benoit. Quelque précieux que fût ce monument, il s’en dessaisit en faveur de Notre-Dame de Bàle, dont il devint le plus bel ornement. Malade de la pierre, S. Henri en avail été guéri, au Mont-Gassin, par S. Benoît, qui lui apparut et lui mit dans la main la pierre, cause de ses souffrances. 1 L’empereur, reconnaissant, voulut consacrer le souvenir de sa guérison par une table d’or qui fut enrichie de sculptures et de pierres précieuses. Donné à la cathédrale de Bàle, lors de sa construction, 2 cet autel y fut conservé avec respect jusqu’à l’époque de la réforme en 1539. On le plaçait, comme un retable, sur le grand autel, aux fêtes principales de l’année: Noël, Pâques, la Pentecôte, la Fête-Dieu, S. Henri, l’Assomption, la Toussaint. 3
Ce monument précieux de l’art byzantin, déposé aujourd’hui au musée de Cluny à Paris, mesure 95 centimètres de haut sur 178 centimètres de large. La façade, toute en or, est décorée de cinq grandes figures en haut-relief, disposées sous des pleins- cintres qui supposent des piliers à chapiteaux historiés. Chacun de ces pleins-cintres porte, en grandes et belles lettres repoussées en relief, le nom de
la figure qu’il renferme. Le Rédempteur, Rex rerjvtn et Dominas Dominant') um, occupe le cintre du milieu, plus élevé que les autres; il est en action de bénir; le pouce, l’index et le medium de la main droite sont levés, l’annulaire et le petit doigt restant pliés. Dans la main gauche, il porte le globe, sur lequel, entre l’alpha et l’oméga, se trouve le monogramme de la phrase: Principium et finis Christus est. Les pieds nus reposent sur une sorte de monticule, sur lequel sont agenouillées les figures de S. Henri et de l’impératrice Gunégonde, prosternées et dans l’attitude de l’adoration. A la droite du Christ, est l’archange Michel, puis S. Benoît; à sa gauche, sont les archanges Gabriel et Raphaël, représentés vêtus et les ailes déployées. Les têtes sont nimbées et les nimbes sont rehaussés de pierreries montées en relief; celui du Christ est crucigère et également relevé de pierres précieuses. Deux des archanges, Gabriel et Raphaël, tiennent en main le bâton, symbole de leur divin ministère. S. Michel porte la lance avec sa banderole, emblème de la défaite du dragon infernal, et, dans sa main, le globe orné de la croix, signe de la rédemption. S. Benoît tient à la main droite la crosse,
1 Siffrid, rerum germ. script., Ratisbonne 1731. — Magnum chronicon Belg. — 2 Sudan, Basilea sacra, p. 142. Urstisii Epit. p. 68. — 3 , Ordinatum est per capitulum, quod aurea tabula in subse-
quentibus festis ad summum altare et non aliter ... in festis Nataîis, Pasce, Pentecostes, Corporis Ghristi, Henrici imperatoris, Assumtionis Marie, in Dedicatione omnium sanctorum/ Décision du chapitre
fixée à l’autel d’or.