‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 81 sur 496 · THÉODERIG, ÉVÊQUE DE BALE · texte numérisé non relu

THÉODERIG, ÉVÊQUE DE BALE

Ce fut sous le règne d’Udalric II que fut bâtie et fondée l’église de S. Léonard à Bâle par le prévôt de la cathédrale, le diacre Ezelinus. Il était fort riche : il demanda à l’évêque Udalric 1 de lui obtenir, pour y bâtir une église, un monticule appartenant à la ville, d’un aspect fort agréable, très bien situé, où avaient lieu les jeux publics. L’évêque, plein de zèle pour la religion — valde religion! studens, et tout heureux du bon vouloir du prévôt, adresse au peuple de Dieu une allocution qui réunit tous les suffrages et excite les applaudissements de toute l’assemblée. Aussitôt l’évêque, prenant avec lui les dignitaires de son clergé et les plus nobles de la ville, fait l’ascension du monticule et, du consentement unanime des clercs et des laïques, il accorde cet emplacement pour être à jamais la propriété du lévite Ezelinus. Le serviteur de Dieu plein de joie jeta aussitôt les fondements de sou église et bientôt, avec la grâce de Dieu et t’aide des habitants de la ville et des fidèles de pays éloignés, l’édifice fut achevé. L’évêque de Bâle, en présence d’une multitude innombrable de prêtres et de peuple, consacra cette église, le 2 novembre 1033, en l’honneur de S. Barthélemy, apôtre, et de S. Léonard. En même temps, avec le consentement de l’avoué, et aux applaudissements des plus nobles de toute la ville, il assigna à l’église une dot de 146 arpents de terres, sis à Alschwiller près de Bâle. Parmi les témoins de cette pieuse donation, le cartulaire de S. Léonard signale les chanoines de la cathédrale, Hesso, Rudolfe, Henri, Ulrich, Wernher, scolastique, le chevalier Thieterus, le maire Henri, Margward Scierli, Burchard, fils de Witon, etc. 2 Le fondateur de Saint-Léonard survécut quarante-neuf ans à l’inauguration de son église. Il mourut en 1082. 3

Théoderic succéda à l’évêque Udalric sur le siège de Bâle. Il était connu déjà de l’empereur Conrad le Salique (1024 — -1039) qui, au témoignage de Henri III, lui portait une bienveillance particulière — paterne in eum benevolentie — . 4 II prêta, en 1041, le serment ordinaire qu'il devait à son métropolitain, Hugues Premier, archevêque de Besançon, comme évêque de Bâle. 5 La même année, l'empereur Henri III le Noir qui l’a placé sur ce siège, lui donne un témoignage public de son amitié. Le monarque déclare, dans une charte de nos archives que l’évêché de la sainte église de Bâle lui- paraît trop misérable et trop abaissé; il veut venir en aide à sa pauvreté des biens qui lui appartiennent: — sancte Basiliensis ecclesie episcopatum nimis humilem tenuemque . . . paupertati ejus de bonis nostri juris . . . C’est pourquoi, pour le remède de l’âme de son très pieux père l’auguste empereur Conrad de sainte mémoire et en même temps pour son propre salut, ayant égard aux services à lui rendus par l'évêque de ce siège Théoderic, et en mémoire de la bienveillance que lui témoignait son père, il accorde et transmet en toute propriété à l’église de Bâle le comté d’Augusta, dans le pays d’ Augst et de Sisgau, lui réservant à lui, et à ses successeurs, la faculté de l’inféoder ou d'en disposer comme il le jugerait à propos, dans l’intérêt de son église. 6 Cette donation est datée de Spire.

1 Le cartulaire de Saint-Léonard auquel nous empruntons ces détails, dressé en 1295, appelle cet

evèque Rudolfe, mais en 1033, date fixée par ce document pour la consécration de l’église, l’évêque de Bàle

s appelait Udalric. C’est donc une erreur de l’archiviste du couvent qui, après trois siècles, pouvait bien

ignorer le nom exact de l’évêque de Bâle, lors de la fondation de l’église de S. Léonard. = 2 Cartulaire de S. Léonard, fol. la (aux archives de Bâle). = 3 „Anno Domini MLXXX1I Ezelinus dyaconus, prepositus majoris ecclesie, sancte etiam fundator hujus ecclesie obiit.“ (Ibid. fol. l b.) = 4 Diplôme de

1 empereur Henri III de 1041. — Codex diplom. eccl. Basil., p. 32 et 56. = 5 Regestes de Hugues Ier ,

par M. Duvemoy; académie de Besançon, 184-7. = 6 Trouillat, 1. 1. p. 174.

Page 1