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CHAPITRE VIII

Il avait, suivi à Montriond son vénérable métropolitain, l’archevêque Hugues Ier, le Grand (1031 — 1067). Il partageait avec l’évêque de Lausanne et celui de Belley, l’honneur d’être suffragant de Besançon. Les archives de cette église gardaient autrefois les attestations du serment que les évêques de Bâle, Adalbéro (999 — 1025), Théoderic (1041 — 1053), Bérenger (1057 — 1072) et Burcard (1072 — 1107) avaient prêté entre les mains de leur métropolitain, l’archevêque de Besançon. La formule de ce serment était ainsi conçue: „Moi, N. devant être maintenant ordonné évêque de la sainte Église de Bâle, je promets la soumission et l’obéissance au saint siège de l’Église de Chrisopolis (Besançon) et à ses recteurs, et je l’affirme de ma propre main sur le saint autel." 1

Après la Trêve de Dieu jurée à Montriond, les seigneurs du royaume de Bourgogne se réunirent encore à Soleure où l’empereur Conrad le Salique les avait convoqués: c’était pendant T automne de 1038. L’assemblée dura trois jours: l’empereur transmit à son fils Henri la couronne de Bourgogne; les grands lui prêtèrent serment de fidélité et les évêques, parmi lesquels Udalric de Bâle devait avoir sa place, conduisirent en grande pompe le nouveau roi à l’église de S. Étienne, chapelle royale à Soleure, et le couronnèrent solennellement au milieu des chants d’allégresse de tout le peuple. Après ce glorieux événement, l’empereur retourna à Bâle d’où il passa dans la France orientale en Saxe et dans la Frise. 2 Quelques mois après, Conrad II mourait subitement àUtrecht, (4 juin 1039) après quatorze ans de règne. Son fils Henri III se montra, comme son père, le protecteur de l’évêque de Bâle et le bienfaiteur de son église. La cour était à Ingelheim (à quatre lieues de Mayence) en avril 1040: Udalric, le vénérable évêque de la sainte Église de Bâle, comme l’appelle le diplôme impérial, alla trouver le roi Henri, et lui présenta les chartes du roi Rodolphe et des empereurs Henri II et Conrad, donnant à l’église de Bâle les monastères de Moutier-Grandval et de Saint-Ursanne et la forêt de la Hardt. Henri III confirma par deux diplômes nouveaux revêtus de son sceau et datés du 25 avril 1040, cette double donation, si importante pour le diocèse de Bâle. 3

Un mois à peine après cette dernière apparition â la cour du roi Henri III, l’évêque de Bâle mourut. C’était, suivant le liber vitœ du chapitre de Bâle, le 26 mai — le sept des calendes de juin. Il fut enseveli dans la crypte antérieure de la cathédrale. Il donna au chapitre la courtine dite Gurbela. A son anniversaire, le prévôt devait donner à chaque chanoine présent un sou de deniers. 4 L’année de la mort de l’évêque Udalric est marquée par deux actes authentiques; le 25 avril 1040, il est à Ingelheim; en 1041, l’évêque Théoderic a déjà prêté serment pour son sacre à l’archevêque de Besançon ; Udalric est mort le 26 mai. Ce ne peut être par conséquent qu’en 1040; car on ne peut admettre que le siège de Bâle ayant été vacant, le 26 mai 1041, il ait été déjà pourvu avant la fin de la même année. Il faut donc inscrire la mort de l’évêque Udalric au 26 mai 1040. Il occupa le siège de Bâle durant quinze ans (1025 — 1040).

1 „Ego N. sancte Basiliensis ecclesie nunc ordinandus episcopus, sancte sedi Chrisopolitane ecclesie

rectoi'ihusque e.jus, subjectionem et obedientiam promitto, et super sanctum altare propria manu firmo.“ Dunod. = 2 Wippo, Vita Conradi'Sal. — Duchesne, hist. de Bourgogne, 1. II. e. 28. — Dunod, t. II. p. 121. — Alberic ad 1040. — Hepidan. ad 1043. — 3 Codex diplorn. Ecel. Basil., p. 12 et 13. = 4 „VII Kal. Junii

Udalricus episcopus obiit qui sepultus est in crypta anteriori. Qui dédit sancte Marie Curtem dictani

Gurbela. In eujus anniversario dat præpositus noster cuilibet canonico præsenti ac percipienti solidum denariorum.“ (Necrolog. Cath. Basil.)

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