‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 89 sur 496 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

de Siegfried, abbé de Gorze, il mit en musique les répons des nocturnes pour la fête du martyr Gorgonius dont le corps était dans l'église du couvent de Gorze. Le mois d’octobre n’était pas terminé que Léon IX présidait à Mayence, avec le concours de l’empereur, un concile analogue à celui qu’il venait de tenir à Reims. Henri le Noir y assista, ainsi que près de quarante évêques des différentes parties de l'Allemagne. On y défendit la simonie et le mariage des prêtres. On y discuta l’élection d’un certain Bertold, qui se disait archevêque de Besançon, nommé par Rodolphe III, roi de Bourgogne. Après une enquête sévère sur cet objet, le concile décida que l’archevêque Hugues, qui depuis dix-huit ans occupait en paix le siège épiscopal auquel l’avaient appelé le clergé et le peuple, était le légitime et véritable pasteur. „ Cette décision juste et canonique, dit le saint pape dans la bulle publiée à cette occasion, fut approuvée et confirmée par notre autorité apostolique, aux applaudissements de notre très cher fils Auguste et de tout le clergé et le peuple présent. Le synode universel exprima aussi le désir que le même archevêque Hugo fût protégé par notre autorité apostolique et qu’à l’avenir il fût défendu à Bertold, sous peine d'anathème de la part du S. Siège, de chercher chicane soit à l’archevêque, soit à l’église de Besançon. Nous avons accédé à ce désir, et tout le synode a répondu: „Fiat, fiat. “ . . . En conséquence nous déclarons accorder de nouveau par la présente à l’archevêque Hugo, outre la charge épiscopale, les insignes archiépiscopaux, c’est à dire la croix et le pallium et tout ce que ses prédécesseurs ont obtenu de mes prédécesseurs. . . . Pour donner plus d’autorité à la présente, nous l’avons signée de notre propre main, et nous avons ordonné à nos frères dans l’épiscopat qui assistaient avec nous au synode de la signer également, le tout pour la gloire de Dieu et celle de Notre Seigneur Jésus-Christ. . . “

Parmi les évêques signataires de cet important document, après la signature „ de Henri, second empereur des Romains “ , entre celles du grand Hugues, archevêque de Besançon, et d’Hebréard, archevêque de Trêves, on lit le nom de Théoderic, évêque de Bàle. Le fidèle suffragant était venu à Mayence appuyer et défendre au besoin son vénérable métropolitain et s’associer au grand Léon IX pour la réforme du clergé et la sanctification des âmes. L’ancien prévôt de Bàle, Théoderic, évêque de Verdun, assistait aussi à ce concile, avec les évêques de Constance, de Strasbourg et beaucoup d’autres. Cette bulle, qui dut être dressée et signée à la clôture du concile de Mayence, porte la date du 19 octobre 1049, „la première année du régne du seigneur Léon “ . 1

Le concile de Mayence terminé, le pape resta encore quelques jours avec l’empereur, puis il prit le chemin de sa chère Alsace, qui lui rappelait les beaux souvenirs de son enfance.

Léon IX se rendit d’abord à l’abbaye d’Andlau, que gouvernait l’abbesse Mathilde, sœur de l’empereur Conrad II, et par conséquent parente du pape. Il y consacra l’église du monastère nouvellement reconstruite par l’illustre abbesse, et plaça sous le maître-autel les reliques de Ste Richarde, fondatrice de l'abbaye, et femme de Charles le Gros. Cette consécration eut lieu le 10 novembre 1049, comme le prouve cette inscription d’un ancien cart.ulaire de ce monastère: ,, IIII idus novembris, dedicatio monasterii in Andelo. “ La bulle que publia le pape à

1 Cet important document a été découvert et publié en 1836 par le R. P. Theiner. dans les Disquisüiones criticœ in præcipuas canonum et collectiones Romœ, 1836, p. 203 et seq.

Page 1