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LE PAPE S. LÉON IX ALSACIEN

l’occasion de cette visite, débute comme il suit: „ Lorsque nous revenions du synode de Mayence, nous avons visité votre monastère (la bulle s’adresse à l’abbesse Mathilde) et nous avons béni et consacré l’église que vous veniez de bâtir et qui n’était pas encore terminée. Sur vos prières, nous avons transporté dans cette église le corps de la bienheureuse Richarde, première fondatrice du vénérable monastère." En retour des faveurs spirituelles accordées par le pape, l’abbesse d’Andlau devait envoyer tous les ans au Saint Siège trois pièces de toile fine. 1

Le 18 novembre de la même année, S. Léon IX était dans le diocèse de Bâle, dans le voisinage d’Eguisheim et du château de ses pères. Il consacrait l’église de l'abbaye de Woffenheim, nouvellement bâtie par Quenza abbesse du couvent. Ce monastère avait été fondé par les parents du pape. Aussi la bulle, publiée par Léon IX, à l’occasion de sa visite à Woffenheim trahit-elle une touchante émotion:

„0 sainte et admirable Croix, sur laquelle Jésus-Christ Notre Seigneur a été suspendu (l’église de l’abbaye était dédiée à la sainte Croix) ! Un sentiment de charité, et même le sentiment du devoir, me décide à donner à tout jamais à notre siège apostolique l’église de mon père Hugo et de ma mère Heilewide et de mes deux frères défunts, Gérard et Hugo ; après la mort des miens, j’ai hérité de cette église, moi qui, malgré mon indignité, suis maintenant assis sur le siège apostolique ; aussi je la donne à ce même siège pour la défendre contre tous ceux qui chercheraient à lui nuire ....

. . „0 croix plus brillante que le soleil, plus précieuse que tous les êtres créés, comme signe de la donation que je fais de ton monastère à l’apôtre Pierre, pour le salut de mon âme et pour celui de mes parents qui, dans ton église, dorment de leur dernier sommeil dans le Christ Notre Seigneur j’ai décidé que tous les ans l’abbesse de ce lieu ferait au moment voulu un présent au siège apostolique. Ce présent consistera en une rose d’or du poids de deux onces romaines, laquelle nous sera envoyée durant le carême, huit jours avant, le dimanche où la rose a coutume d’être portée par nous ou nos successeurs, c’est-à-dire le dimanche où l'introït commence par ces mots: Oculi mei sem/per ad Dominum“ 2

S. Léon IX fit don à l’église du monastère d’une relique considérable de la vraie croix qui survécut à la ruine du monastère. D’après Schœpflin (Als. ill., t. II. p. 449) l’abbaye de Sainte-Croix fut transformée en 1452 en collégiale de chanoines qui disparut en 1524 pour être remplacée par un simple rectorat ou bénéfice curial dont le couvent de Murbach était collateur.

Tout vestige du couvent de Sainte-Croix et du village de Woffenheim a disparu. Au siècle dernier, le P. Laguille, dans son histoire d’Alsace (Strasbourg, 1727, p. 154) rapportait qu’on voyait seulement aux portes de la ville de Sainte-Croix une tour et une petite chapelle qu’on nommait encore l’ermitage de Woffenheim. Cet historien ajoute que le morceau de la vraie croix, donné par S. Léon IX à l'abbaye, était conservé dans l’église de la ville de Sainte-Croix: les authentiques en étaient gardés aux archives de Colmar. Le roi de Pologne, Stanislas, vénéra cette précieuse relique.

De Woffenheim, Léon IX gagna Hohenbourg, dont il consacra l'église l’année suivante; cette fois il se contenta de prier au tombeau de sa parente, Ste Odile;

1 Migne, Patr. lat., t. CLXIII. col. 633. — Un pape alsacien, par M. l’abbé Delare, Paris 1876,

p. 233. = 2 Migne, Patr. lat., t. CLXIII. col. 635. — Aux archives de Colmar, la bulle qui porte la date du XIV des calendes de décembre, est revêtue du visa de Conrad, évêque de Strasbourg.

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