‹ Histoire des evêques de CoutancesChapitre 13 sur 158 · Huldéric Huldericus · texte numérisé non relu

Huldéric Huldericus

I Huldricut , ViUricus, Wildericus , Widericus , Hugierv*. )

Nous ne connaissons que le nom de ce prélat , et c'est par les anciens catalogues , qui le placent avant Chairibon. Si quelques écrivains plus modernes lui donnent le rang que

(1) Clichy était une maison royale où nos rois faisaient souvent leur demeure.

feeus lui conservons ici , c'est parcequ'ils ont cru le reconiiaiirc dans un Ilugierus , soussigné aux actes de quelques privilège* accordés au monastère de Saint-Pierre-le-Vif (*) ,' u la date de la fin de Tannée 658 ou 659. 11 faut avouer que l'apparence est bien légère.

Pendant l'épiscopat de l'un de ces derniers prélais , Saint Ouen, archevêque de Rouen, qui mourut en $83 ou68t, faisant la visite de sa province , vint au monastère de Nanieuil > où il fit la translation des reliques de Saint Marcou. Bernuin , qui gouvernait alors cette maison en qualité d'abbé , désirant placer dans le sanctuaire de son église le corps de son vénérable fondateur , qui était resté dans le lieu de sa première sépulture, pria l'archevêque d'en faire luimême la cérémonie. Le saint corps fut trouvé totalement desséché , la peau était adhérente aux ossemens , mats la figure était aussi vermeille que si eUe eût été pleine de vie ; il resta exposé pendant trois jours à la vénération des fidèles, e* lorsqu'on se disposa à le placer dans sa nouvelle Sépulture , l'archevêque pria l'abbé Bernuin de lui permettre de prendre quelque partie de cette précieuse relique. Comme il pensait à s'approprier la téle du saint , il trouva dans ses mains un billet qui lui défendait de le faire , en lai permettant de prendre toute autre partie qu'il désirerait. Le corps de Saint Marcou est resté jusqu'à la fin du neuvième siècle dans le lieu où le plaça l'archevêque de Rouen.

Nous voyons par les anciennes vies de Saint Ortaire , qui fut abbé de LandeUes pendant quarante-huit ans, qu'il y avait encore des infidèles dans cette partie du diocèse, car elles nous apprennent qu'il Se -livrait avec fruit à leur conversion, et même qu'il en admit après leur baptême plusieurs parmi ses moines. Les mêmes vies nous révèlent aussi qu'il y avait près de Landelles un autre monastère, dans

(1) Dans la ville de Sen».

lequcl Saini Orlaire avait passé trente-huit ans , avant tl eire fait abbé de celui de Landellcs ; il y était entré à l'Age de douze ans, abandonnant une brillante position sociale et une grande fortune, auxquelles il avait droit d'après sa naissance. 11 mourut à Landelles. un dix-neuvième jour d'avril , âgé de quatre-vingt-dix-huit ans , et fut inhumé dans le cheeur de son église : c'était vers la fin du sixième siècle. On croit qu'il était originaire du diocèse de Cou lances. 11 ne reste aucuns vestiges des deux maisons religieuses dont nous venons de parler.

Il en existait une autre dans la paroisse d'Orglandcs , comme nous l'apprenons par la vie de Saint Herbland (*), dont l'auteur nous dit que ce saint abbé d'Andrcs(2) vint en faire la visite , parce qu'elle était sous la dépendance de son abbaye. Pendant qu'il était en ce lieu , il fut invité à dîner , ainsi que tous les religieux d'Orglandes , par un seigneur voisin , nommé La u mis. Comme il ne croit point de vin en ce pays , suivant la remarque de l'écrivain , le seigneur n'en avait qu'une très-petite quantité , seulement quaire mesures, mais il se trouva que celle petite quantité fut sulïisanle ; et lorsque , le lendemain du festin , il dit à sou épouse de regarder s'il y avait encore du vin dans les vases, elle vit que la quantité n'avait point diminué , quoi qu'on en eût servi avec abondance, même à des personnes étrangères au banquet. I>c bruit de ce miracle fut bienlôi répandu ; le seigneur alla en remercier le saint abbé, en présence d'un grand nombre de personnes ; il lui dit que Dieu avait opéré ce prodige en faveur de ses mériies. Ce ne sont pas mes mériies que Dieu a voulu récompenser , lui répondit le modeste Her-

(1) Hermelanthu.

(2; L'abbaye d*Andrcst ou Aindres, était située dans une Ho de la Loire , auprès de Nante?.

bland , c'est voire générosité envers ses serviteurs. L'auteur tic l'histoire ecclésiastique de Normandie suppose avec assez de vraisemblance , que ce seigneur habitait la paroisse de Gourbcsvillc, et que c'est la cause pour laquelle celle paroisse a choisi Saint Herbland pour patron.

Il s'accomplit encore un autre miracle dans celle circonstance : un paysan du lieu ayant volé quelque chose de l'équipage de Saint Herbland , et l'ayant caché dans son sein , fut saisi de douleurs si violentes qu'il alla aussitôt se jeter à ses pieds , fit l'aveu de sa faute et rendit l'objet dérobé ; il fut aussitôt guéri par l'intercession du Saint. Cet objet fut suspendu dans l'église du monastère , en mémoire du miracle opéré ; il y était encore du temps que l'auteur écrivait celle narration.

L'on attribuue à Saint Herbland la fondation du couvent des Moitiers en Beauplois, du Prieuré de Sain t-Hcrbland , au Plessis , et du monastère de Sotte va t. 11 mourut vers le commencement du huitième siècle.

Un siècle auparavant, Saint Potenlin avait fondé un monastère à Coulances ; voici ce qu'en dit Jonas , moine de Bobio y (*) dans la vie de SainlColomban ; Saint Polentin vivait encore au momeut où le moine Jonas écrivait : • Polentin , Ecossais d'origine , disciple de Saint Colomban , suivit » ce Saint lorsqu'il abandonna Luxeuil , et fut envoyé par » lui , avec deux autres moines , pour recueillir des aumônes » dans la ville d'Orléans. 11 se fixa dans la Neuslrie , et bâtit ,

• au commencement du septième siècle , dans le faubourg de

• la ville de Coulances , une maison religieuse. •

I) Bobio est une petite ville d'Italie , dans le Milanez, à douze lieue» de Gènes.

TABLEAU DE L'HISTOIRE CONTEMPORAINE

622. La Neustrie est détachée du reste de la France, pour former le royaume de Dagobert.

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