Hugues I Hugo
Nos registres , contraires en ceci à l'historien du prieuré de Saint-Laut, disent que ce fut cet évéque qui tira de Coulances sept Chanoines pour les appeler à Rouen ; nous préférons l'autre version , car nous ne croyons pas que quatre de nos évoques eussent à Rouen une église sans chanoines , tandis qu'il y en aurait eu à Cou lances , et de fort inutiles , puisqu'ils ne pouvaient y professer publiquement leur religion.
Huges fut promu à l'évéché de Coutanccs l'an 989. L'année suivante , il assista , avec les autres évéques de la province , à la dédicace de l'église de Fécamp. Il est souscrit à l'acte. On le retrouve ençpre sur des actes du même lieu aux dates delOOG et 1017.
Pendant 1 cpiscopat de Hugues , l'église de Coutances se releva peu à peu de ses ruines. Les ducs de Normandie , après la défaite du comte Riout , en 931 , sentirent la neces-
sité de s'insinuer dans le Cotentin, pour en diriger les affaire^ et asservir les ha bilan s , ou plutôt les accoutumer à leur autorité. C'est ce qu'ils firent en s'y créant des domaines , tant par des confiscations que par des acquisitions. Us ne perdirent pas de temps , car , dès l'an 1008 , nous voyons le duc Richard-le-Bon , donner en dot à Judith , son épouse , cent et un domaines considérables, dont un grand nombre sont situés dans le diocèse de Cou tances. Par cet adroit moyen , ils finirent par y être les maîtres ; or , une fois ce résultat obtenu , Richard I s'oeccupa du rétablissement de la religion : il fit faire quelques réparations à l'antique cathédrale , il fit faire la recherche des anciennes propriétés de l'église , les remit aux mains de l'évèque , et en même temps un titre nouveau. Des chanoines furent établis dans la cathédrale , et l'office y recommença. D'un autre côté , les maisons religieuses et les moines reparaissaient : Nous venons de voir que l'on avait réédifié un couvent dans les Iles Saint-Marcou. Hugues préféra cependant toujours son habitation de Rouen, et il en fil môme agrandir l'église. 11 y mourut Tan 1024 ou 1025. Il repose , ainsi que ses quatre prédécesseurs dans le chœur de celle église. L'on voyait leurs polrails peints sur le vene de la croisée , du coté du cloître.
Si l'évéque Hugues 1 contribua à la restauration de son église , et la dota même , comme on le dit , de plusieurs revenus, il souffrit cependant qu'elle fit une perle considérable : celle des reliques de Saint-Scver , un de ses enfans , uue de ses gloires. Quelques prêtres de Rouen , qui allaient <tn pèlerinage au Monl-Sainl-Michel , découvrirent les précieuses reliques sous les décombres du monastère ; ils résolurent de les enlever secrètement , mais les populations voisines, alarmées de leurs desseins , y mirent obstacle. N'ayant pas réussi par ce moyen, ils réclamèrent l'autorité du duc, et obtinrent par la force ce qu'ils u'avaicut pu obtenir par l'a-
dresse. Ainsi le diocèse acheva de s appauvrir des saintes dépouilles des héros de sa foi.
Après la mort de notre évoque Hugue 1 , 1 église St-Laut de Kouen devint une simple collégiale , dans laquelle les chanoines continuèrent à faire l'oflice selon le rit de Coûtâmes. Les successeurs de ces premiers chanoines dégénérèrent sans doute de la vertu de leurs fondateurs, car /en Tan 114ft , l'évètjtfe Algare fut obligé de les remplacer par d'autres : ce furent des chanoines de la règle de Si-Augustin, et il fit la cérémonie en personne le dimanche auquel on chante Lœtare Hierusalem : c'est-à-dire le quatrième dimanche de carême. L'arche v.èquc , alors Hugues d'Amiens, renouvela , par une charte du même jour , la concussion à perpétuité de celle église aux évèques de Cou lances; Algare oblint du souverain Pontife , Eugène III , une bulle confirmalive de celle charte , en daie de la même année. Il faut cependant que la charte et la bulle n'aient point paru aux archevêques de Rouen des li 1res bien valables , car plusieurs en ont contesté l'effet.
Les chanoines de Saint-Laut oie Rouen jouissaient de grands privilèges , nous allons en rapporter quelques-uns. Aux processions publiques , ils portaient la châsse de Saint Laut , et tenaient la première place à gauclie ; les chanoines de la métropole marchaient à la droite , seulement leurs égaux. 11 avaient droit de recevoir d'abord clans leur église le corps de l'archevêque , et de célébrer l'office pou# le repos de son àme. Quand ils cessèrent de desservir la paroisse de St-Laut, les curés qu'ils nommèrent firent de droil l'ouverture des sessions du parlement de Normandie. chapitre de Saint-Laut était arbitre né entre les membres du chapitre de la métropole , et entre ce chapitre cl l'archevêque ; il avait droil de chasse sur le domaine royal , pour y prendre un., cerf le jour St Laut , et uu sanglier le jour Si Romphairc.