‹ Histoire des evêques de CoutancesChapitre 51 sur 158 · chapitre *i · texte numérisé non relu

chapitre *i

NICOLAS DE THOLON. — GUILLAUME DE CRÉVE- COEUR. — GILLES DESCHAMPS. — JEAN DE MARLE. — PANDOLPHE DE MALATESTA.

i.rt Nicolas de Tholoft.

( De Toulon , de Théon. )

La famille de Tholon est do Dauphiné; Nicolas était grandchantre de la cathédrale d'Autuft et chancelier du duc de Bourgogne , lorsquil fut promu au siège épiscopal de Cou^ tances. Il y fut élevé , non par les suffrages du clergé du diocèse , comme le dit Rouault , mais par la faveur du duc de Bourgogne. Le laboureur, dans son histoire de Charles VI, nous dit qu'il ne fut pas élu , mais nommé par faveur. Les actes de son court épiscopat , et les registres de Blanchelandc intitulés Noctes Blanchelandam* , nous révèlent qu'il ne vint point à Coutances , ou au moins qu'il n'y demeura pas. Ils nous le représentent toujours comme éloigné : in loco remoto agent.

La main qui nous l'avait donné nous le relira au bout d'onze mois : en septembre 1387 , il fui nommé à l'évêclié

d'Autan , du doubla plus riche que celui de Coutances. (*) Il y mourut le 10 septembre 1400, et fut inhumé dans la cathédrale , ou église Saint Laaare , dans une chapelle de sa fondation.

Il portait pour armes, de synople, au cygne d'argent membre d'or >

2 * Guillaume be CrévecqeuAv

La famille de ce prélat tire son nom et son origine de la petite ville , ou plutôt bourgade, du nom de Crévecœur, dans le diocèse , et a cinq lieues de Beauvais. GuHlaume était abbé Beaupré, dans le même diocèse, et aumônier du duc de Bourgogne , lorsque ce prince , qui gouvernail la France pendant la folie de Charles VI, le nomma à l'évéché de Coutances , vacant par la translation de Nicolas de Tliolon» Plusieurs le disent originaire de Crévecœur dans le Cambrées , mais nous croyons que c'est à tort.

Malheureusement c'était encore un évéque de cour ; nous ne disons pas ceci pour infirmer son mérite et sa bonne volonté , nous conviendrons au contraire qu'il passa de longs intervalles dans son diocèse, pendant lesquels il exerça utilement les fonctions épiscopales ; mais c'est que cette qualité le rendait odieux aux Anglais , que le duc d'Orléans , antagoniste du duc de Bourgogne , avait appelés en Normandie , et qu'ainsi il était souvent obligé de fuir devant leurs persécutions. Alors il se retirait soit a la cour, où l'appelaient ses fonctions d'aumônier, soit à son abbaye de

(1) L'évoque de Coutances payait en cour de Rome 2500 florin» pour ses bulle*; Tévéque d'Autun en payait 4080. Cr la taie était évaluée i une demi-année du revenu de l'évcché, à l'époque de «a «vallon.

Beaupré, (ju'U affectionnait singulièrement ; toit au prieur* Ue Saint-Laut de Rouen. Nous ne refusons pas de croire , sur la parole de Rouault , qu'il employa son crédit à la cour en faveur de l'église : qu'il s'immisça dans les querelles suscitées par le savant Pierre d'Aitty à Guillaume <f Âvalon , évèque d'Evreux , qui avait émis des propositions hétérodoxes ; qu'il* s'employa , mais bien vainement, à Keitinctidn du grand schisme d'Occident ; qu'il obtint l'annihilation d'une ordonnance du régent , qui enjoignait aux juges hiques de réprimer la juridiction ecclésiastique. Mais nous parlerons plus volontiers des actes certains de- son- administration : nous en remarquons un de Rouen, par lequel il accorde , comme une faveur , aux chanoines de Saint- La ut de cette ville , de porter Taumusse et la tunique noire , au lieu de leurs capuchons blancs. Nous dirons à cette occasion que si la forme de L'habit monastique était bien prononcée , au moins jusqu'alors la couleur était arbitraire. Parmi les moines, les uns se vè tissaient de noir > Les autres de blanc ; les uns et les autres changeaient la couleur de leur vêtement, quand bon leur semblait. Il y en avait même, nous le voyons par le journal des visites d'Eudes Rigaud , qui portaient des habits de diverses couleurs , ou des capuchons rayés. Parmi les actes de L'évéché , il n'y ena qu'un qui mérite quelque mention : c'est celui , à la date du samedi & avril 1591 , par lequel il permet aux Jacobins de recevoir en leur église les morts de la ville , et de les enterrer dans leur cimetière , en payant , par arrangement , quarante-cinq sous tournois de rente à l'Hôtel-Dieu , qui prétendait avoir droit au quart du casuel des inhumations de Cou:ances.

Guillaume III mourut en son abbaye de Beaupré , le 20 avril 1408 (1) , et fut inhumé dans le chœur de l'église. On

(1) D'après Don Beaunier , le tombeau de Guillaume III , marque It 9» avril 1407, avant Piques.

voyait auprès de son tombeau celui de Jean de Crévecœur , mort au mois'de septembre 1402 , et celui de Marie de Sayeuse , son épouse.

Il portait pour armes , de gu.eu.le» à trois chevrons, d'or.

On lit dans l'histoire de la ville de Rouen ( tom. 6 , p. 27. ) , Richard de Caumont : ce prieur ( de Sainl-Laut ) a été évêque de Coutances , et est mort l'an 1395. C'est évidemment une erreur , ou bien il faut convenir que ce Richard, de Caumont ne fut qu'un évêque sufTragan t > comme on parlait alors , ou chorévêque , chargé de remplir les fonctions d'ordre épiscopal en l'absence de l'évèque titulaire.

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