Jeah de Marle
( De MarnA, de Merulâ. )
Jean de Marie , protonotaire apostolique , fils du chancelier Henri le Corgne de Marie, et de Mathilde Lebarbier , fut enfin nommé à l'évéché qu'il avait précédemment ambitionné. Il fut sacré à Paris le 31 août 1414. Aussitôt après son arrivée à Coutances, le métropolitain lui adressa l'ordre
d'aller prêter entre ses mains les sermens accoutumés , et payer le past a ses chanoines , sous peine des censures ee* clésiasiiques. Les suffragans de Rouen priaient entre les. mains de l'archevêque , ou enire celles des vicaires capitu- Uires , en cas de vacance * le serment de soumission à l'église de Rouen. Le pasl était un festin que les évèques devaient après leur consécration aux chanoines de la métropole ;. mais au lieu de festin , ils s'en, liraient ordinairement pour une somme de centécus. Jusqu'à l'accomplissement de ces. deux formalités , ils n'étaient point reconnus $e l'église do Rouen , et no pouvaient assister aux conciles pioyinciaui ^ ni être élus aux assemblées ecclésiastiques.
Jean de Marie s'était acquis une grande réputation , Unt dans la charge de conseiller que dans ce\le de maître des requêtes, et oe prélat éminent eût fait en d'autres circonstances beaucoup de bien au diocèse de Couiances, dans lequel il vint résider , et qu'il paraissait affectionner. Mais dans des temps semblables la politique la guerre et les factions font oublie^ le devoir , et ne laissent pas à la meilleur» volonté le moyen de se produire.
Toute la France était dans le plus grand désordre , la cour divisée entre diverses factions , la capitale agitée par des émeutes ; le* Anglais faisaient de grands progrès en Normandie , le roi était complètement insensé. Le 16 mars 1417,, Nicole Paynçl, gardien de Coutances., remit , par capitulation , la ville aux Anglais , commandés par le comte de Uantitone. L'cvéquç était du parti du duc d'Orléans et des Anglais ; mais il était plus souvent a Paris que dans son évéché. Il assistait aux assemblées du conseil d'état, il prêtait, aux Orléanistes l'appui de son talent et de son crédit. Mais YiUicvs de I'IIc-.\dam s'élant rendu maître de Paris pour le diic de Bourgogne , les hommes influens du parti opposé furent jetés en prison : en tr autres l'évêqucde Coutances e>
«on père , les évêques Je Baveux , d'Evreui , de Seohs , de» Saintes. Le peuple les en tira bientôt , dans une horrible se~ dition , n\ais pour les massacrer. Le détail des atrocités commises envers ees malheureuses victimes , mène après, quelle* avaient cessé d'exister , est capable de faire frémir. Jean 1* Corgne de Marie oftrait, pour racheter sa vie , une grande somme d'or , dont il était porteur , mais ce fut en xaiu : les assassins lui ravirent son or et sa vie, C'était le 12 juin \UiS. Son corps resta exposé quelque temps., avec celui de son père , dans les champs de la clôture de SainHIaxiiu , et il y fut enfin inhumé,
U portait pour armes , (1 argent, à la bande de sable , cfcar* fée de trois mollettes d'argent..
$.° Pakbolphe be Màlatmtà, ( De MaJctéle. )
Après ta mort de Jean de Marte , deux gradués de l'unixersilé se mirent sur les rangs pour obtenir l'évéché : c'étaient Jean d'Harcourt et Nicolas Habart de GranviUe, mais ils furent écartes par un Italien auquel personne ne songeait.
11 y avait alors à Rimini une famille du nom. de Malatesta., noble, riche, puissante et illustre. L'un des membres de cette famille, nommé Charles, parut avec éclat au concile de Constances., en qualité de plénipotentiaire du pape Grégoire XII. Son fils , du nom de Pandolpbe , y assistait en qualité de député du chapitre de Bologne , dont il était chanoine et archidiacre. Ce* archidiacre , qui était en outre référendaire du siège apostolique , fui adjoint au conclave qui éhit Martin V.
reconnaissance de ses bons offices , le nouveau pape , dès qu'il connut les événemens de Paris, le nomma de son pre-
pre mouTcmenl , par droit de réserve , cvêque de Cou lances, et le sacra de ses mains.
La Normandie était couverte d'Anglais , ils étaient maîtres (te toutes les villes , mais ils ne possédaient point le cœur des habitans; au contraire , la haine du peuple les accompagnait partout ; d'ailleurs la faction du duc d'Orléans était en baisse , et ceux-là même qui avaient vu d'abord avec satisfaction les étrangers, commençaient à les redouter. Henri V, roi d'Angleterre , s'étant rendu maître de Rouen , Tan 1419 , convoqua tous les prélats de la province pour recevoir leur serment de fidélité. Plutôt que de le prêter, l'archevêque, Louis d'Harcourt, s'enfuit et laissa saisir son temporel ; l'évêque de Cou tan ces, au contraire, s'empressa de se rendre à Pontoise , et de satisfaire à celle demande ; son serment fut vu d un mauvais œil par ses diocésains. Us en manifestèrent leur mécontentement à Pandolpbe , qui regrettait le beau ciel de l'Italie , et la tranquillité dont jouissait sa patrie j ce fut pour lui une raison déterminante : il quitta Coulances pour n'y plus revenir, après y avoir établi des grand-vicaires, pour le gouvernement du spirituel ; et des économes , pour l'administration de son temporel.
En 1424 , il fut transféré au siège de Patras , mais il dut y éprouver de nouvelles disgrâces, ou ne s'y plaire pas mieux qu'à Coulances , car nous le retrouvons quelques années plus tard à Rimini , d'où il fut chassé , avec toute sa famille , par le pape Clément VIII. Il mourut fort pauvre à Ferrarc. Le dernier rejeton de celle illustre famille mendiait à Rimini , en 1664.
Pandolpbe portait bandé d'or et d'azur , échiquelé d'or et de gueules , de six pièces.
TABLEAU DE L'HISTOIRE CONTEMPORAINE
ÉTB5EMEKS.
HOMMES CÉLÈBRES
1401. Terrible épidémie dans le
Louis d'Estouteville , seigneur de Bricouebec , Hambie . Movon , capi-
diocèse de Coutan-
laine des gentils-hommes qui défen-
ces.
dirent le Mont-Saint-Michel contre les
1423 et années
Anglais.
suivantes. On cons-
1386. Le très-célèbre Pierre Leroy,
truit la tour, le
natif d'Orval , est nommé abbé du Mon l-
chœur et quelques
Sainl-Michel.
chapelles de l'église
1421. Nicolas Habart de Granville ,
de Cherbourg.
nommé évéque de Bayeux.
Notes.
(À) Epttaphe de Gille» Deschamps, dans Féglisa métropolitaine de Rouen , dans la chapelle de la Vierge :
In hàe sepulturd jacct bonœ memoriœ quondam eminenti»aima scientia, nobilis vir magister jEgidiu* dé Campit., de- Rothomago oriundu» , sacra- theologiœ eximiut profeswr , tpiscopus Constantiensii >. ae sacrosanctœ tctletia Romane» pretbyter eardinaiis , Conttantiêiuit nuncupatu» , qui ootift atmo DotnÂni 1W3 , die quintd martii.
Députe 14*4 Ju «qu'en 14»».
PHILEBERT DE MONTJEti.
Philebert de Montjeu , natif de Lyon , issu d\me fa» mille noble et ancienne , chanoine d'Amiens et archidiacre de Ponlhieu , disputait 1 evéché d'Amiens avec Jean dollarcourt , lorsque celui de Cou lances vint à vaquer par la translation de Pandolphe. Le duc de Bourgogne et le duc de Belhford , régent de France pour le roi d>Angleterrc , «entendirent , dit-on , pour le présenter à la nomination du souverain pontife , Martin V. Quoiqu'il en soit , Philebert fut promu le 10 mai 1424 , il reçut l'onction des mains de f archevêque de Rouen , Jean de la Roche-Taillée , et vint prendre possession de son siège vers la fin de Tannée.
Heureuse f église de Coutances d'avoir un tel prélat , si les divisions politiques lui eussent permis de jouir de sa présence jusqu'à la fin : en lui les vertus sacerdotales et la la science la plus élevée , jointe à une éloquence maie et per» suasive , s'alliaient aux plus belles qualités de l'àme et du cœur , et aux formes les plus douces. Malheureuse Normandie ! Malheureuse église l Gomment les prélats eussent-ils pu résider dans des temps si difficiles ? Il leur eût fallu être variables comme les succès des partis ; se maintenir à tout événement entre des ennemis , et ne pas perdre l'estime de
leur troupeau. Aussi la plupart des églises étaient -elles veuves de leurs pasteurs. Thomas Bazin , évéque de Lisieux , dans l'apologie qu'il fil pour lui-même , dit que les temps étaient si malheureux, que les prélats cherchaient des moyens et des prétextes pour abandonner leurs peuples ; et que plusieurs évéques de la province , entr autres deux de Coutances : Pandolphe et Philebert , avaient été obligés de s'exiler eux-mêmes loin de leurs sièges.
Les six premières années de l'épiscopat de Philebert s'accomplirent dans ces pénibles circonstances ; parmi les actes de son administration nous n'en distinguerons que deux , et encore soni-ils d'une importance minime. En 1426, d'accord avec son chapitre , il retira du Mont-Sainl-Michel , où elles étaient exposées à devenir la proie des Anglais , de grandes sommes d'or et d'argent qui y étaient en dépôt pour l'église de Coutances. En 1427 , il intenta procès devant le parlement à l'archevêque , Jean de la Roche-Taillée , qui avait entrepris de visiter de force la maison de Sainl-Laul de Rouen. Cette affaire dura 22 ans et fut terminée par des lettres royaux contraires aux moines et à 1 evèque.
En Fan 1431 , Philebert de Montjeu quitta son diocèse pour se rendre au concile de Râle , dont l'ouverture se lit le 23 mai. Ce fut lui qui célébra la messe du Saint-Esprit à l'ouverture de ce célèbre concile j il lut ensuite le décret d*indiclion , puis il entretint les pères de leurs travaux préparatoires : c'est assez dire qu'il occupa presqu'à lui seul cette première séance. Il présida la congrégation générale dans laquelle l'assemblée dénonça au monde chrétien sa résolution de demeurer à Bâle , et d'y continuer ses travaux malgré la volonté de la cour de Rome , et les obstacles qu'elle y pourrait apporter. Elle avait déjà déclaré précédemment sa supériorité à l'égard du souverain Pontife.
îl dit encore la messe d'ouverture de la deuxième session,
et il y poria la parole. Il présida la quatrième, la cinquième et la sixième , par l'élection des pères : les nonces du pape étaient les présidens de droit , mais ils se retirèrent aussitôt que le concile manifesta la volonté de réformer l'église dans son chef et dans ses membres. A la dixième, il parla longuement sur ce texte , qui vo» audit me audit, et qui vos tpemit me s p émit , et le développa dans le sens de l'omnipotence du concile œcuménique. Dès le commencement de cette sainte réunion des princes de l'église, il avait brillé comme une vive lumière ; lorsqu'il en fut devenu le président, il s'éleva au-dessus d'eux comme un roi puissant au milieu de sa cour, lldevint l'âme du concile, en même temps que son chef.
À cette gloire si grande, il en joignit bientôt une autre plus solide encore : celle d'être l'apôtre de deux grandes nations. Les peuples de la Bohème et de la Moravie étaient séparés de 1 église catholique par l'hérésie de Jean Hus ; le saint concile désirant les rappeler à l'unité , leur envoya une ambassade , choisie parmi les membres les plus savans et les plus éloquens , à la tête de laquelle il plaça Philcbert. Les ambassadeurs partirent de Bâle le 14 avril ; le 6 juin suivant, ils ouvrirent à Prague les conférences pour la réunion; elles se prolongèrent jusqu'au mois d'août , le peuple y assistait en foule, et la plupart des villes de la Moravie et de la Bohême y avaient envoyé des députés. L'onze d'août 1433 , Philebert partit de Prague , avec des ambassadeurs des deux na lions , pour aller faire part au concile des conventions mutuelles , et rai en demander la sanction. Le concile accorda l'usage du calice à ces peuples , qui consentirent à se conformer à la croyance , et à suivre en tout le reste les coutumes de l'église romaine. Philebert et les ambassadeurs quittèrent donc bientôt le concile et reprirent le chemin de la Bohème. Enfin ,1e jour Saint-André, c'est-à-dire, le dernier jour de novembre , le concordat fnt signé ave*- la ville
de Prague ftt une partie des peuples de la Bohême. Nota p*t avec loua* car les Bohémiens et les Moraves étaient divisés en diverses factions > dont plusieurs se faisaient la guerre. Ce fut alors que Ton vil Philebert déployer les ressources d'une politique profonde et heureuse) autant qu'adroite; Il s'adressa aux catholiques du pays > au concile , aui riches , aux princes , et réunit promptemenl de grandes sommes. La ville de Pilsna, toute catholique > était assiégée par les forces réunies de deux partis opposés au catholicisme ; moyennant quelque peu d'or , il eut bientôt semé la division parmi les alliés, qui se retirèrent spontanément* chacun de son coté, laissant la champ libre à la ville assiégée. Par le même moyen, il fit élire dans les diverses populations > et même jusque parmi les ennemis de la religion , des chefs qui lui furent personnellement dévoués. Quant à celles des factions qu'il ne put réduire ainsi, il arma contre elles les catholiques et elles furent subjuguées ou détruites.
Un esprit vulgaire eût cru en avoir fait assez , puisque tout était prêt pour la réunion des deux nations ; mais Philebert pensa que tant que ces peuples seraient en république , son œuvre ne serait pas consommée , puisque les partis hérétiques , plutôt étouffés que convertis , pourraient d'un instant à l'autre reprendre le dessus ; le gouvernement républicain étant variable de sa nature. 11 entreprit donc de leur rendre un mailre ; c'est-à-dire de les remettre sous l'obéissance de l'empereur Sigismond. Une diète générale des deux nations fut indiquée a Ralisbonne ; l'empereur s'y rendit de son coté, Philebert et les députés du concile s'y rendirent du leur : Sigismond y fut reconnu et proclamé.
11 ne restait donc plus qu'à étendre le concordat à toutes les villes et à toutes les populations des deux pays ; alors il se présenta une infinité de difficultés de détail , qni firent voir au prélat que si la politique est bonne pour conduire les
peuples , elle n'avance guère l'œuvre de leur conversion. Il était revenu à Bàlc, ainsi que la légation. Une assemblée générale des deux nations était convoquée à Brinn ; il dut donc se rendre en cette ville, avec ses collègues. L'assemblé*» se tint en juin et juillet 1435, mais il n'y eut rien de terminé. L'un des membres de l'ambassade, Jean de Polémar, archidiacre de Barcelone , revint à Biile faire part au concile des propositions et des demandes formulées par l'assemblée. Quant à Phileberl , il se rendit , de son côté , à Vienne , près de l'empereur Sigismond. Une autre assemblée générale fui indiquée pour le mois de septembre , à Albe-Royale : elle s'y tint sans plus de sucoèt. L'empereur en indiqua une nouvelle à Iglaw , pour le mois de juin 1436 ; il s'y rendit , la dépulation du concile également ; enfin , après de longs débals , la réunion désirée y fut consommée le cinq juillet. La Bohème et la Moravie toutes entières rentrèrent dans le giron de l'église catholique. , .
Le lendemain , févéque de Coûtâmes , revêtu de ses ornemens pontificaux , monté sur un théâtre élevé , environné d'un appareil extraordinaire , au milieu des membres de la légation, en présence d'une foule innombrable , humblement prosternée , leva ses mains vers deux royaumes , et d'une voix forte et émue donna l'absolution à deux peuples. La lettre que les ambassadeurs écrivirent en commun au concile , encore sous l'impression de l'enthousiasme cl des émotions (mi avaient profondément ébranlé leur àme dans cett>" imposante elglorieusecérémonic, pour lui faire part de la conclusion de leurs travaux, est d'un slyle si mâle el si nombreux que nous n'osons la reproduire en français. Comme elle n'apprendrait d'ailleurs aucun fait nouveau, cl qu'elle est commune à plusieurs , elle n'appartient pas nécessairement à noire histoire. Elle est signée Philebert, évéque de Coulances ; Jean de Polémar, auditeur du palais apostolique ;
Martin , doyen dt Tours ; Thomas de Haselbach , professeur de théologie.
C'esi ainsi que cel homme puissant par la science et la parole sut diriger un concile général , remuer deux nations , les conduire à ses fins , les gouverner, même avant quelles fussent à lui , et enfin accroître la catholicité de deux royaumes*
Cette grande affaire étant ainsi terminée , Philebcrt revint a Bàle. Mais pendant que tout ceci se passait , le concile et le Souverain Pontife se faisaient la guerre , celui-ci voulut même transférer le concile à Florence. Un grand nombre d evèqucs s'y assemblèrent en effet , mais il en resta aussi une partie qui prétendirent le continuer à Bâle ; ils allèrent jusqua déposer le Souverain Pontife et à lui donuer un successeur , dans 1? personne de Félix V. Un des députés du diocèse de Coûtantes, nommé Nicolas Thibout, entra par élection dans le conclave. Mais le sage Philebert s'abstint de toute participation à ces actes sch isma tiques , il quitta le concile ; et comme l'étal de la Normandie ne lui permettait guère de revenir en son diocèse , il s'en retourna vers ses chers peuples de la Moravie et de la Bohème , afin de veiller au maintien de la foi , qu'il avait plantée au milieu d'eux , par tant de soins et de travaux.
Philebert avait emmené avec lui un de ses chanoines , du nom de Henri Manger , qui se distingua dans le concile , et fut chargé d'une mission auprès du pape Eugène IV. 11 institua, pour gouverner le diocèse pendant son absence, deux grand»vicaires , nommés Guillaume d'Aubert et Hugues de la Haye , que quelques-uns ont dit être ses neveux , et chargea Nicolas Habarl , évéque de Bayeux , de faire les ordinations* Les vicaires généraux tinrent des synodes et publièrent des statuts. Ceux de l'an ik&h sont uu tarif des obla lions , pour b réception des Sacremens. H nous font voir que le cu-
Yé recevait une offrande pour le baptême , la confession,l extrême-onction. H y est dit que celui qui avait fait ses pàques devait payer enterrement au curé de ta paroisse, en quelque lieu qu'il mourût dans Vannée; fût-ce à mille lieues. L'on y voit qu'il fallait pour présenter un enfant au baptême trois parrains eï trois ma rraines , sans plus. Qu'une femme grosse d'enfant ne payait pour sa confession que%elan ce qui est d'usage. L'honoraire du sacrement de mariage y est ainsi fixé : quatre deniers pour chaque ban , autant pour la confession ; pour l'offrande, un denier et deux cierges bénis ; douze deniers pour la bénédiction du lit ; dix-huit deniers pour le registre ; cinq sous de supplément , lorsqu'il y a une des parties d'une paroisse étrangère ; dix-huit deniers pour la messe du lendemain des noces.
Us Anglais étaient partout les maîtres dans le diocèse de flou lances ; aux environs , la guerre se faisait avec des succès divers. Le Monl-Sainl-Michcl était toujours leur point de mire , mais il bravait tous leurs efforts , et la garnison en sortait quelquefois pour les battre. Lord Suie , sénéchal de Normandie pour le roi d'Angleterre, dégoûté du port de Genêts, où les navires et les marchands de sa nation étaient continuellement exposés à ses surprises, fieffa , pour un chapeau de roses vermeilles , de Jean d'Argougcs, seigneur de (ira lot, le fief de Lihou : c'esi-à-dirc , une plaine escarpée toul-à-l'entour, s avançant dans la mer , audessus de laquelle elle s'élève de plus de cent pieds , qui ne lenait au continent que par un isthme facile à couper, el qu'on appelle le Deux , ou le roc de Granville. 11 fonda dans ce lieu , naturellement fortifié , une nouvelle ville , dont Philippe Badin , abbé de la Luzerne , posa la première pierre en 1 MO. Quelques années plus iar*l , quand elle fut construite et murée , un détache^ ment de la gainisnn du Mont-Saint -Michel arriva à l'impro*
vislo , l'enleva «l'un coup de main , ei elle resta à la France.
Pendant que ces évènemens s'accomplissaient en Normandie , Philebert terminait ses jours loin de son église : il monrulà Prague le 20 juin 1438, ou 1439, et fut inhumé , le premier juillet suivant , dans I église métropolitaine de cette ville , avec les honneurs dus à son mérite, ù son rang et à sa qualité. Homme d'une taille superbe , d'une belle figure , d'un extérieur gracieux , d'un abord prévenant ; doué d'une voix sonore , d'une élocution facile; rempli de zèle et de piété : quelque chose d'extraordinaire répandu sur toute sa personne , lui donnait sur ses semblables une autorité dont ils ne pouvaient se défendre. Son zèle ne connaissait point d'obstacles : les ravages d'une peste meurtrière , qui régnait en Bohême et en Moravie , ne purent le détourner ou l'arrêter dans ses démarches pour la conversion de ces royaumes. Aussi , Jean Nider , témoin de ses travaux , rapporte-t-il comme un fait miraculeux , et admis comme tel par tous ses compatriotes , que l'évéque traversa souvent les lieux empestés , demeura au milieu de la contagion ,'habila dans le foyer même du mal , sans jamais en être atteint , ni aucun membre de la légation du concile.
Il portait pour armes , d'or, semé de billettes de sable, au lion lampassé de gueules.