‹ Histoire des evêques de CoutancesChapitre 57 sur 158 · C.EFFROl II HERBERT · texte numérisé non relu

C.EFFROl II HERBERT

( Jean. — Janus,Jofflriàu$. — Hesbcrt, nébert. )

Les auteurs qui ont traité de notre histoire diocésaine , et fe silence des diverses recherches de noblesse , ont jeté quel-, qu'incertitude sur ta famille , la patrie, la condition et même le nom de notre second («effroi ; il est positif cependant qu'ir était Parisien , et fils de Monêeûjnettr ' mensire Jean Herbert, seigneur d'Ossonvilliers, surintendant général destina rrtes de France ; et de da m oiteï 'h Jeanne G nériri. Ces particularité* nous sont révélées par l'acte d'une fondation obituaire, à la date de l'an 1500 , faite par l'évéquc lni-memc en faveur de ses père et mère. Cette acte tiré du carlulairc de h cathédrale a été conservé par Touslain. H parait par différens autres actes , publics et particuliers T qu'il portait aussi les titres de sieur du Yergier et de sieur de Coinpon.

< ■effroi avait en expectative l'évéehé de Mende , lorsqu'il reçut la résignation de Julien de la Rovèrc ; son sacre eut lieu peu de temps après , car il prêta dès l'année même serment de fidélité au roi , pour le temporel de son églises (Vpeielaul s;i prise de possession fut différée jusqu'au derni»M -jour de décembre l'i79 : ce fut Etienne Dclamare , arebidiaerc des îles , qui prit possession en son nom. Geffroi la

prit personnellement lui-même vingt-cinq jours plus lard , après avoir prêté à l'église métropoli laine les sermens d'usage.

Coutances ne Urda pas à s'apercevoir qu'il avait vraiment un cvèque : ses premiers soins furent pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique, eet objet qui devait être le bol constant de ses efforts , pendant sa longue administration : il assembla bientôt son synode , et porta des ordonnances ; elles sont datées de 1479 , suivant l'usage d'alors. Nous allons extraire quelques articles des su luis qu'il publia en 1481 , pour faire connaître a nos lecteurs des particularités de l'histoire du temps: le xix.° institue des processions qui doivent être faites chaque dimanche , avant h mené paroissiale , dans le but de demander à Dieu la paix intérieure du royaume, te nombre des fêtes clioinables fut réglé de nouveau dans le même synode; il y a plusieurs différences avec l'ancien règlement, que nous avons cité précédemment , mais ce n'est pas en faveur des fériés , car le nombre des fêles d'obligation est porté à quarante-neuf par chaque année ; sauf la permission accordée aux moissonneurs de travailler les jours de la Sl-Louis , de la décolla lion de Saint- Jean , de l'exaltation de la Sainte-Croix t de la Saint-Pierre ès-Licns , et de la SaiiU-Harthélemy i pourvu qu'ils aient assisté à la messe , au moi us en ces deux deruiers jouis.

\as ix.' article des statuts de l'an 14*7 défend les danses , les assemblées , les jeux dans les cimetières et les églises. Le xvi." nous apprend que les clercs se rendaient de toutes parts aux inhumations des riches , même sans en être invités , mais dans la vue de la rélribulion : < \ sl un abus qui esl sévèrement proscrit. Le xx.c nous révèle la défaveur dans laquelle étaient encore les moines mciulians auprès des cures cl de l'autorité , cl les moyens qu'ils employaient pour se procurer des aumônes; le prélat les réprime sévèrement. Difl'ércns autres nous font connaître que les blasphémateur* faisaient

unc pénitence de sept jours au pain cl à l'eau , el de sept dimanches à la porte de I église , ayant les pieds nuds et la corde au cou. Que les curés donnaient à dîner à tous les clercs de leur église en certains jours de fêtes ; usage que ceux-ci voulaient faire passer en droit , et dont I evéquè affranchit les curés , à leur volonté ; avec injonction cependant de chanter les vêpres , en un cas comme en l'autre ; et menace d'excommunication contre ceux qui s'y refuseraient. Il faut se rappeler qu'il y avait dans chaque paroisse un grand nombre d'ecclésiastiques : c'est-à-dire d'hommes qui avaient reçu la tonsure ou les ordres mineurs , mais sans intention de passer outre.

L'archidiacre appelaitaux synodes les noms des dignitaires dans l'ordre suivant : i.° les abbés de Montebourg , Lessay , Saint - Laut , Saint-Sauveur , Cherbourg , Blanchclande > Saint-Sever , Hambye ; 2.° les prieurs de Sainl-Frémond , de la Bloulièie ; 3.° les doyens de la Chrétienté, deCérences, de Saint-Pair , de Cavray , de Centlly , de Périers , de Carenlan , du Beaaptois , delà Haye-du-Puits , de Saiut- Sauveur-le-Vicomte , de Barneville , de Saiut-Laul , du Hommet , du Val-de-Vire , de Percy , de Monibray , de Valognes , d'Orglandes , du Plain , des Pieux , du Val-de- Saire , de la Hague , de Jersey , de Guernesey.

Geffroi Herbert ne tarda pas à encourir la disgrâce de Louis XI ; nous voyous en effet par les actes du parlement de Paris, que dès le jeudi 22 juin 1480 , il comparaissait à la barre de celte cour, pour rendre compte de sa conduite , et qu'en conséquence de ses déclarations , ou de la prévention , il fut immédiatement ccroué dans la tour carrée de la Conciergerie. Au mois de septembre de la même année , son temporel fut mis en la main du roi , par arrêt de la cour ; mais le vendredi 2 2 décembre suivant , il fut élargi par un nouvel arrêt, prononcé au reçu d'une simple lettre du roi.

Gellroi jouissail de la familiarité de la puissante fouille d'Ainboise , el en conséquence il avail eu quelques rapports, peut-être même quelques liaisons , avec le duc de Bourbon , auquel Louis faisait faire alors uu procès capital , ainsi qu'à plusieurs de ses otticiers. Mais comme l'innocence de uoliv prélat fut bientôt reconnue , le roi , qui avait à satisfaire quelque vengeance contre lui , ne voulant pas le relâcher ainsi à son honneur , le fil accuser de sorcellerie : uu orfèvre vint et déposa qu'il lui avait vendu une bague enchantée. Singulière déposition , qui eût dû provoquer l'arrestation du déposant , soit comme faux témoin , soit comme complice , soit comme sorcier lui-même ! Comme celle seconde accusation ne se soutint pas plus que la première , el qu'on ne sut plus quelle chose inventer , on le relaxa , mais en qualité d'insensé. Tout cela est bien digne de Louis XI. Pour venger notre évéque de celle persécution imméritée, nous rapporterons une ridicule et détestable superstition de son persécuteur. Il existait une petite croix , appelée la croix de Sainl- Laul, très-célèbre parmi les reliques d'alors, el qui tirait son nom soit de la ville de Sainl-Laut , à laquelle elle avait appartenu , soit des reliques de ce Saint qu'elle passait pour contenir ; Louis XI , qui prélait serment sans difficulté sur toute autre relique, ne voulut jamais le prêter surj celle-ci , alléguant pour excuse son respect pour la croix du Sauveur : c'est que le dicton populaire portait que celui qui faussait un serment fait sur celle croix mourait dans l'année ; or le bon roi , qui ne tenait guère à ses sermens , mais qui tenait beaucoup à sa vie , ne voulait pas courir une telle chance.

D'après ce qui vient d'être dit , on peut croire que notre Geffroi vit avec satisfaction l'avènement de Charles VIII à la couronne de France. Ce prince le dédommagea de l'injuste haine de son prédécesseur , en l'appelant dans ses conseils , où nous le voyons figurer dès l'année 1483. L'occasion de

consoler de ses malheurs une autre victime de Louis Xi ne larda pas à se présenter à lui : le cardinal Balue , ancien ministre de ce prince , qui l'avait fait retenir pendant onze ans dans les fers , d'où il ne sortit que sur les pressantes sollicitations du souverain pontife , et par ^entremise du cardinal Julien de la Rovère-, fut envoyé en France , en. 1484 , par le pape Sixte IV , en qualité de légat à latere \ comme on délibérait en parlement sur la réception de ce lé* gai , dont l'envoi paraissait à la plupart des conseillers une insulte à la France et à la mémoire de son roi , à cause de sa conduite passée et de ses qualités personnelles , Gcffroi parla si bien en sa faveur, que sa réception fut résolue sur le ebamp , et son entrée dans Paris immédiate.

Plus tard aussi il fut permis aucardinald'Àmboise , devenu ministre de Louis XII , de faire beaucoup pour son ami , l'évéque de Coulances. Chargé du soin du royaume de France , il ne pouvait plus s'occuper de la Normandie , dont il était gouverneur , ni de son diocèse de Kouen : il institua (ieffroi son lieutenant pour la province, et son remplaçant pour l'évêcbé. L'an 1500 , ce prélat fil a Rouen l'ouverture du jubilé séculaire , en place de l'archevêque ; mais il arriva Hn grand malheur : c'était le 8 décembre, les rues étaient recouvertes d'une épaisse couc he de verglas gelé sur le pavé , la foule était grande autour de la métropole , et lorsque I cvéque vint à donner la bénédiction du haut des galeries extérieures, lo pied manqua a plusieurs personnes, qui se prosternaient pour la recevoir ; comme on s'empressait à les relever , il se lit autour d'elles un léger émoi , les voisins n'en connaissant pas la cause furent pris d'une panique , qui se communiqua ; chacun voulut se sauver , il y eut foule , presse , confusion extrême , et plusieurs personnes furent étouffées dans la foule ou écrasées : ous les pieds.

Par la protection du n,ê:nc carénai , (iclfroi devint pre-

nier président du parlement de Normandie , lorsqu'il la* institué en 1499. Pendant les huit ans qu'il remplit cette Haute et délicate fonction- , il s'acquitta de ses devoirs avec tant de justice et de sagesse , que le peuple le proclama par-» tout le grand justicier de Normandie. C'est lui qui fit édifier le beau palais qui servit depuis aux assemblées, et que l'on, a nommé le palais du parlement. L'an 1507 , Geffroi se démit de la présidence , pour ne plus s'occuper que de son salut et des soins qu'il devait à son troupeau.

Cet évéque dut gagner des sommes considérables , car il fit des dépenses, énormes., et laissa encore beaucoup d'argent en mourant. Son panégyriste , Guillaume de la Marc , dit cependant qu'il n'eut que les revenus de son évéclié , mais, cela est incroyable. Geffroi acheta de JeaAne de France , veuve de l'amiral de Bourbon , la baronnie de Saint-Vastla-rHougue , la terre de Courcy , au diocèse de Séez , et celle d'Anaeville-en-Saire , pour le prix de 5000 livres tournois. Il aclieta de grands biens a Sqinteny , la terre du Bose^des-Préaux, à Sainl-Jean-des-Champs ; il acheta pour ta somme de deux raille quatre ceuls livres la dime de Hébécrévon. Il donna cette dime à sou chapitre. Il donna aussi une partie de ses autres biens à la cathédrale , à charge de quelques fondations. Il dépensa de grandes sommes à la céédilicalion de l'église Saint-Pierre de Goutances , dont il posa la première pierre le jour Saint Georges de l'an 1494. 11 rebâtit le palais épiscopal de la ville de Saint-Laut. U lit bâtir le château de la Motte avec un luxe royal : deux raisons l'y déterminèrent : premièrement le désir de se procurer ainsi qu'à ses successeurs un refuge : une forteresse en temps de guerre , une maison de plaisance en temps de paix ; la seconde de donner de l'ouvrage aux pauvres ; car il avait coutume de dire , qu'il aimerait mieux faire travailler des ouvriers estropies , que de donner l'aumône à des mendiait*

valides. H lit de grands biens au collège d'Harcourl : il y fonda quatorze nouvelles bourses , il augmentâtes bourses existantes pour la théologie , il lui lit le don testamentaire de son tiel' du Bosc-des-Préaux. 11 lit de grandes aumônes à la cathédrale , et il augmenta ses revenus ; il y fonda six entans de chœur ; il réédifia les maisons du chapitre. Il fit faire et donna à la cathédrale une ample et magnifique tapisserie de haute-lice , fond argent , or et soie , sur laquelle étaient représentés les travaux d'Hercule , accompagnés chacun d'un buitain explicatif allégorique. L'ou y voyait aussi les sept péchés capitaux terrassés par les vertus qui leur sont opposées. Ce beau lapis servit long-temps à la décoration de la cathédrale.

Parmi les Officiers les plus distingués de Geffiroi , nous compterons un de ses frères du nom de Louis , chanoine de Coutances , de Bayeux et de Rouen , curé de Tamerville et de Saini-€ermain-dc-Tallevende , puis abbé de Sainl-Laut , et évéque d'Avranches ; un de ses neveux , du nom de Charles Herbert , archidiacre du Val-de-Vire. Un cordelier , son vicaire général , natif de Beuieville , auteur varié , fécond et estimé dans le temps , nommé Nicolas de Nisse ; un autre de ses vicaires généraux , du nom de Jean de Pellcvé , qui ne fut guère moins célèbre ; Jean de Cerisay , de b famille des seigneurs de Vesly , son officiai, grand prévôt de Normandie ; un autre officiai , déjà cité , nommé Guillaume de la Mare , bon théologien , et meilleur prédicateur. C'est ainsi que les grands hommes savent produire les hommes de science et de génie , et s'en entourer comme d'une auréole de gloire. Au sufFragant , Jean , évéque de Janopolis , avait succédé Guillaume Chevron , curé de Sautchevreuil , puis de Savigny , évéque de Porphyre , in partibus in fi de lin tu.

Le grand-vicaire , Jean de Pellevé , fut député par le bail-

lagc du Cotenlin , aux émis de Tours , assembles au mois «le janvier 4584.

Outre la procession dominicale dont nous avons parlé , (ieffroi fonda encore à la cathédrale les vêpres canouiaJcs; et pour tout le diocèse , l'office hebdomadaire de la Sainte- Vierge : c'est celui qui se fait le samedi dans les fériés ; il nous est resté presque tel qu'il le composa.

Sous son administration , furent jetés les fondemens du collège de Coulantes , par Jean Hélye , prêtre , natif de Heugueville ; ce fut l'an 1499.

En 1485 , Geffroi assista aux étals généraux de Normandie , avec l'évéqued'Avranchcs , les abbés du Monl-St-Michcl , de Monlebourg , de Notre-l)ame-dn-Bosc, deSaint-Sanveurle-Vicomte , de Hambye , de Savigny , de Montmorel , de la Luzerne ; les dovens d'Avranches et de Cou tances , le grand chantre de Coutanccs, les prieurs de Sainl-Frémond et de Hohon.

En 1481 , le différend au sujet des inhumations se renouvela entre l'église Saint-Pierre et le couvent des Jacobins. Il fut réglé que ceux qui voudraient choisir leur sépulture aux Jacobins , il leur serait accordé selon leur demande , mais qu'avant tout , leur dépouille serait porlée à Saint-Pierre, et que l'on y ferait l'office. Dans cet accord il n'est nullement question de Saint-Nicolas.

On trouve une expédition de la cure de la Sainl-Trinité de Jersey , en faveur de Jean Nicole, en l'année 1497. En cette même année , l'évêque de Porphyre fit les ordinations à Jersey cl à Cuernesey , aux mois de juin et de juillet .

(icITroi mourut le premier février 1510 , en son château de Courcy , près Argentan ; il emporta en mourant l'estime , la vénération et les regrets sincères de son troupeau. Son corps fut rapporté :i Coutanccs trois ans après , et inhumé

vlans le sanctuaire de la cathédrale , sons le reliquat* , qttt >élait alors entre les deux piliers , du coté de l'évangile.

H "portail pour armes, d azur, au sautoir d'or, cantonné tle quatre étoiles de Même.

ÀDRIEK Gt>UFFrBR , CARDINAL , SURNOtfMÉ DE

Boisy.

Fils de Guillaume Gouffier , seigneur de Boisy , Oiron , feonivct , Baron de Rouanois , Bflaulévrier , conseiller , premier chambellan du roi , ancien gouverneur de Gkaries VIII > Sénéchal de Sain longe , gouverneur de Touraine , et de Philippine de Montmorency > dame de Vitry , Adrien fut pourvu de dignités ecclésiastiques dès sa jennesse , par l'effet d'une dispense d'âge > et devint doyen de Thouars , abbé de Corincry ,Bourgdieu , Fécamp , Sainl-Florcntin , Sainl-Nicobtjd'Angers , du Bec et de Cormeilles. 11 obtint aussi une charge de prolonotaire apostolique , ce qui était un acheminement à l'épïscopat , et enfin il fut élu à 1 evêché de Coulanccs , par le chapitre de cette ville , sur la présentation de la cour. I-e souverain pontife approuva son élection le 15 avril 1510 j il fut sacré par l'archevêque de Rouen le 2 mai suivant , et prêta à l'église métropolitaine les sermens d'usage. Le 10 février 1511 , il vint prendre possession de son siège. Il arriva le 9 au soir à l'Hôtel-Dieu , où il coucha ; le lendemain matin , il se rendit à la chapelle Sainl-Maur , et de là il parcourut pieds nuds tout le trajet jusqu'à la cathédrale. C'est-à-dire qu'il observa toutes les cérémonies delà prise de possession solennelle ; nous les décrirons plus tard.

Honorablement accueilli par ses diocésains , ce prélat prit de son côlé tant d'allaehcmenl pour eus , qu il fui presque trois ans sans sortir de son diocèse, el il paraissait devoir y

vvsider perpétuellement , lorsque la fièvre noire vint le* chasser. Celte maladie fit de tels ravages à Cou tances dans l'année 15 14 , que 4a ville devint -presque déserte. Ce fut au point que les chanoines , les vicaires-généraufc , les gens riches , n'avaient plus personne à les servir : les habitons des vampagncs n osaient plus entrer dans la ville , quelque pressante affaire qui les y appelât ; l'office fut interrompu dans tes églises ; fofficiaJilé fut obligée d'aHer établir ses bureaux à Orvaf , et l'évoque de son côté abandonna son palais et se retira à la cour , d'où il ne devait plus revenir.

En 1 513 y Adrien avait été convoqué au ban et arrière ban , à raison de sa baron nie de Saiut^Lant , pour laquelle il devait le service de quatre ehevahers ; il ne comparut pas , et laissa saisir son temporel : ou ne dit pas la cause de son absence dans cette occasion. La môme année , il obtint f exemption a perpétuité des logemens militaires en faveur des ecclésiasti-2» qties de son diocèse. En \ 51(5 , il fit confirmer cette exemption par le roi François premier.

Ce prince , qui honorait Adrien de son amitié , le prit pour son aumônier ; dès-lors on n'eut plus d'espoir de le revoir à Coutanccs , et il n'y revint pas en effet.

Il suivit le roi à Bofogne , lors de l'entrevue de ce prince avec le Souverain Pontife , pour arrêter les bases du concordat. Ce fut lui qui ourrit la négociation , le 19 décembre 1515 , mais il eut le bon esprit de s'en retirer à temps : le clergé de France et les parlemens accablèrent de leur haine le chancelier Dupral , qui la conclut.

Si quelqu'un fut adroit dans cette affaire , ce fut Léon X : il se joua de toute la sagacité , de tout l'usage du vieux chancelier , comme on se joue des volontés d'un enfant ; si quelqu'un fui heureux , ee fut 1 evèquc de Coutanccs : il atteignit te point , qui n'a peul-élic jamais été atteint par personne , «le contenter tout le monde. Il satisfit le clergé , en se rcii-

rant à propos de la uégocialion ; il satisfit en même tempe les parlemcns , qui le députèrent pour faire au roi des remontrances sur le concordat. En l'ouvrant , il satisfit le Souverain Pontife, qui le nomma cardinal quelques jours après ; il satisfit le roi , qui le transféra bientôt à 1 cvèché d'Alby , beaucoup plus riche que celui de Coulanccs. Ci ne n'est pas là un singulier bonheur , et une heureuse adresse , c'est incontestablement la preuve d'un mérite supérieur , reconnu de tous côtés à la fois , et c'est encore mieux.

Le 20 septembre 1519, Adrien Gouflier fut transféré à levèclic d'Alby , ou pour parler plus exactement , il céda , moyennant la retenue d une pension , son évéché de Coulances au légat , Bernard Diviti , et fut assez heureux pour éire nommé prcsqu'cn même temps à Févèché d'Alby (*).

Il eut pour grand-vicaire à Coulanccs un de ses frères , nommé Aimery , qui lui succéda sur le siège d'Alby , et que plusieurs auteurs ont cru , mais à tort , lui avoir succédé pareillement sur celui de Coulanccs. C'était toujours le suffraganl , Guillaume Chévron , qui remplissait les fonctions d'ordre.

Adrien mourut au château de Villendrein , près Issoudun , le 24 juillet 1523.

Il portait pour armes , d'or , à irois jumelles de sable.

(1) L évéquc d'Alby payait 20000 florins pour ses bulles, el celui de Coulanccs seulement 2500.

TABLEAU DE L'HISTOIRE CONTEMPORAINE

HOMMES CÉLÈBRES

i486, Mort à Sainl-Laut, cl sépulture « Avranchcs , de Jean Boucard , évoque d' Avranchcs.

1507, Election de JcanCIéret, de Blainvillc , prédicateur cl confesseur de Louis \1I , au géntiralal de l'ordre de Saint-Dominique.

1510, Promotion à févéché d' Avranchcs de' Louis Hcr))erl , abbé de Saint- Laul , frère de Geiïroi , évèquc de Coutanecs.

1520, Naissance, à Saint-Sauvcurle-Vicomte, de Guillaume Lambert, éditeur et réformateur de la coutume de Normandie.

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