‹ Histoire des evêques de CoutancesChapitre 56 sur 158 · Bèxoit de Mostperranb · texte numérisé non relu

Bèxoit de Mostperranb

Lie pape Paul II conféra à Bénoît de Montferrand levéehé de Coulances , vacant par la mort de Richard-Olivier de Longueil.

Benoît , issu d'une ancienne famille noble du pays de Bresse , était abbé de Saint-Antoine «!c Vienne en Dauphiné , ou plutôt général de son ordre , car celte abbaye lui en conférait de droit la puissance. Assez mal avec son abbaye , le souverain pontife crut nécessaire de l'en éloigner, pour y remettre l'ordre cl la paix ; car Benoit n 'était pas d'un caractère à plier à quel m'a-commodement , ou même à vivre tranquille : il en dota donc l'évéelié de Coulances. Dès la fin de Tannée , le nouvel évéque apparat au milieu de son troupeau , mais sous de bien fâcheux auspices : le chapitre en masse refusa de le recevoir. Bénoll avait fait aflicher ses bulles aux portes de la cathédrale , sans les avoir auparavant présentées à h vérification du chapitre , comme il était de droit el d'usage ; le chapitre refusa de le reconnaître , jusqu'à

h» que justice eût élé faite à son «Iroil . Lcvéque cxcommiima i iiapiif c « tîi ce tut k {il tiuu i «m.ic cic son «Mtmintstrulion ; le chapitre appela au métropolitain , Guillaume d'Eslouleville , el en attendant cessa son office ; le mélropoliiain annula l'excommunication. Le chapilre triompha , et peutêtre lit trop éclater sa joie î les curés prirent parti pour le chapitre ; alors Benoit ne sachant plus contenir sa violence , se livra à Unis les accès de sa colère : mais autant de sentences , autant d'appels , et autant de morlihca lions pour levèque , dont les censures étaient toujours annulées. Jusqucs-là le prélat ne put exercer aucunes des fonctions épiscopales, ni faire aucun acte durable de juridiction. Mais ce qui était bien pisencore, peut-être, c'est que le roi tenait toujours le temporel de l'évèché en régale , refusant de reconnaître un évêque qui n'était pas reçu dans son église. Se fâchant même aussi sérieusement contre lui que le chapitre de (Ion tances, il demanda au souverain pontife , mais sans pouvoir l'obtenir , que Bénoit fui éloigné, el que Jean Boucard, évêque d'Avranches , fût transféré à Cou tances. Enfin , en 1A76 , il obtint son éloignement : le souverain pontife consentit que Bénoit échangeât avec Julien de la Bovèrc , évêque de Lausanne. Il avait quillé Crtutances au mois d'août iUlb , pour se retirer en son abbaye de Saint-Antoine , au grand déplaisir de ses religieux. Il quilla bientôt de même son évèehé de Lausanne , et revint encore à l'abbaye. Le pape , qui le traitait avec plus d'indulgence qu'il ne méritait, le nomma à l'archevêché de Mousliers , capitale de la Taren taise. C'est là qu'il mourut , mais non sans l'avoir encore abandonné temporairement , pour retourner à son abbaye.

Il portail pour armes , pallé d'argent el de sable de six ' pièces , au chef de gueules.

On pourrait mellre en question si ce prélal , qui ne fut pas reçu, qui ne fit aucunes fondions, qui n'exerça librement

aucune juridiction , qui ne jouit jamais des revenus de l «vécue , fut réellement évéque de Coulauces.

2.° Julien de la Rovbbe , Cardinal et ensuite pape sous le nom de jules 11.

Ce n'est pas a nous d'éclaircir le mystère de l'origine de Julien de la Rovère : que sa famille lût d'une ancienne noblesse et d'une grande illustration , ou bien , ce qui parait le plus probable , qu'elle descendît d'un pécheur du village d'Albizoles, près Savonne , il nous importe peu. Julien était neveu du pape Sixte IV, qui 1 éleva à toutes les dignités ecclésiastiques , et le combla de biens et d'honneurs. Les historiens ne sont pas d'accord sur les dates de ses diverses entrées en fonctions , ni sur leur ordre ; nous dirons donc simplement qu'il fut évéque de Carpentras , cardinal au litre de Sainl-Pierre-ès-liens , évéque d'Albano , Ostie , doyen des cardinaux , évéque de Bologne , Avignon , Lausanne. Tel était son litre plutôt que sa fonction , lorsqu'il fut , comme il vient d'être dit , transféré à Cou lances > le 1 5 juillet 1476. 11 envoya pour gouverner le diocèse à sa place , et en recueillir les revenus , Georges du Mesnilpény , docteur ès lois , doyen de l'église collégiale de Sainle-Marie-la-Neuve de Villeneuve , qui pril possession en son nom , le 18 octobre de la même année ; pour lui , il ne vint jamais à Coûtâmes. C'est ce grand vicaire qui signa aux Franciscaius de Saint-Marcou , l'autorisation de s'établir à Valognes ; l'acte est du 23 juillet 1477 , et relaie les noms de huit ou neuf religieux. I^a communauté , établie d'abord à Jersey , avait élé obligée de quitter celle île , par suite des guerres entre l'Angleterre et la France. Elle s'élail fixée aux lies Saint-Marcou en \U2U , avec la permission de l'abbé de Ccrisy ; mais Guillaume Le-

lellicr , écuyer , seigneur et baron de la Lulhumiére , far ayant donné un emplacement à Valognes, en 1458 , elle se décida d *y bâtir une maison , pour se loger plus à Taise.

Le 16 janvier 1478 , Julien se démit en faveur de Geffroi Herbert. De ce moment son histoire ne nous appartient plus. Nous dirons seulement qu'il fut élevé à la papauté ^ le 31 octobre 1503.

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