Chapitre
Dcputo 1640 Jasqo'en 165 S.
Claude Auvry.
Claude , né à Paris, de parcns négocians , s éleva de cetw obscurité dune naissance plébéienne jusqu'aux plus belles prélalures ; voici par quels moyens : après ses humanités , un oncle Tappela à Rome , pour y faire sa philosophie j à la fin de ses cours , le jeune homme eut l'heureuse idée de dédier ses thèses au Souverain Pontife , Urbain VUI ; cette hardiesse lui réussit : le Pape le connut , 1 estima et le récompensa du prieuré de Chasienay on Lorraine , du grand archidiaconé et d'une prébende à Toul. Ces rapports avec la cour de Rome le mirent aussi en rapport avec la cour de France ; Richelieu le connut cl l'employa. Claude n'avait que vingtsept ans encore , que déjà le cardinal l'envoyait en mission à la cour de Turin. Plus lard , il eut le bonheur de lier connaissance avec le successeur de Richelieu ; il entra même fort avant dans ses bonnes grâces : le Souverain Pontife crut ne pouvoir choisir quelqu'un plus agréable à Mazarin, pour lui apporter la barelle.
Claude avait en expectative l'évèché de Saint-Flour (i) , lorsque , par suite d'arrangemens entre lui , le cardinal et
(1) En 1788,'Sainl-Flour était estimé à 12000 livres, et Coulances à 4WXX) livres.
Léonor de Matignon , il lut pourvu de celui de Coutances y lé 27 juillet 1646* Le Souverain Pontife lui accorda , le 3 dé^ cembre suivant, ses bulles gratuitement (*). Innocent X poursuivait les cardinaux Barberini, qui se retirèrent en France ; Mazarin Saunait ni Innocent , ni les Barberini , cependant il adopta ceux-ci en haine du premier, et les pourvut convenablement. Claude Auvry , qui était camérier du cardinal , entreprit la réconciliation des trois partis et l'obtint j celle habileté lui valut, de la part du Souverain Pontife , la faveur que nous venons de dire , et de la part du cardinal Barberini , archevêque de Reims , le grand-vicariat de celte métropole. Cependant il faut avouer que l'armée Française t qui s'approchait de Rome , aprè9 avoir battu les Espagnols * tt prisPiombino et Porlo-Longo , poria au Souverain Pontife des paroles non moins éloquentes que celles du camérier.
En attendant que le nouveau palais fût prêt à le recevoir , le prélat se faisait précéder par quelques douceurs : il obtint aux habitans de la ville de Coutances une diminution des* tailles , une exemption des logemens militaires , la translation en un autre lieu des prisonniers Espagnols , dont la garde était à leur charge.
Enfin , le 15 février 1647 , il fut sacré à Pontoisc , paf
les mains de Dominique de Tye , archevêque d'Auch. Il fit — — — — — ^— ^— ^— — —
(1) C'était une remise de 2500 florin!, Le florin est Une piécé d'argent d'une valeur nominale de 2 francs et quelques centimes: mais, en cour de Rome, sa valeur réelle varie selon que les bulles Sont plus ou moins taxées; de sorte qu'elle est plus grande, & mesure que la taxe est moindre , et plus petite , à mesure que la taxe est plus grande. Ainsi, lévéque dè Coutances, au lieu de 6000 et quelques livres, valeur de 2500 florins, payait 13230 livres. Cela vient de ce qu'il y a une foule de buralistes, par les mains desquels les bulles doivent passer , et qui prennent des boqoraires Aies, en sus de la taxe*
son entrée solennelle à Coulances , le 15 septembre suivant Nous allons décrire celle solennité avec quelqu étendue.
Il était d'usage que nos évèques , lorsqu'ils se soumettaient au cérémonial de la prise de possession solennelle , allassent coucher la veille à la maison des pauvres j c'est*a-dire , à Motel-Dieu : c était sans doute un bel exemple qu'ils donnaient, et une belle leçon qui leur était donnée à eux-mêmes. Claude Àuvry s'affranchit de cet usage ; il arriva par Bayeux j quatre chanoines l'atlendoicht aux limites du diocèse ; le sieur Lcpileur , l'un d'eux , l'arrêta là , pour lui adresser une harangue. Le sieur de Costentin , gouverneur de Cou^ tances , qui était allé deux lieues à sa rencontre , à la tête d'un détachement de cavalerie , le harangua pareillement.1 Plus près de la ville , une députation des officiers de la vî* comté et de l'élection l'attendait , et lui adressa deux ha-1 rangues , étudiées en l'école de Minerve * comme dit le bon Hilaire de Morel. À une lieue de ta ville , le sieur de Saint- Simon , maire de Coulances , accompagné des échevins el d'un corps de bourgeois , l'attendait et le harangua à son tour. La milice bourgeoise , nommée les escouades des quartiers , était à un quart de lieue , « tambours ballans , mè-
* che"allumée, enseignes déployées ». A l'entrée de la ville f le prélat descendit de son carrosse j c'était où messieurs du présidial l'attendaient pour lui adresser une harangue , par la bouche du sieur d'Agon < Six chanoines , députés du chapitre , accompagnés du clergé des paroisses el des couvens f l'attendaient vis-à-vis l'église Saint-Nicolas ; le sieur Cartel, chanoine, alla quelques pas à sa rencontre et lui h* tune harangue. Enfin , il put mettre le pied dans une église ; « il entra
• dans celle de Saint-Nicolas , la chapelle Saint-Floxel , dite » maintenant Saint-Maur, étant pour lors occupée C'était par la visite de cette chapelle que nos évèques commençaient les cérémonies de leur réception -T de là , ils se rendaient nu-
|>fods à la cathédrale, lorsque le temps et la saison te permet* taient. chapitre, en corps et en costume, attendait à la porté de la basilique } lorsque Claude y arriva, le sieur de Franquetot, grand-chantre, l'arrêta sur le seuil, pour lui présenter le livre des évangiles à baiser, et lui demander les sermens accoutumés , de conserver les droits , privilèges , honneurs , libertés , coutumes , statuts de son église , de la cathédrale et du chapitre j ce qu'il fit en posant la main sur le saint livre , après que ledit sieur de Franquelot lui eut adressé une harangue. Pendant ce temps , le clergé de la ville était enfermé dans la cathédrale ; après les sermens , les portes furent rouvertes , les chanoines et le peuple entrèrent par le portail , et l'évéque , par la porte de Saint-Laul , sur le seuil de laquelle il s'agenouilla. Il monta à un trône qui lui était préparé dans la nef, entonna le Te Deutn, et à la fin , il donna la bénédiction. Après le verset et l'oraison , le sieur de FranquetOl alla le chercher à son trône, le prit de la main gauche, l'introduisit dans le chœur , le conduisit à . l'autel , qu'il loucha et baisa en même temps , pour prendre possession de la cathédrale. Au retour , et sur les degrés du sanctuaire , comme il le conduisait à son trône épiscopal t ses officiers lui mirent ses souliers de cérémonie. Pendant qu'il y était en prières , les chanoines , réunis dans la salle du chapitre , délibéraient de sa réception en qualité de chanoine. Après le délibéré , le sieur de Franquelot vint , accompagné de trois chanoines , lui faire part de la délibération ; il le conduisit au chapitre, où il reçut les insignes canoniales , et prêta les sermens d'usage pour les chanoines ; il le ramena au chœur , où il le mil en possession de sa stalle de chanoine , qui est la première , du côté du trône j il y reçut les chanoines au baiser de paix, suivant leur rang d'ancienneté ; il y reçut aussi la présentation du pain et du vin. Eusuite , il descendit au chapitre , pour signer l'acte de
sa réception; rentra au chœur, pour prendre possession lui-même de sa stalle canoniale ; redescendit au chapitre , à Tentrée duquel le sieur de Mortain lui adressa une harangue latine , à laquelle il répondit dans la même langue. Il offrit à son tour le baiser de paix à ses chanoines , car alors il avait pris le premier rang, et leur présenta le pain et le vin ; après quoi , il rentra au cœur , pour assister à la messe canoniale, qu'il entendit dans sa stalle de chanoine. La présentation do pain et du vin était un simple et touchant indice d'union et de fraternité entre les chanoines et 1 evêque , entre 1 evêque et son troupeau ; car la ville aussi loi présentait le pain et le vin , comme nous allons le dire. Pendant la messe, « la musique joua les plus jolis airs du monde, et » les mousquetaires firent retentir les alentours de la ca- - thédrale de l'escopéterie la plus agréable qui se soit ja- » mais entendue. » Après la messe , il sortit par la petite porte de Saint-Georges , et fit son entrée en son palais. « La ville fit présenter à sa table , par ses quatre échevins ,
• le pain et le vin. Après le dîné , la musique ; elle joua
• l'excellent Ingredere, couché en neuf parties. En ce
• jour, il régala d'importance les sieurs du chapitre ; le len-
• demain, il festoya messieurs du présidtal. •
Le sieur de Gonneville tint l'étrier à l'évéque descendant de cheval , et le servit à table, suivant les aveux de sa terre ; la haquenée de l'évéque , et la coupe d'or de laquelle il s'était servi à table , lui étaient dues pour ce service ; il les reçut et les rendit aussitôt , avee la plus grande courtoisie.
Les sieurs de la Pommeraie marchèrent devant l'évéque , pour faire ouvrir le passage devant lui , le long des rues et à l'entrée de son palais ; là , ils lui présentèrent deux couteaux et quatre fers à cheval , service obligé de leur seigneurie.
Après avoir donné des fêtes , Claude Auvry en reçut à son
tour ; puis après les jours de fétc , vinrent des jours pleins de soucis ; mais n'en parlons pas encore.
Au jour de rentrée solennelle , des mals-de-cocagne s'élevaient sur les places publiques , les rues de la ville étaient jonchées d'herbes et de fleurs , les maisons sées ; les portes , les églises , les puits , les édifices publics , la fontaine de Saint-Nicolas, étaient couverts de banderoles , de devises , de couronnes , de guirlandes , des armes de l'évâque et de la ville , seules ou réunies ; de chiffres , de pièces de vers , d anagrammes. Son nom fut anagrammatisé de cent façons diverses.
L'auteur de toutes ces belles choses , et qui nous en a conserve le souvenir dans son triomphe de F église de Coutancet , se nommait Hilaire de Mord ; homme de lettres , écrivain fort poli pour le temps , conseiller clerc au présidial. 11 avait pour anagramme Lyra Jlotneri ou bien héros lyra Deliux , etc. , etc. L'anagramme do Claude Auvry, que Ton appelait aussi Monseigneur d' Auvry, était au ciel vivra, ou bien encore vir oui diva laus , etc. , etc.
Claude Auvry avait puisé dans l'habitude des deux cours les plus polies du monde une urbanité de paroles et de manières qui lui gagnait tout d abord l'amour et la confiance. Dans une visite qu'il fit au Mont-Saint-Michel, le 2 mai 1648, il déploya un tel luxe de politesse et de bonnes manières , que les moines s'éprirent tout-à-coup d'un bel amour pour lui , et versèrent presque des larmes , quand , le lendemain, il vint à les quitter. Un mois après , ils lui envoyèrent cinq de leurs religieux , sous la conduite du père Girou , Cclérier , pour recevoir les ordres de sa main. Outre sa politesse ordinaire , il les accueillit avec une telle distinction , que ces bons moines en étaient tout ébahis.
En septembre 1649 , il eut l'honneur de recevoir dans son palais Charles 11 , roi d'Angleterre , et son frère le due
d'York : ces princes revenaient de la cour de France , et faisaient leur retour en Angleterre. Claude alla fort loin audevant d'eux , les plaça dans son carosse , les logea dans sa maison , et , le lendemain , les conduisit au bord delà mer , a Blainville , où ils s'embarquèrent pour Jersey , sur des vaisseaux Hollandais.
En l'an 1650 , cet évéqne appela les Eudistes à Coutanecs , pour leur confier la direction de son séminaire ; l'acte est du 8 décembre. Dès le commencement de l'année suivante , ces religieux , encore dans la ferveur de leur nouveauté, arrivèrent et se construisirent une maison , malgré divers obstacles. Elle ne fut pas sitôt achevée , que le feu la consuma ; mais elle ne fut pas sitôt détruite , qu'elle sortit de ses cendres et plus belle et plus vaste. Il reste encore une partie des édifices : ils sont situés au bas de la rue Froide , vulgairement rue de la Mission , à laquelle ils ont donné ce nom , car les Eudistes étaient connus sous le nom des Missionnaires.
Cou tances prenant part aux guerres du temps, se divisa entre les Mazarins et les Frondeurs ; Claude , fidèle à ses amitiés , fut du parti des Mazarins. Non content de l'appuyer par l'autorité de sa parole et de son ministère , il voulut aussi lui préier le secours de ses armes. On le voyait donc parcourir les mes, à cheval, armé de toutes pièces, dispersant les séditieux , veillant à la conservation des deniers du gouvernement, rétablissant l'ordre et le calme. Cependant la guerre ne lui réussit pas aussi bien que les négociations ; car le duc de Longueville , gouverneur de la Normandie, et qui tenait pour la Fronde , ayant donné ordre à Matignon, lieutenant do roi , d'arrêter la personne de fe'vêq ne y il jugea prudent de quitter secrètement la ville , et de se retirer à la cour. Sa bonne volonté ne resta pas toutefois sans récompense , car le eardinal lui donna la trésorerie de la Sainte-Chapelle, dont
le revenu était assez considérable, (1) Après le départ du prélat , ( '.ou tances subit le joug des Frondeurs. Cherbourg , Valognesct Saint-Laul le subirent pareillement, mais plus tard , cl après les événemens d'une guerre tantôt contraire , tantôt favorable , et au milieu dune misère populaire plus grande qu'il ne se puisse imaginer. Ceci se passait de 1649 à 1652; mais le prélat fut moins de six mois absent du diocèse, et il sentit la futilité de ses efforts déplacés , car à son retour il ne se mêla plus de la guerre.
Outre le désagrément de sa fuite , ces divisions politiques lui causèrent d'autres malheurs, peut-être plus sensibles eneore, et qui empoisonnèrent le reste de ses jours : le parti qu'il avait pris d'appuyer si ostensiblement le cardinal Mazariii, qui était presque universellement haï, lui aliéna son chapitre de Coutanccs , celui de la Sainte-Chapelle , et le métropolitain , François de H aria y. Peut-être aussi , comme on le lui reprochait , Claude était-il impérieux , sévère , obstiné; mais en d'autres temps , ces défauts eussent été sans conséquence : les divisions politiques s'armant de tout , et poussant tout à l'extrême, font naître les haines et les prolongent.
Quant au chapitre de Cou lances , les querelles se résolurent en un procès long et embrouillé, qui roulait sur plusieurs chefs : premièrement , Claude avait fait dans les bois de levèché un abalis d'une valeur de douze cent quatre-vingt-dix livres. Secondement , la cathédrale souffrit en 1650 et 1651, par l'efiel des tempêtes , des dommages estimés à une somme de cinq mille livres. Le chapitre contesta à l'évéque le droit d'abattre des bois de haute-futaie; l'évéque, de son côté , prétendit charger le chapitre des réparations de la cathédrale , et le chapitre voulait s'en décharger entièrement.
(1) En 1721 , le revenu du trésorier de laSainlc-Chapcllc était estimé à 7000 livres, et celui de l'évéché de f.oulaneesà 20O0O livres.
Après une longue procédure , il y eul prononcé de jugement à Cou tances , levéque perdit sur le premier chef, et sur le second les frais furent mis à charge commune. 11 y eut rappel dé part et d'autre, mais la sentence fut confirmée; il fallut donc la mettre à exécution. Si le jugement termina le litige , il ne termina pas les prétentions réciproques; et les serviteurs de levéque prenant à la discussion une part dont leur maître ne les avait pas chargés et qu'il ne pouvait avouer, se permirent , une veille de Noël , d'exciter en plein chœur de cathédrale un tumulte , par suite duquel il y eut dans le chapitre une explication trop vive entre le prélat et ses chanoines. 11 crut devoir en porter plainte à la justice, mais les chanoines faisant cause commune , il ne se trouva plus de témoins, et l'affaire en resta là. 11 semble cependant que Claude Auvry méritait bien quelques égards de la part de son clergé , car il en était le protecteur ; et de la part de son chapitre , car il était le bienfaiteur de la cathédrale. On se rappelle le marché désavantageux d'Arlur de Cossé avec Matignon, au sujet de la ville de Sainl-Laut. Et bien , il ne tint pas à Claude Auvry que celle ville ne rentrât dans le domaine de l'église de Coutances : il entreprit de faire résilier l'échange , et la famille de Matignon se vit condamnée à donner un supplément de trois mille livres de rente , en place desquelles , elle céda les trois superbes terres de Tournières , Catenville et Bonfossé.
François de Harlay, archevêque de Rouen, l'humilia peutêtre encore d'avantage , lorsqu'il le frappa de suspense et le déclara irrégulier. C'était en 1655 , et voici à quelle occasion : Claude était élu député par le clergé du diocèse à rassemblée de Gaillon , dont l'ouverture devait se faire le 25 octobre ; or , sur ces entrefaites , il lui arriva de célébrer une ordination à Paris, en l'absence de l'archevêque , et sans sa permission , au moins sans sa permission actuelle et spéciale ; il est
à croire qu'il en avait une générale , ou précédente. François de Harlay en ayant eu connaissance , lança la sentence que nous venons de dire , et cette sentence le rendait inhabile à prendre part aux délibérations de rassemblée. C était le 18 septembre , notre évéque ne perdit pas un instant ; il envoya sur le champ à Rome un courrier , qui lui rapporta à temps une sentence d'absolution , laquelle levait la censure , et déclarait l'ordination valide. Ainsi il put assister à la réunion.
Abreuvé de chagrins et de dégoûts , il prit le parti de quitter son évéché , en attendant une occasion favorable pour s'en décharger tout-à-fait. Il se relira auprès de son ami , le cardinal Mazarin , qui le reçut dans son propre palais. Il data tous ses actes de ce même palais, comme si c'eût été le sien propre. Il nous reste de son administration un statut sévère contre les mariages clandestins. Il fit son premier grand-vicaire à Coutances de son précepteur , qui se nommait Abraham Bazire.
Au mois de septembre 1658 , il permuta son évéché avec Eustacbe Leclerc de Lesseville, contre l'abbaye de Saint- Crespin de Soissons , moyennant aussi une retenue de douze mille livres sur les revenus de l'évêché. Dès-lors , il ne s'occupa plus que de la direction de la Sainte-Chapelle. Cependant il y rencontra de nouvelles contradictions à surmonter, et de nouvelles- humiliations à subir ; car il se crut obligé , pour maintenir l'honneur de sa dignité et de sa place, d'entrer en contestation avec ses chanoines , et ce fut à celte occasion que le célèbre Boileau composa son Lutrin.
Malgré tous ses malheurs, Claude Auvry n'en fut pas moins un prélat vertueux , savant, un habile homme , et un pontife digne de nos respects. 11 mourut subitement à Paris le 9 juillet 1687 , à l'âge de plus de quatre-vingts ans. Lorsque sa mort fut connue à Coutances , le chapitre lui fil un service solennel, auquel M. de Blanger, anciennement son
oflicial , prononça l'oraison funèbre, cl l'évêque oflicia. La ville en Gt faire un second , dans 1 église des Jacobins ; ce qu'elle n'avait jamais fait pour aucun prélat; et l'évêque en fit célébrer un troisième , auquel il officia de nouveau.
Claude Auvry portail d'azur, à la fasce d'or, chargée d'une tête de lion crespi , de sable , lampassée de gueules , accompagnée de trois roses d'argent , deux en chef et une eu pointe.
TABLEAU DE L'HISTOIRE CONTEMPORAINE
HOMMES CÉLÈBRES
1653. Le 6 février, naissance , à Saint-Laut , de Joachiin Legrand , écrivain judicieux.
1655. Naissance , au Mesnil-Villeman , de Antoine Pàlé , curé de Cherbourg , mort en odeur de sainteté.
Vers ce temps vivaient , le père Adrien Jourdan , écrivain , confesseur de la reine de Pologne , natif du diocèse de Coutances ; — le père Jacques Dubos , cordelier , auteur ascétique ; — le sieur de Saint-André , médecin à Cou tances et auteur -, — Jacques Duchevreuil , natif de Coulances , astronome , philosophe , nommé en 1622 syndic de l'université de Paris ; — le père Archange , ermite de la maison de Sainl-Sever , qui composa l'histoire de son ordre.
EUSTACHE LECLERC DE LESSEV1LLE. — CHARLES- FRANÇOIS DE LOMÉNIE DE BRIENNE.