‹ Histoire des evêques de CoutancesChapitre 93 sur 158 · Du Diocèse de Coutancbs · texte numérisé non relu

Du Diocèse de Coutancbs

Dans le tableau suivant , nous donnerons les' noms latins des diverses paroisses, tels qu'ils nous ont été fournis par le Livre-Noir et une multitude de chartes du moyen-àgc (1) ,

(1) Extraites du N. Pia, du G. Christiana, d'un cartulairc du chapitre, des cartulaircs de plusieurs communautés.

en choisissant toujours le plus ancien. Mais il est bon d'avertir le lecteur qu'il y a ordinairement bien loin de ce nom laliu à l'étymologie des paroisses, quoiqu'il puisse quelquefois mettre sur la voie. Un très-grand nombre tirent leuruomde celui qui y a eu le premier un établissement , ou qui les a possédées a litre de seigneur ou de feudataire. Ce nom , presque toujours reconnaissable dans les Mènils , ne l'est plus presque partout ailleurs : tant parce qu'il n'a pas laissé de traces dans l'histoirc , que parce qu'il est venu à se corrompre dans le laps du temps. Toutes , ou presque toutes , les paroisses qui se terminent en Ville , n'ont point une autre origine. La Pilla des Latins cl des peuples du moyen-âge n'était point, comme on le croit communément , tout simplement une maison de campagne appartenant à un riche ; mais une propriété plus ou moins étendue, composée d'uirou de plusieurs hameaux , exploitée pour le compte du maître par un certain nombre de colons , qui étaient serfs de la glèbe; qui appartenaient euxmêmes à cette propriété , qui en étaient inséparables et se vendaient avec elle. Comme cet usage est tellement sorti de nos mœurs , qu'il ne reste plus dans la langue française de mol qui puisse exprimer la chose , nous serons obligé de conserver celui de Villa. Les autres paroisses tirent leur nom de leur position topographique , de circonstances particulières , et d'événemens qui s'y soul accomplis \ mais pour retrouver ce nom , il faudrait une connaissance approfondie de plusieurs langues anciennes , dont une n'existe plus , et dont les autres ne sont pas toujours reconnaissables dans leurs différons dialectes. Ainsi , la langue primitive de nos ancêtres était le Gallique, dialecte du Celtique, dont est dégénéré l'idiome Bas-Breton. 11 ne faut pas douter que celle langue n'ait laissé un grand nombre de ses mots dans le vocabulaire des noms de lieu. Elle disparut pendant la période Gallo-Romaine, qui a laissé elle-même de nombreuses traces de

son passage. O» poun ail donc retrouver bien des élymologies par le moyen de la langue La line ? Oui , si le Lalin de nolie pays eût été le Lalin classique de Ciccron el de Virgile , mais c'était le Lalin barbare nommé lionuuia Jliutica , qui n'est plus connu , parce qu'il n'est pas écrit. Après la langue Romaine, vint la langue Franque , apportée par les soldats de Clovis et de ses prédécesseurs , qui était elle-même un dialecte du Germanique ; puis la langue Danoise , apportée par les INormans , el qui était un dialecte du Scandiuavc. Or , eu supposant que quelqu'un connut bien toutes ces langues , on pourrait encore le mettre au déli de donner avec certitude el précision l'élyraologie de toutes les paroisses, Uni parce que le nom de plusieurs s'est corrompu , que parce que le même mot dans différentes langues signifie des choses différentes , et qu'en outre il faudrait connaître la position de tous les lieux , et l'histoire des événeiuens qui s'y sont accomplis.

Nous donnerons la liste des patrons présenta leurs de chaque cure , telle qu'elle nous est fournie par le tableau de 1665 ; il est vrai qu'il s elail opéré des changeiuens depuis , nous indiquerons ceux que nous connaissons , comme il s'en était opéré un grand nombre après la rédaction du Livre-Noir. Lorsque les maisons religieuses furent mises en régale , les droits de patronage furent partagés entres les abbés , ou les prieurs, et les moines ; mais comme ce droit appartenait originairement à la communauté toulc entière , c'est toujours elle que nous indiquerons.

Nous donnons la liste des établissemens religieux qui ont existé dans chaque paroisse ; mais nous conviendrons, qu'à notre grand regret , il en est plusieurs que nous ne connaissons point , particulièrement des chapelles. Nous ne parlons pas de celles qui étaient renfermées dans l'intérieur des châteaux. Il y a sans doute beaucoup d'églises dont l'architecture eût mérité une mention spéciale , mais nous ne les connais-

sons pas. L'architecture Romane est celle qui a été en usage depuis 1 époque du règne de Charleniagne, jusque vers la fin de l'onzième siècle ; cependant il est peu de nos édifices religieux qui remontent plus loin que l'invasion.

Nous ne parlons point des dîmes , parce que cet article nous eût entraîné trop loin. La taxe des décimes pour chaque paroisse peut servir d'échelle de proportion pour calculer la valeur respective des cures. Les numéros d'ordre servent de renvois pour les notes qui accompagnent le tableau.

Nous dirons que telle ou telle église , et non pas seulement le patronage , fut donnée à telle ou telle autre communauté : parce que la donation de l'église comprenait , de plus que le droit de nommer à la cure , celui de gérer les biens et les revenus , et de recevoir l'autclage , altalagium , c'est-à-dire le casuel.

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