AVERTISSEMENT
Un esprit tant soit peu sensible aux satisfactions de V amourpropre pourrait laisser déiorder son contentement en tête de la réimpression d'un ouvrage semblable à celui-ci. Vensemble & les détails d'études sur l'art populaire du dernier échelon qui, en 1867^ avaient du paraître singuliers au public. Us points historiques qui jaillissaient de la réunion des pièces gravées^ l'esthétique qu'on en tirait ^ peu à peu semblèrent admissibles. Um. période d'une diiaine d^ années avait suft pour faire comprendre aux gens empoisonnés par le factice ^ le charme de manifestations, naïves. '
Poussé par les sympathies de quelques esprits bienveillants y mù en garde par des critiques quelquefois sévères. Je me préoccupai plutôt des leçons ©^ des conseils que d'amicales approbations,. J'aime la rude voix de la vérité, d'où qu'elle parte ^ aussi hien m'aidait-elle à rectifier certaines interprétations symboliques, qui avaient pu se produire arbitrairement à l'époque ou. y entrepris: ces études.
De nouveaux monuments tr uvés^ la formation de collections publiques C^ privées^ la publication de monographies sur Vart céramique dans de petits centres ^ modifièrent quelques inductions du début.
A la longue d'ailleurs, l'esprit public s'était formé ; il y eut détente d'injures de parti pris contre la Révolution^ de même que de nouvelles modifications dans la façon d'apprécier l'art patriotique de la première République.
VI Avertissement.
« Enfin j disait alors un critique ^ la faïence mourut de la Révolution^ dont elle avait accepté les emblèmes pour en souiller ses poteries d'un galbe ignoble Ç5f d'une abjecte pesanteur. »
Aujourd'hui^ néfaste, ignoble, abject, en tant que qualifiant la Révolution ou tout produit de cette période, sont abandonnés par les hommes qui se respectent j ^ c'est un progrés que la sérénité avec laquelle sont étudiés les faits (S' les œuvres de nos aïeux.
La meilleure preuve est dans l appréciation qu'en a donnée un prêtre: « Ces faïences patriotiques, fabriquées de 1789 à ij^^. ont été longtemps négligées par les amateurs qui prisaient avant tout les beautés de l'art ornementatif £r qui trouvaient une ample satisfaction dans les chefs-d'œuvre céramiques de Nevers^ de Rouen j de Sinceny ^ de Mous tiers. Depuis une dizaine d' années ^ cependant y l'attention des curieux s'est portée sur ces modestes faïences de la Révolution oii se trahissent les goûts, les aspirations ^ les tendances ^ les sentiments de toute une époque ^ ou tout au moins les opinions d'une partie de la population. Ces fragiles monuments d'un art souvent grossier ont leur place marquée dans un Musée qui ne doit point exclusivement s'en tenir au point de vue de Vesthétique. mais accueillir tous les témoignages de l'histoire^. »
Tel était également mon idéal en 1867. J'émettais le vœu que ces humbles poteries populaires si instructives pussent entrer dans les grandes collections historiques. & former suite aux Musées o fi ciel s.
RoueUy Orléans . Amiens ont depuis lors donné une large place dans les Musées municipaux aux faïences patriotiques. Chacun les voit Cr elles sont devenues pour chacun un enseignement^ une source de méditation ^ un retour naturel aux idées républicaines.
Août 1875,
I. Abbé Corblet, Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie,
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