LE COQ
Il a une antique origine, le coq que la Republique introduisic dans son blason. Aristophane l'appelle l'oiseau de Mars, à cause de son courage opiniâtre dans le combat.
Les Dardaniens firent graver sur leurs monnaies deux coqs combatcant. en image de leur amour de la lutte. Suivant le témoignage de Pline , l'athlète Milon de Crotone portait constamment sur lui un petit os extrait du ventricule du coq, s'imaginant que cette partie extraite d'un oiseau si courageux prédisposait à la vaillance.
Les anciens avaient dédié le coq à Apollon, à Mars & à Mercure, comme avant-coureur deTaurore & symbole de lutte & de vigilance. Les naturalistes de l'antiquité, qui croyaient à son alliance avec le soleil, l'appelaient animal solaire. Artaxercés, roi de Perse, pour ennoblir un soldat qui avait vaillamment combattu, lui permit de porter, en signe d'honneur, un coq attaché au bout de sa javeline, & Phidias, voulant donner le dernier coup à une statue de Minerve, en tant que déesse des victoires, décora son cimier d'un coq.
En France, les L'Hospital. les de Vitry, descendants de
sous la Révolution.
l'illustre famille napolitaine Gallucia. portaient dans leurs armes un coq soutenant de la patte un écusson fleurdelisé.
A en croire La Colombière^, « Ton a accoustumé de mettre la figure de cet oyseau au plus haut du clocher des églises paroissiales pour donner à entendre aux Prélats qu'ils doiuent estre vigilants sur leurs troupeaux. »
Certains écrivains ont prétendu que ni le bonnet ni le coq ne furent des emblèmes de la liberté dans l'antiquité ou dans les Gaules-. Le coq était en tout cas un symbole de force & de courage chez les Galli cristati qui avaient pris ce nom à cause de leurs casques crêtes.
Camille Desmoulins partage les idées des anciens sur le coq : a J'ai regret, dit-il {Révolutions de France et de Brahantj 26 décembre 1790), que l'idée si heureuse qu'on avait donnée d'une enseigne nationale n'ait pas été adoptée à l'imitation des enseignes romaines. Un soldat portait au bout d'une pique un coq aux ailes déployées, emblèmemoins insignifiant que les fleurs de lis, puisque Gallus, chez les Romains, signifiait un coq & un Gaulois. Aux pieds du coq on lisait : Cantat expugnatque vicissim. « Il chante et combat tour à tour. » Et au-dessus du coq : Le peuple français, à l'exemple de ces mots sur les enseignes romaines, S. P. Q. R., « le Sénat & le peuple romain. » On a publié cette idée il y a plus d'un mois, je me plais à en parer mon journal. Je défie, ajoute Desmoulins,