I. Science héroïque, déjà citôe
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pour montrer qu'ils ne pouvoient endurer la seruitude ; cec animal est aussi fore courageux, hardy & cruel enuers ses ennemis, & il ne cesse iusques à ce qu'il les aie entièrement exterminez ; il est vigilant, adroit, léger, souple, & a des nerfs si bons que, pour haute que soit sa cheute, il tombe toujours sur ses pieds, c'est pourquoy il peut dénoter ceux qui ont l'esprit si preuoyant, que, de quelque costé que la fortune les agite, ils se trouuent toujours en bonne posture ; le chat peut aussi représenter ces vaillans guerriers qui défendent si bien les places où ils commandent, qu'il est impossible de les auoir sans beaucoup de peine & sans courir de grands dangers, d'où est venu le proverbe : vn tel chat ne se prend pas sans mitaine. Les anciens Romains portoient la figure du chat dans les enseignes des Légions qu'on nommoit d'Auguste, & dans celles des Héreux des vieilles bandes, & des Alpins. »
Suivant Bara, les Bourguignons portaient « d'or à un chat de sable tenant une souris de même. » Gundicarus, roi de Bourgogne, avait un blason 1 d'azur à un chat effarouché d'argent armé de gueules. » Les Katzbis, en Allemagne, étaient reconnaissables à leur blason parlant « d'azur à un chat d'argent contourné & courant en barre. »
En France, les La Chetardie , d'origine limousine, avaient pour armoiries : d'azur à deux chats passants d'argent, armoiries que La Colombiére explique ainsi : a Les chats montrent toujours leurs deux yeux & leurs deux oreilles, comme les léopards. » Ces blasons & bien d'autres firent que le chat resta dans l'armoriai.
Ce ne fut pas dans les traités de noblesse que la Répu-
Faïences patriotiques
blique alla chercher des emblèmes ; mais elle se servie quelquefois de cet animal indépendant.
Le dessinateur Boizot, qui consacra son talent au symbolisme rénovateur, a laissé une gravure de la Liberté. D'une
N° 58. Fabrique nivernaise.
main, elle s'appuie sur un joug brisé, de l'autre elle tient une baguette surmontée du bonnet phrygien ; à coté d'elle se voient une corne d'abondance, un oiseau s'échappant le fil à la patte, & un chat, double symbole de liberté ^
I. Quelques-uns de ces emblèmes ont été gravés dans mon livre : Les Chats, 3e édir., Rothschild, iSfîp.
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L'arc céramique populaire s'est rarement préoccupé du chat ; je ne connais que l'assiette ci-contre. Un chien & un chat veillent sur les emblèmes du Tiers avec la légende : Pran garde au chat. Ici l'animal me paraît avoir été employé autant en signe de défiance que de liberté. Accroupi. il semble dormir : mais si un traître osait toucher au faisceau sacré de la nation, aussitôt s'ouvrirait l'œil vert du chat, dont le regard toujours filtre à travers les paupières, regarde en face au moment du danger, & ne s'abaisse jamais devant l'ennemi.
Toutefois, un esprit judicieux me fait remarquer que le chat, représenté sur cette assiette, semble plutôt une sorte d'aristocrate méditant sournoisement des complots contre la République. Le chien, réveillé par une voix qui lui crie : Pran garde au chat! serait l'image du patriote aux aguets. Cette dernière interprétation me semble la plus satisfaisante.
Le chien fait rarement partie du blason révolutionnaire; je dois pourtant signaler, à titre exceptionnel, dans le cabinet de M. Delaherche, à Beauvais, un saladier où est peint un gros chien accroupi prés d'un faisceau de drapeaux; un canon, une épée, des banderoles tricolores entourent l'inscription :
Je vé lié (veille Pour la nation.
Mais le chien, quoiqu'il soit un fidèle gardien, n'est pas un signe de vigilance comme le coq ; aussi ce symbole a-t-il été peu employé par les potiers.