‹ Histoire des faïence patriotiques sous la révolutionChapitre 55 sur 77 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

FABRIQUES DIVERSES DE faïences patriotiques en FRANCE.

A l'heure qu'il est, l'étude de la faïence ancienne a pris un développement tel, qu'il se passe rarement un mois sans que quelque mémoire n'élucide l'histoire des fabriques françaises, & déjà s'est formée à l'usage des amateurs de céramiques une petite qibliothèque qui compte une centaine de brochures.

En ce qui concerne les recherches relatives à la faïence patriotique en France, je dus suivre un système particulier au début. Les pièces historiques dont je tentais l'histoire, avaient été d'abord délaissées, en raison même de leur origine. Préoccupés surtout d'art ornementatif, de coloration & de formes, les érudits qui écrivaient sur la matière laissèrent naturellement de coté le symbolisme révolutionnaire.

Là où la plupart cherchaient des centres de fabrication, j'étudiais le courant patriotique. Vingt ans avant que la fièvre céramique se fût emparée d"un si grand nombre de personnes, je recueillais les pièces qui peignaient la nature

Faïences patriotiques

facétieuse, bachique, amoureuse des paysans & surcoût celles qui concordaient avec les événements politiques. Peu à peu, grâce à de nombreuses trouvailles, il me fut permis de donner une idée de l'état des esprits de certaines provinces par l'ensemble des faïences patriotiques qui y avaient été fabriquées.

N° (38. Fabrique de Xevers.

L'abondance de ces pièces sur quelques territoires prouvait une certaine flamme patriotique. De nombreux ateliers avaient à la fois poussé & répondu à ces sentiments politiques. Nevers , par exemple, répandit sur les bords de la Loire des manifestes révolutionnaires

sous la Révolution. 305

sous émail donc il n'est pas possible de méconnaître la portée.

Toutefois, dans les pays où l'art de terre n'avait pas été entièrement abandonné depuis le xvi« siècle, de nombreuses faïences d'apparence nivernaise furent découvertes, qui donnèrent lieu à différents systèmes, certains archéologues tenant pour une fabrication locale, d'autres la niant.

Ainsi le Beauvaisis rivalisa avec le Nivernais par la quantité considérable de pièces patriotiques qui y furent recueillies. Ce n'étaient pas seulement des douzaines, mais des milliers de faïences du même décor qu'on trouvait dans le département de l'Oise.

On pouvait en conclure qu'un vif souffle national circula dans les campagnes de TOise & de la Nièvre, sous la Révolution.

Aussitôt que la question de l'art céramique fut posée, des prétentions de fabrications originales s'élevèrent, qui se réduisaient à des adaptations, à de certaines modifications. Sinceny^ petit village picard, fabriquant du Rouen, est un exemple de ces migrations de formes & de décors qui remplissent de trouble les nuits des collectionneurs.

Certains pays donnèrent naissance à des produits qui ne sortirent pas de la contrée. Peu de pièces symboliques y furent fabriquées ; cependant, quelques-unes d'entre elles offrent une caractéristique qui devait être indiquée. D'autres contrées, le Lyonnais entre autres, semblaient manquer d'imaginations qui, trouvant un sujet national à leur guise, le répétaient à satiété sur des faïences de formes diverses.

Faïences patriotiques

De même un fait singulier ressort de terres de pipe trouvées dans des centres dont Tardeur patriotique implorait le secours des fabriques anglaises.

Tels furent les points principaux qui, pendant vingt

K° 69. Assiette répandue à grand nombre dans la Nièvre & l'Oise.

années, me firent questionner fabricants & ouvriers, archéologues, archivistes & érudits. D'autres poursuivront ces recherches & les féconderont. Telles qu'elles sont, je les donne comme pouvant aller de niveau avec les connaissances actuelles.

sous la Révolution. 307

Page 1