‹ Histoire des faïnces de RouenChapitre 5 sur 21 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DES TERRES. — PU FOURNEAU ET DE l'ÉMAIL.

Les terres que Ton employait pour la fabrication étaient de deux sortes : Tune forte et grasse, l'autre légère et sablonneuse. La première, qui était légèrement blanchâtre, se trouvait aux Quatre-Mares (1); la seconde, d'un ton rouge foncé, se tirait à Saint- Aubin, & deux lieues de la ville de Rouen.

L'argile s'employait pour les pièces destinées à aller au feu; elle était extraite de la forêt de Londe (1). C'est le mélange de ces terres en différentes proportions qui donnait au biscuit (2) cette teinte qui passe du blanc jaunâtre au rouge brique, suivant que telle ou telle terre dominait plus ou moins dans le mélange.

Il ne faut donc pas croire, comme on est porté & le faire ordinairement, que le biscuit de toutes les pièces de Rouen dût présenter sous l'émail une teinte jaune pâle. Ce serait une erreur; la couleur variant du clair au rouge brique.

Le mélange des terres, qui diiïérait dans ses proportions suivant chaque fabrique, étant terminé, on les jetait dans une fosse où elles étaient réduites à l'état de bouillie fort claire, ce qui permettait d'en extraire toutes les impuretés si nuisibles h l'accomplissement des autres opérations. Cette eau boueuse était ensuite passée à travers un tamis de crins fort serrés qui ne laissait passer que les grains de sable les plus fins et les parties de la terre grasse jointe u l'eau. Ce liquide était recueilli dans une fosse spéciale où on le laissait reposer, se clarifier et déposer au fond toutes les parties terreuses et sablonneuses qu'il renfermait; on faisait alors écouler l'eau et, après évaporalion, on retirait ce limon avec des pelles de bois pour le porter dans une pièce située près du four; là se continuait Tévaporalion. Le degré de consistance atteint, elle était transportée dans les caves où elle cons^nait sa souplesse et l'élasticité nécessaire au travail. Avant son emploi, la terre était soumise à un battage réitéré dont le but était de chasser les bulles d'air qui pouvaient encore y rester.

(1) Près Rouen.

(2) On appelle ainsi la pièce «pii a sul»i la prcmi^ro cuisson.

C'est ainsi préparée qu'elle était apte à recevoir la forme qui lui devait être donnée par la main de l'ouvrier modeleur et rectifiée par l'opération du tour.

Il y avait aussi des pièces qui se faisaient au moule.

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