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Le nombre des observations à elle se monte à i

L’instrument dont la description vient ensuite a été construit sur ses indications en iSaS. C’était en ce temps un des meilleurs spéculums. On doit également à Mme Boivin l’invention de l’embout, petit instrument qui évite les douleurs provoquées par l’introduction du spéculum vide.

En 1828^ le savant hollandais deLeyde, D'" G. Salomon publia une « Observation sur un cas de rétention du placenta suivie de son absorption spontanée». Elle excita la curiosité des accoucheurs français et l’amie de Mme Boivin Mme V® Wyttenbach de Leyde, docteur en philosophie de Marbourg, en entreprit la traduction. Elle parut en 1829.

Mme Boivin qu’intéressait cette question accompagna la traduction d’un commentaire critique. Elle ne partage pas l’avis du D’’ Salomon, et, après avoir passé en revue encore trois autres cas, décrits auparavant par Noegellé, elle conclut ;

« Considérés attentivement, les faits que nous venons de retracer suffisent-ils pour faire admettre l’absence du placenta? Nous ne le pensons pas. Cependant, il faut avouer qu’il est des circonstances qui permettraient de croire à la réalité de ce phénomène; c’est dans le cas de certains vices de conformation du placenta ; et ce cas n’a été ni prévu, ni indiqué par les D™ Noegellé et Salomon ». Elle le définit de plus près (i) :

« Quelquefois, mais rarement, les vaisseaux du cordon ombilical se subdivisent dans une masse de tissus rouge gélatiforme ; d’autres fois encore, les vaissaux ombilicaux, au lieu de terminer leurs divisions en houppes vasculaires, se prolongent dans toute l’étendue du sac fœtal, de sorte que le placenta dépourvu de son parenchyme est presque entièrement membraneux et parfois tellement mince que

quelques-uns, pour qui cette disposition était inconnue, crurent à la possibilité de l’absence du placenta (par exemple Gonby cité par Salomon), Sur quoi, elle communique trois observations recueillies par elle, l’une au mois de juin 1820 en présence du baron Dubois, les deux autres en présence du professeur Duméril. Nous pourrions rapporter ajoute-t-elle, encore quelques exemples d’expulsion spontanée du placenta à l’insu de l’accoucheur et des personnes qui donnaient le soin à la parturiente.

Je sais bien que les surfaces séreuses ont la propriété d’absorber les corps étrang-ers d’un certain volume et d’une certaine densité (les parties musculaires du foetus sont absorbées dans l’utérusmembraneuxdesmammifèrescomme la vache) : mais, les éléments de l’utérus humain ont-ils été les' mêmes propriétés ?

« Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il y a beaucoup de danger à adopter avec trop de précipitation ces idées d’absorption du placenta, ce serait favoriser l’incurie ot l’ignorance qui ne manq ueraient pas de s’autoriser de ces exemples pour abandonner la délivrance à la nature, lorsqu’il faudrait l’aider par tous les moyens dont l’art peut disposer avec fruit dans ces cas importants.

Avec un peu de reflexion sur ces faits, le merveilleux disparaît et ces cas n’ont plus rien qui doive étonner ni ceux qui en ont donné l’histoire ni ceux qui l’auront lue (i). »

Huit ans avant sa mort Mme Boivin publia avec son parent Dugès, professeur à la faculté de médecine de Montpellier, un ouvrage en deux volumes « Traité pratique des maladies de l’utérus et de ses annexes », 2 volumes in 8, i833 avec atlas in 4, contenant quarante et une planches gravées et coloriées représentant cent seize figures avec explication,

Le nom d’auteur est suivi des titres que voici : Mme Boivin, docteur en médecine, décorée' de la médaille d’or du mérite civil de Prusse.

La qualification que les auteurs donnent à ce travail n’est pas une expression vaine et destinée seulement à le présenter sous des auspices plus favorables ; il la mérite parce qu’il est « entièrement déduit de l’observation ». On n’y trouve point de longues discussions théoriques ni ces assertions « sans autre fondement que des probabilités ». Bref® et réservés pour tout ce qui est rare, incertain et conj ectural, les auteurs donnent aux maladies les plus fréquentes, à celles dont le diagnostic est le plus important et le plus difficile, à celles dont le traitement et ses divers modes peuvent être discutés d’après les résultats de l’expérience, toute l’extension nécessaire pour les rendre plus profitables au lecteur. Pour la même raison, l’anatomie et la physiologie contenues dans cet ouvrage sont restreintes aux considérations directement applicables à la pathologie et à la thérapeutique.

Aussi bien, Mme Boivin qu’A. Dugès se basent sur des fait personnels.

En sa qualité de sage-femme surveillante en chef de la Maison royale de santé, depuis bien des années, Mme Bbivin n’avait cessé de recueillir tous les faits de ce genre qui se sont succédé sous ses yeux ; tout son temps, toute son attention y ont été consacrés. Durant la vie des malades tous les moyens possibles d’exploration ont été appliqués, toutes les méthodes raisonnables de traitement essayées et leurs effets constatés et comparés avec exactitude et impartialité. Après la mort, le cadavre a toujours été examiné avec soin quand l’autopsie a pu être faite, la figure, la position, la coloration des parties ont été aussitôt reproduites par une peinture fidèle exécutée par Mme Boivin elle-même

pour plus de certitude. Aussi, est-ce à elle qu’appartient entièrement la production des figures de l’atlas et la presque totalité des observations particulières. Pour cette-raison l’on s’est contenté d’indiquer dans cette portion de l’ouvrage par une marque spéciale (D) les contributions du D’’ Dugès. Dans le texte théorétique les remarques spéciales à un des collaborateurs sont marquées B ou D.

D’où vient cette association ?

Mme Boivin ayant recueilli, de véritables richesses au point de vue gynécologiques et cependant craignant trop de se hasarder dans un domaine aussi vaste, le D*’ Dugès l’avait exhorté à prendre du courage, il lui promit son appui s’il lui était quelquefois nécessaire et ainsi, c’est grâce à sa serviabilité, que l’excellent traité put voir le jour.

Le traité pratique des maladies de l’utérus débute par une introduction contenant les notions anatomiques et physiologiques nécessaires à l’intelligence du reste. On y a joint les préceptes généraux relatifs aux divers moyens d’exploration propres à éclairer le diagnostic des maladies de l’utérus et de ses annexes. Vient ensuite le corps de l’ouvrage, divisé en deux parties, l’une pour les affections de l’utérus l’autre pour celles de ses annexes. Dans cette dernière (i) les subdivisions sont tracées d’après l’ordre anatomique (ovaires, trompe, vagin, vulve). Il n’en est pas de même dans la première partie : « séparer les maladies du corps et du col de la matrice c’eût été tomber dans des incertitudes et des redites perpétuelles » ; donc l’essence même des affections morbides a servi de base aux distributions secondaires. De là le partage du sujet en plusieurs sections dont chacune renferme, du moins pour la plupart, plusieurs chapitres particuliers.

i. T. Il, p. 506-670.

C’est ainsi que la deuxième section, consacrée aux modifications dans la position de l’utérus, contient six chapitres distincts :

I Généralités, 2 Prolapsus, 3 Antéversion, 4 Retrover- ^ sion, 5 Hernies, 6 Fixité anormale de l’utérus. La troisième section est consacrée aux altérations de forme et de volume de l’utérus, la quatrième à la « distension de l’utérus par des corps étrangers » (môles, calculs), la cinquième aux « excroissances et dégénérescences (cancers, stéatomes, tumeurs fibreuses pediculées et non pédiculées, cancer « tubereux », « ulcéreux », « fongueux » et « hématodes », la sixième (II volume) aux phlegmasies aiguës et chroniques de l’utérus, la septième aux troubles de la menstruation, et la huitième aux névroses utérines (hystérie, hystéralgie, nymphomanie).

Comme dans tous les travaux de Mme Boivin postérieurs à 1819, les observations constituent la partie de beaucoup la plus considérable du volume. Aussi le «Traité pratique» en est-il très riche, Mme Boivin avait fait choix pour cet ouvrage de 7178 cas observés par elle entre 1819 et i83i !

Mme Boivin était la femme véritablement médecin des temps modernes. En Allemagne, elle avait des partisans exclusifs parmi les grands accoucheurs de cette contrée. Ainsi Busch, par exemple, suivait littéralement les préceptes de madame Boivin. Au dire d’un de ses contemporains, Isidore Bourdon, membre de l’académie de médecine de Paris, si elle « excellait, hots de toute rivalité, pour la théorie, Mme La Chapelle l’emportait sur elle, comme praticienne, par son habileté manuelle et sa présence d’esprit. Mais, si celle-ci était un meilleur opérateur, une accoucheuse plus adroite et plus habile, Mme Boivin, en revanche, était un meilleur médecin ; et, plus prévoyante quant aux suites, plus pénétrante quant aux conjectures, plus investi-

o-atrice dans la recherche des causes, elle était douée de plus de profondeur et de plus de sagacité : son esprit avait évidemment une plus haute portée » (i).

Elle était membre de la société médicale d^émulation, de la société de médecine pratique et de FAthénée des sciences et des arts, correspondante de la société de médecine de Bordeaux, de l’Académie de médecine et des sciences naturelles de Bruxelles et de Bruges, docteur de l’université de Marbourg. Elle avait également conçu l’espoir d’être un jour associée, par dérogation expresse aux règlements et aux coutumes, à l’Académie royale de médecine. Déjà même cette candidature paraissait en voie de succès ; quand les intrigues, moins encore que la prudence, la firent échouer (2). Mme Boivin vengea sa vanité blessée en disant sans trop de malices : « Les sages-femmes de l’Académie n’ont pas voulu de moi !»

A côté de ces deux esprits le rôle de trois doctoresses en obstétrique allemandes paraîtra plutôt effacé. Nous leur consacrerons cependant quelques lignes.

La première est Régine Josèphe von Siebold, née Henning, originaire de Darmstadt mariée en secondes noces avec le D'' Damien von Siebold. Elle se voua en partie par vocation intérieure, en partie par désir d’aider son mari et d’augmenter les revenus de sa famille, à l’art des accouchements. Elle alla au printemps 1807 à Wurzbourg, y fréquenta les cours de physiologie et d’obstétrique, des maladies des femmes et d’enfants, jouit après son retour en automne de 1 enseignement de son mari et se présenta ensuite à l’exanien pratique de sage-femme. Le collège médical de Darmstadt la reconnut comme « parfaitement habile et instruite » 6t depuis ce temps Mme Siebold exerçait son art avec le

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