Harless, p
2. Harless : 0. c., p. 280-281. J. Dubuc se trompe donc en assurant qu’au commencement de ce siècle les filles de l’illustre C. von Siebold Régine et Charlotte, ont acquéri le grade de docteur en médecine et ont été admises à l’exercice régulier. Régine était en outre, comme nous l’avons vu, la femme de Siebold (J. Duboc : Fünfzig Jahre Frauenfrage, Leipzig, 1896, p. I l 8).
à Darmstadt, fut promue de même que les précédentes docteur en obstétrique (Dr. der Geburtshülfe).
Nous terminerons ce chapitre par un aperçu biographique de la Polonaise Marie de Colomb, grâce à laquelle l’hydrothérapie, cette méthode si longtemps méconnue par les savants et employép empiriquement par Priessnitz, entra dans la science,
Marie de Colomb naquit le i6 juillet 1808, à Varsovie. Elle provenait d’une famille huguenote qui fut exilée de France, par suite de la révocation de l’Edit de Nantes, et qui trouva l’hospitalité en Pologne. Dès l’âge le plus tendre, elle éprouva de grandes douleurs physiques. D’abord elle fit une chute qui courba son épine dorsale, circonstance qui l’obligea à passer dix années dans divers établissements orthopédiques. Peu après ce premier malheur, il lui arriva celui d’être échaudée sur tout le corps par de l’eau bouillante.
Ces accidents délabrèrent complètement une santé déjà bien débile. En vain, son père consulta les médecins les plus renommés de Posnanie (Posen) et de Berlin, en vain se soumit-elle au traitement des médecins de Breslau, où son père, après la révolution de Pologne, s’était retiré pour y mourir presque immédiatement du choléra. Son état empirait de jour en jour, et enfin, on lui déclara que son mal était incurable, qu’elle était attaquée d’un cancer et devait patiemment se résigner à la mort. Au lieu de se soumettre à cette décision, Marie, suivant les conseils de sa sœur Amélie., se rendit à Grafenberg, chez le célèbre Priessnitz pour essayer de l’hydrothérapie.
Priessnitz ne lui donna nulle espérance; il lui conseilla seulement d’essayer son traitement ; mais, au bout d une année de traitement, la maladie avait beaucoup empiré.
Néanmoins, après deux années, elle en était revenue à son point de départ et à la fin de la troisième année, elle se sentait considérablement mieux, et pour ainsi dire guérie. Dès le premier moment de sa convalescence, elle prit la résolution de seconder l’œuvre de Priessnitz. Le nombre des visiteurs venant à Grafenberg comme au Lazaret du monde, devenant de plus en plus considérable, Priessnitz employa Marie et sa sœur en qualité d’interprète auprès des malades français et polonais, c’est de cette manière qu’elle put satisfaire à son désir d’activité.
Après qu’elle eut ainsi passé six années entières à Grafenberg, d’abord comme interprète, ensuite comme aide de Priessnitz et qu’elle eut elle-même traité des malades à ses risques et périls^ le fondateur de l’hydropathie l’envoya à Berlin, où le choléra faisait alors de terribles ravages, pour y prouver que sa méthode était efficace contre cette affreuse maladie.
C’était en i848. Marie de Colomb prouva qu’aucun des malades traités par elle et par Priessnitz n’était mort, et pourtant les médecins de Berlin lui refusèrent l’entrée de l’hôpital des cholériques, malgré l’autorisation expresse dé M. de Ladenberg, ministre des affaires médicales.
Elle fut presque découragée par cette opposition impitoyable des médecins, mais elle parvint à obtenir une seconde audience du ministre et lui demanda la permission de fonder un institut hydropathique pour confirmer la vertu de l’eau froide employée comme moyen curatif. Le ministre promit son appui à condition qu’elle prouvât son aptitude devant une commission scientifique.
Marie partit aussitôt pour Breslau, où elle devait passer l’examen. Bien que la commission fût complètement opposée au principe même de l’hydropathie, cependant elle ne put s’empêcher de reconnaître que Marie de Colomb possé-
dait toutes les connaissances nécessaires pour le traitement des malades. En vertu du certificat elle obtint l’autorisation qu’elle demandait, et, en i85o, elle fonda à Gôrbersdorf, près de Muldenburg, en Silésie, dans les montagnes des Sudètes, un institut hydropathique. Gomme programme de son établissement, elle fit paraître un livre intitulé : « Sur Priessnitz et l’hydropathie à Grafenberg » (Vincenz Priessnitz und dessen Wasserheilmethode in Grafenberg. Breslau i85o).
Les clients d’un institut où l’eau servait de moyen de guérison furent principalement les malades qui avaient été abandonnés par tous les médecins et même ceux qui, la première année venant à Gorbersdorf, avaient été refusés par Priessnitz comme incurables. Dans ces conditions-là, la tâche était bien difficile, mais les résultats n’en furent que plus magnifiques; des personnes malades depuis lo ou i5 ans, furent rétablies complètement dans l’espace de 4 ou 5 mois, après avoir été abandonnées par tous les médecins et par Priessnitz lui-même.
Les cures étaient certainement merveilleuses, et Marie de Colomb guérissait non seulement les malades que Priessnitz n’osait pas traiter lui-même, mais encore elle n’employait que deux ou trois mois, alors que son maître avait employé un même nombre d’années ; cependant les visiteurs étaient peu nombreux. Une des raisons de ce peu d’empressement était sans aucun doute l’isolement de Gorbersdorf, mais il faut dire aussi que l’entreprise de Marie rencontra une vive opposition. « Les médecins se doutaient avec raison du danger dont les menaçait l’hydropathie pratiquée d’une manière scientifique. D’un autre côté les hommes de tous les partis voyaient d’un mauvais œil la réussite d’une dame dans une œuvre aussi indépen-
dante (i) ». Que ce soit cette cause ou bien une autre qui ait prévalu, le résultat n’en resta pas moins le même ; Gôrbersdorf ne fut pas apprécié comme il le méritait.
Mlle de Colomb employa les loisirs qui lui furent laissés à répandre la connaissance scientifique de la doctrine de rhydropathie. C’est de cette époque que date son second ouvrage, la Justification de l’hydropathie au point de vue scientifique (Die Berechtigung der Wasserheilmethode vom wissenschaftl. Standpunkte aus, Berlin i852), brochure dans laquelle elle a, dans un tout harmonique, réuni ses nombreuses expériences aux recherches des grands médecins de France, d’Angleterre et d’Allemagne, et où elle a prouvé que rhydropathie avait un plein droit au litre de méthode curative. Cet écrit a été bien diversement accueilli. Des esprits médiocres Font voulu rabaisser à tout prix, et lui contester toute espèce de mérite (peut-être parce qu’ils en soupçonnaient la valeur), tandis que de grands savants exprimaient leur approbation, sinon leur admiration. C’est le cas de nommer ici les deux illustres savants. Nies V. Esembrock et Jean Müller. Mülier,le plus grand physiologue de son siècle, dans une lettre adressée à Marie de Colbmh, reconnaît que l’hydropathie a justifié ses prétentions et que l’auteur a réussi à la légitimer scientifiquement. Depuis la décision prononcée par ces deux grands penseurs la période empirique de l’hydrothérapie s’est terminée avec Priessnitz, et sa période scientifique a été ouverte par Marie de Colomb.
Malgré une opposition qui peut mériter le nom de machinations, Mlle de Colomb trouva un appui dans le public éclairé, si bien que beaucoup de médecins furent obligés de
I. Jeanne Dero'm ; Marie de Colomb in Almanach des femmes. Londres i852.
céder aux sollicitations de leurs malades et de les traiter par l’hydrothérapie a leur manière bien entendu.
La brochure de Mlle de Colomb (publiée en allemand) fut si appréciée, que six mois après son apparition, elle était traduite en polonais (i).
Huit ans plus tard elle publia encore une dissertation sur l’hydrothérapie et c’est le dernier travail que nous connaissons de Marie Colomb. 11 est écrit aussi en allemand et porte le titre suivant : Soixante-trois formules hydrothérapiques contre toutes les maladies des nerfs et des sucs vitaux. (Wasserheilmittel in 63 Wasserheilformeln gegen aile Nerven-und Sàfte krankheiten 8®, 64 p. Berlin i86o).
Aujourd’hui oubliée, cette dame a cependant des mérites réels dans la thérapeutique.
A cette série de femmes nous ajouterons la Hongroise Marie Comtesse von Zay, née Comtesse von Calisch, dont le rôle fut sûrement très mince, mais à laquelle Harless a cru cependant devoir consacrer, quelques mots (2). Née en 1779, elle s’enthousiasmait dès sa prime jeunesse pour l’histoire et pour la médecine. La médecine l’intéressait non seulement au point de vue thérapeutique, mais aussi au point de vue pratique, et la compassion pour les souffrances humaines la soutenait dans ses efforts. Sa mère préparait volontiers des médicaments aux malades nécessiteux et Marie l’y aidait. Aussi, venait-on de très loin consulter les deux femmes fixées au centre de la Hongrie. Cette prédilection pour l’art de guérir ne quitta pas Marie après son mariage, au contraire, au fur et à mesure qu’elle devenait plus âgée, elle enrichissait son savoir et put, grâce à lui, guérir ou soulager des centaines de malades. Vexs 1820 elle se mit à étudier les problèmes