CHAPITRE XX
Les femmes sur les eliamps de batailles
(frange, ALLEMAGNE, POLOGNE, ANGLETERRE. MISS NIGHTINGALE).
Les femmes dont nous venons de parler, représentent un groupe dont le caractère commun est de travailler à Fabri des ouragans guerriers qui exercèrent tant de ravages en Europe de 1789 à i848. Mais, il en est d’autres qui furent justement attirées par le échos de ces terribles tempêtes. Les gémissements et les plaintes des blessés et des mourants les appelèrent sur les innombrables champs de batailles et leur rôle humble fut désintéressé et héroïque [ Voulant nous limiter aux femmes médeciennes et aux femmes qui ont contribué au progrès des sciences médicales nous nous sommes abstenu, quoiqu’à regret, de parler des femmes qui ont rendu des services avant 1789. Si aujourd’hui, nous rappelons les soins donnés aux malades par les femmes de la Révolution et du XIX® siècle, c)est que ces soins ont pu servir plus tard d’argument très éloquent à celles qui voulaient obtenir l’admission à la profession médicale.
En outre, l’une d’elles, Mlle Nightingale a même contribué beaucoup à l’amélioration des soins à donner aux blessés ou aux malades; et, son nom est depuis longtemps inscrit parmi ceux des réformateurs médicaux.
Dans les dernières années du xviii® et, les premières du XIX® siècle beaucoup de religieuses se consacrèrent au trai-
tement des blessés. Il faut reconnaître qu’elles étaient à la hauteur de leur tâche. Une de celles qui s’y sont distinguées le plus fut la sœur Biget de l’ordre des Visitandines. Chassée de son couvent par la Révolution, elle s’établit à Besançon, où ses œuvres de charité la firent bientôt connaître. Elle soignait alors les prisonniers de guerre que l’on envoyait dans cette ville.
En i8i4, à l’âge de 66 ans elle suivit les armées de Napoléon, parcourant les champs de bataille, secourant au milieu de la mitraille, tous les blessés, sans distinction d’amis et d’ennemis.
Son nom devint populaire. Elle fut nommée chevalier de la Légion d’honneur. Les rois de Prusse et d’Espagne, les empereurs de Russie et d’Autriche lui envoyèrent des médailles et des décorations. Des sommes considérables lui furent données, mais elle ne s’en servit que pour soulager les malheureux et mourut pauvre à 76 ans (i).
Nous citerons une autre religieuse pleine de dévouement et de savoir médical, sœur Jeanne-Claire Massin, dont la vie fut « une épopée à la fois religieuse et militaire qui dura un demi-siècle » (2). Ce fut en i8i4, que le dévouement de sœur Jeanne-Claire se manifesta avec le plus d’instensité et fut mis en lumière, malgré la modestie de l’excellente femme. Pendant sept mois consécutifs, elle disputa aux lois impérieuses du sommeil et du repos le temps nécessaire pour soigner de nombreux blessés confiés à sa sollicitude dans l’Hôtel-Dieu de Compiègne.
Mme Jeanne-Claire Massin. née à Langres, avait 43 ans lorsque Napoléon I®*‘ lui offrit la croix. Elle la refusa en insistant avec fermeté pour que cette même croix fut reportée sur la poitrine d’un vieux soldat qui la veille avait