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p. 118 1. 19 sh. 0 p,
. 93 1. Il sh. 0 p.
Cotisations
Surplus
d’étudiantes
Dépenses
déposé à la banque
19 sh. 6 p.
i.7io 1. 19 sh. 6 p.
496 1. 81 sh. 8 p.
Ces quelques chiffres nous révèlent un détail très important ; c’est que très vite, l’école a pu subsister par elle^ même. Les cotisations d’étudiantes qui ne donnent en i883-4 que 47,7 o/o des recettes, en représentent déjà en 1886-7, ^50 1887-8 95 0/0. L’école ayant démontré
sa vitalité, la société anglaisé cesse immédiatement de se cotiser pour elle ; chose très naturelle ; on aide le faible tant qu’il en a besoin, niais dès qu’il a conquis sa place au soleil il n’a plus besoin de secours.
D’autre part on voit avec quelle circonspection sont menées les aflFaires de l’Ecole. Jamais les dépenses ne dépassent les recettes, même en 1886-7 lorsqu’on éleva des nou-!veaux bâtiments et qu’on a fait beaucoup de réparations, on n’a pas dépensé toutes les recettes de l’année et on a pu mettre de côté une soixantaine de livres sterlings. Grâce à cette précaution, des surplus annuels donnent des revenus qui deviennent à la longue fort appréciables.
En tout la principale institution médicale des femmes anglaises se montra à la hauteur de la tâche. Mais, depuis longtemps, elle n’est plus la seule qui assure aux femmes l’instruction médicale. En 1886, l’énergique Mlle Jex-Blake fonda à Edimbourg « l’école edimbourgeoise de médecine pour les femmes » (Edimbourgh School of Medicine for
women) ; les élèves de cette école avaient à leur disposition un grand hôpital à Leith. En, 1887, elles étaient au nombre de 28. Trois ans après, en 1889, fut ouverte à Edimbourg une autre école de médecine pour les femmes ; l’hôpital où peuvent étudier les élèves est la Royal Infirmary d’Edimboürgh.
Le nombre des femmes médecins anglaises va toujours en croissant. En 1888 elles étaient trente-six (dont seize élèves de .Técole de médecine de Londres) en i884 44 (vingt-cinq élèves de l’école de Londres), en 1886 5o, en 1888 60, en 1889 74. Elles étaient établies non seulement dans la Grande-Bretagne, mais aussi aux colonies.
Beaucoup d’entre elles dirigeaient des institutions médicales pour femmes et enfants. Déjà en 1888 il y avait dans la Grande-Bretagne sept hôpitaux ou dispensairês dirigés par dès femmes. C’étaient ; à Londres, le Nouvel hôpital pour les femmes (médecins : Mmes Anderson, Atkins, Marshall, de la Cherois), à Bristol, le dispensaire pour femmes et enfants dirigé par la doctoresse E. Dunbart, à Edimbourgh, Leeds, Manchester et Notting Hill quatre autres dispensaires. En 1889,1e dispensaire de Leeds n’existait plus, mais quatre autres institutions médicales avaient été déjà ouvertes par les femmes médecins de Londres. C’étaient: la Maternité de la mission Clapham, l’école d’obstétrique et la maternité de Clapham, le dispensaire de la rue Fentiman et le dispensaire pour les travailleurs de la Jewin Street.
Ces progrès dans tant de directions nous font supposer que l’opinion publique devenait de plus en plus favorable aux femmes médecins ; sans quoi leurs succès eussent été bien moindres. Si après cela, on jette un coup d’œil sur la liste des places qu’occupent les doctoresses anglaises dans la Grande-Bretagne et dans les colo-
nies, on se convainc que cette supposition n’est pas erronée. En i883, Mlle A. Clark fut nommée médecin de Fhôpital pour les femmes à Birmingham, Mlles E. Shove et Gradock obtinrent les places de médecins du personnel féminin de postes, l’une à Londres, l’autre à Liverpool, Mlle E. Pechey fut envoyée aux Indes comme médecin, à l’hôpital de Gama à Bombay. En i885j cinq autres femmes obtiennent des places dans les hôpitaux pour les femmes et pour les enfants, en 1886, 4, en 1887, 5, en 1888, 6, en 1889, 9 (i). Dans ce nombre ne sont, pas comprises les femmes médecins qui ont obtenu leurs places dans les hôpitaux ou écoles organisés par lés femmes.
Seules, les sociétés médicales conservèrent pendant longtemps un esprit hostile. En 1877, la société médicale anglaise vota l’inéligibilité des femmes et, en 1881, le congrès international de Londres n’a pas voulu leur ouvrir ses portes. Ce singulier procédé a été commenté jusqu’au delà de l’Atlantique.
Pour obvier à de pareils désagréments, les femmes médecins anglaises fondèrent, en 1888, 1’ « Association des femmes médecins enregistrées ». Les premiers membres en étaient : Elisabeth Blackwel, Garrett Anderson, Jex
Blake, Atkins, Barker, Clark, Marshall, Chaplin, Ayrton, Mc Donongh et Dunbar.
Avec le temps ce nombre s’accrut tellement qu’en 1890 la société comptait plus de 70 membres. Par conséquent, vers 1890, l’état des femmes médecins anglaises était, à tous les égards, florissant.
Nulle part, en Europe, on ne fit plus obstinément obstacle à la femme, qui voulait étudier la médecine ; mais nulle part, la victoire de la femme médecin n’a été aussi éclatante.
I. London school of medicine. Report for 1888-1889, London, 1890, PP- 29-31.