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La Fronde, du 3o avril

Encore une fois le Parlement... passa à For dre du jour sur cette question. Appuyée parles libéraux et les socialistes, la pétition trouva un adversaire dans le professeur Hertling, représentant du centre. Ses déclarations tendant à prouver que les professions universitaires appartiennent d’ores et déjà aux hommes, trouvèrent encore des approbateurs dans la majorité du Reichstag.

La situation inférieure des femmes en Saxe, dans l’université, a été traitée en 1900 aussi dans un discours du ministre des cultes, von Saydowitz, prononcé à l’assemblée des états du royaume.

M. de Saydowitz a déclaré qu’en Saxe, les femmes seraient admises comme auditrices dans les universités du pays, mais qu’elles ne pourraient s’y faire immatriculer.

Car, a-t-il ajouté, au milieu de l’approbation de ses auditeurs, les universités allemandes actuelles sont, en première ligne destinées à instruire la jeunesse masculine.

C’est pourquoi les privat-docenten doivent garderie droit d’exclure les femmes auditrices, dans les cas où ils estiment qu’elles sont susceptibles de gêner leurs cours.

Cependant, M. de Saydowitz a affirmé, en concluant, qu’il serait heureux de voir s’élever en face des universités existantes des universités exclusivement féministes.

C’est, en effet, la tendance : lorsque les femmes demandent l’accès de l’enseignement supérieur, au lieu de leur offrir de bénéficier de celui qui existe, on leur parle de créer un enseignement supérieur à leur usage. A notre avis il n’est pas nécessaire et il a seulement ceci de commode pour le gouvernement qu’on peut dire à son propos : Il coûterait beaucoup, il faut donc l’attendre et patienter.

L’université qui favorise le mieux les études médicales est celle d’Heidelberg. N’oublions pas qu’Heidelberg se trouve dans le duché de Bade, prés de Karlsruhe, où fut

ouvert un lycée de jeunes filles. Le gouvernement badois est donc le plus favorable pour les femmes qui veulent s'instruire.

Au mois d’avril 1900, cette université a autorisé pour la première fois une femme, Mlle Lexauer, a être « immatriculée «(Faculté de philosophie). Pour la première fois, les étudiants ont vu au milieu d’eux, dans la grande salle, VAula^ une robe claire, et pour la première fois, dans le courant de la grande cérémonie de l’immatriculation, le recteur a eu l’occasion d’échanger avec une jeune fille la poignée de main, signe de bienvenue aux nouveaux citoyens académiques (i).

L’admission officielle, régulière, sans exception, l’admission de droit des femmes aux cours des universités est désormais un fait, du moins dans le grand duché de Bade, où les conseils académiques de Heidelberg et de Fribourg se sont prononcés en faveur de l’enseignement supérieur des femmes.

Gelles^ci évidemment doivent justifier du titre de bachelières, ce qui, maintenant, grâce à la création d’un certain nombre de gymnases pour jeunes filles, n’est plus une impossibilité.

De cette façon, l’enseignement supérieur des femmes, dans le grand duché de Bade du moins, entre dans la voie du développement régulier et normal. Plus de pétitions et de suppliques au ministre, plus de démarches auprès du Sénat académique, plus de permissions individuelles à demander aux professeurs, plus d’auditrices tolérées à l’Universilé, les femmes désormais deviennent de plein droit des « cives academici » au même titre que les étu-< diants. - ;

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