‹ Histoire des femmes médecinsChapitre 164 sur 181 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Russie

Pétitions visant la réouverture des cours. — Elles aboutissent en 1895 à un résultat favorable. — Création en 1897 de 1’ « Institut médical pour les femmes » à Saint-Pétersbourg. — Les femmes médecins russes en 1890-1900.

. En Russie la fermeture des cours de médecine pour les femmes provoqua une série de pétitions et de propositions qui restèrent pendant longtemps sans effet. En 1890, le conseil municipal de Saint-Pétersbourg, décida d’encourager par les moyens suivants les cours de médecine pour les femmes ; i® les dits cours recevraient de l’administration municipale une subvention annuelle de i5.ooo roubles ; 2° la même administration mettrait à la disposition des cours une maison près de l’hôpital Aboukhow ; 3“ les femmes qui suivraient les cours de médecine seraient

1. Parmi les symptômes de cette animosité nous citerons le manifeste des étudiants de Halle sur Saal qui invite tous les étudiants allemands à s’opposer à l’admission des femmes aux études médicales (mars 1899) et le refus de la Société médicale berlinoise d’admettre au sein de la société, des femmes médecins allemandes dont le diplôme n'est pas nostrifié (décembre 1899).

admises à se livrer sous la direction de médecins compétents à des études pratiques dans tous les hôpitaux de la ville à condition qu’elles prêtent leur concours aux médecins des hôpitaux dans le traitement des malades (i).

En 1891, des fonctionnaires supérieurs du ministère de ~ l’instruction publique et plusieurs professeurs présentèrent audit ministère un projet de rétablissement des cours de médecine pour les femmes, aux conditions suivantes ; Les cours seraient tranformés en un institut de médecine pour les femmes et passeraient du ressort du ministère de la guerre dans celui de la municipalité de Saint-Pétersbourg qui pourrait mettre au service du uouvel enseignement les hôpitaux de la ville, à l’un desquels l’institut serait attaché. Les frais d’entretien seraient couverts par les dons en argent faits depuis plusieurs années en faveur des cours de médecine pour lés femmes, par les allocations annuelles du conseil municipal de Saint-Pétersbourg et par tout le matériel des anciens cours de médecine actuellement en dépôt à l’académie militaire de médecine. Les jeunes femmes admises à l’institut devraient être munies du certificat de maturité délivré parles gymnases classiques. L’enseignement serait de quatre ans, dont deux de pratique dans les hôpitaux (2).

En 1895 une généreuse donatrice écrivit au ministre de l’instruction publique pour l’informer que dans le cas où le projet de l’institut serait sanctionné en 1896, elle s’engageait à verser pendant dix ans la somme annuelle de 12.000 roubles, pour les frais d’entretien de l’établissement. Les sommes réunies jusqu’à cette époque dans le même but s’élèvent à 700.000 roubles (3).

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