I. Progrès médical, 1898, II, p. 45i
docteur en 1892. Puis, elle se rendit aux Indes et exerçait à Calcutta, lorsque l’émir lui proposa la place (i).
Les missions médicales féminines sont répandues aussi en Birmanie, en Corée et en Chine. En Corée, la doctoresse Ellers, en 1887, traitait la reine. Tout récemment, le 17 mai 1900, pour la première fois, une femme d’orig-ine coréenne. Ester Kim Pak, a obtenu en Amérique, à Baltimore, le diplôme de docteur en médecine.
La nouvelle doctoresse asiatique a suivi pendant quatre années les cours du collège médical de femmes. Elle était venue de Corée quelques années auparavant avec son mari. Tous deux avaient l’intention de faire ensemble leurs études médicales et de retourner ensuite en Corée afin de travailler à l’émancipation de leurs concitoyens.
M. Pak mourut avant d’avoir pu terminer les études qu’il avait entreprises. Actuellement la doctoresse Ester Kim Pak a l’intention de poursuivre seule l’œuvre qui devait être accomplie en commun.
En témoignage de sympathie pour leur compatriote, quelques-uns des membres de la légation coréenne à Washington étaient venus assister à la cérémonie du i4 niai et apporter à la nouvelle doctoresse les félicitations du ministre de Corée aux Etats-Unis.
En Chine, les missions médicalès sont aussi assez nombreuses. Le « English Women’s Yearbook » de 1900 en énumère une vingtaine pourvue de doctoresses anglaises, dont cinq en Mandchourie. Ce nombre sera au moins doublé si on y ajoute les missions où fonctionnent les femmes médecins américaines. Une des plus considérables parmi ces dernières est la mission de Shanghaï. Là le personnel médical du Margaret Williamson Hospital est entièrement
ï. New-York medical record, 1895, t. 47, p. 364 (28 mars).
féminin. Il se compose des doctoresses Elizabeth Reifsnyder, Emma Garner, Edith Mac Gowan, Sarah Kerr, de Miss Martha Berninger et de 6 infirmières chinoises.
Fondé en i884 et ouvert en i885, l’hôpital est la propriété de la Société des missions féminines qui a son quartier général à New-York; les enfants et les femmes seulement y sont soignés. ^
L’année dernière, l’hôpital a reçu à titre d’hospitalisés 3^3 malades; 33.395 malades ont été soignés au dispensaire ; 2i4ont été soignés chez eux par le personnel médical et 47*759 ordonnances ont été faites.
Gomment se passe la vie de ces femmes médecins? Un extrait du journal d’une femme médecin à Canton nous le montrera. Il a été publié par le Women Missionary journal.
Mardi : amputation du sein, ablation d’une tumeur de l’angle de la mâchoire.
Mercredi : opérées 2 cataractes, vues i3o malades au dispensaire, une visite dehors.
Jeudi : autre amputation du sein, bec de lièvre et quelques petites opérations dans l’après-midi, ponction d’un énorme kyste de l’ovaire.
Vendredi : malades au dispensaire jusqu’à une heure. Après le dîner, appelée chez une malade dans la banlieue. Retour à 3 heures 20, à 4 heures visite à l’hôpital, une visite dans la ville. A peine rentrée, je fus appelée chez une malade habitant la banlieue de Canton. Retour vers minuit.
Samedi : io4 malades au dispensaire. Retour chez moi après 2 heures de l'après-midi.
Bien que ne faisant que du bien ces doctoresses courent aussi tous les dangers auxquels les Européens sont exposés dans ces pays. Voici une nouvelle qu’on trouve dans le Progrès médical de 1894 :
Miss Begler et Miss Halverstone, missionnaires médecins
attachées à la société américaine connue sous le nom de Band of Brethren, se promenaient à Honam (séparé de Canton par la rivière), quand elles ont été insultées et maltraitées par la populace de Canton. L’une d’elles, Miss Begler, a reçu un coup de poignard dans la cuisse (i).
Mais ni ces dangers, ni le climat malsain, ni l’éloignement de la patrie, ni toutes les fatigues ne peuvent empêcher les femmes médecins de se consacrer aux femmes hindoues, chinoises ou musulmanes. Pleines de courage et de dévouement, elles portent aux malades des pays lointains, la santé et la guérison, mues exclusivement par des principes humanitaires et civilisateurs.